Les avis de François G.

Rhinocéros - La nouvelle

  • 14 avis
Essaïon, Paris | du 23 septembre 2019 au 30 mars 2020 | Durée : 55 minutes

CONTEMPORAIN


Contre la rhinocérite
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Par

François G. le 17 décembre 2018 à 18:27

Contre la rhinocérite Des hommes qui se transforment en rhinocéros ! Ces incarnations bestiales et guerrières effarent le passant, comme autant de chars d'assaut lancés dans la ville. Puis, on s'y habitue… Sauf Béranger, cramponné à son humanité comme à une bouée dérisoire. C'est du Ionesco servi par un comédien surdoué et une mise en scène inspirée. Galopez-y !

Mademoiselle C.

  • 3 avis
Essaïon, Paris | du 04 avril au 15 juin 2019 | Durée : 1 heure

CONTEMPORAIN, Biopic


Inoubliable
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Par

François G. le 19 août 2018 à 09:28

Inoubliable Si le spectacle de Maude Sambuis n'avait qu'une vertu, ce serait celle de nous faire aimer Camille Claudel, tel qu'elle fut, avec ses fêlures laissant passer la lumière, dirait Audiard. On sort du théâtre Essaïon avec une impatiente envie de voir ou de revoir ses oeuvres ; idéalement de les toucher, avec la sensation de suivre le tracé, tiède encore, des doigts de Camille, charme animiste de la sculpture. La vie de Camille Claudel résiste à toutes les simplifications, même à la dénonciation féministe. Née au milieu du XIXème, elle n'est pourtant ni paysanne, ni ouvrière. Aisée, cultivée, belle, toutes les fées se sont penchées sur son berceau lui offrant le plus beau des cadeaux : une vocation, associée au talent pour la faire éclore. En chemin, elle devient la maitresse du plus grand sculpteur de son temps et son unique élève. Et puis… Pas à pas, presque méthodiquement élaboré par ses soins, s'accomplit… le gâchis complet. La faute aux autres évidemment, à tous les autres, sauf à son père. La faute à un amour qu'elle rêvait absolu et exclusif, mais qui s'est doucement frelaté dans l'ombre tutélaire du maitre. La faute aussi au succès, critique ou commercial, qui demeurera de son vivant une vieille lune. Intolérante à la frustration, Camille s'aigrit, se cabre et s'étiole chaque jour davantage, au point de faire peur à sa famille et ses voisins d'immeuble. L'asile blafard la guette. Toutes les cartes lui glissent des mains, les unes après les autres, ce que Maude nous fait ressentir en touches subtiles. La comédienne-auteure campe d'abord la jeune fille, claire et mutine, puis elle nous entraine sur le chemin radieux et sensuel, non sans épines, de l'emballement pour Rodin, avant d’arpenter un territoire de plus en plus désolé et pavé de rancoeur. Errant sur le sol glacé de son atelier, beauté échevelée et diaphane, Maude Sambuis nous réchauffe l'âme. Du théâtre, du vrai