Les avis de Clément

Une chambre en Inde

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Cartoucherie - Théâtre du Soleil, Paris | du 27 novembre au 22 décembre 2019 | Durée : 3h45 entracte inclus

CONTEMPORAIN, A ne pas manquer, Coups de coeur, Grand spectacle, Molières 2018, Pièce d'actualité, Printemps indien, Sélection Evénement


Le grand frisson
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Par

Clément le 18 mai 2017 à 10:36

Le grand frisson Autant j'ai tremblé et été durablement marqué par les Ephémères en 2006 autant j'ai trouvé Une chambre en Inde navrant et désarticulé hier soir. Le théâtre du soleil a montré par le passé qu'il savait se saisir de sujets graves, sociaux, politiques. Une chambre en Inde se contente d'étaler des lieux communs sur tous les sujets qu'il aborde du bout du doigt. Les aborde t'il d'ailleurs? Non il les désigne, il en dresse une liste. Comme si nous spectateurs nous avions encore besoin qu'on nous nous prenne par la main et qu'on nous montre du doigts "les méchants" - "ce qui ne va pas dans le monde" - "la condition des un(e)s et des autres" dans un spectacle aux enjeux finalement inexistants sous le prétexte du rire comme libération, comme exutoire. Mais l'humour lui aussi demande de la subtilité même lorsqu'il emprunte à la farce et au burlesque. On doit se contenter dans Une chambre en Inde de gags tous plus pauvres les uns que les autres. Des Djihadistes qui prononcent "sexe" au lieu de "six" qui finissent par se faire exploser eux-mêmes - HA HA. Le téléphone qui sonne toujours au mauvais moment pour nous sortir d'une scène - HA HA. Les dirigeants moustachus de l'Arabie saoudite qui demande des conseils à l'Islande pour faire évoluer les moeurs chez eux et qui se roulent par terre parce que les dirigeants en face sont des femmes - HA HA. Creux, lieux communs, démagogisme, fausse naiveté sur le monde d'aujourd'hui, discours théatro-nombriliste sur la survie du Théatre, convocation maladroite et désordonnée des grands auteurs et grand final happy end autour d'un parodique dictateur chaplinesque qui nous demande de croire malgré tout en l'humanité. Grand câlin général des comédiens - émotion. Rideau. Et la salle a ri, et la salle a applaudi, et la salle a fait trois rappels. Et cet enthousiasme devant le vide moi m'a fait frissonner.