Un obus dans le coeur

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Théâtre Public de Montreuil - Salle Maria Casarès , Montreuil

Du 03 au 09 avril 2004
Durée : 60 minutes

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Tout public à partir de 13 ans. Si l'histoire tourne autour de la mort d'une mère, c'est comme toujours chez Wajdi Mouawad avec la simplicité poétique des histoires que s'inventent les enfants pour s'affranchir des grands questionnements de la vie.
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Spectacle terminé depuis le 09 avril 2004

 

Un obus dans le coeur

De

Wajdi Mouawad

Mise en scène

Christian Gangneron

Avec

Olivier Constant

Tout public à partir de 13 ans.

L'histoire
L
a violence des mots
Extrait

C’est l’histoire d’une colère. Celle de Walid, réveillé dans la nuit en pleine tempête de neige, par la sonnerie du téléphone. Sur la route qui le conduit à l’hôpital, au chevet de sa mère mourante, tout se mélange dans sa tête. Aux prises avec des pensées qui le bouleversent, entre rêve et réalité, Walid mêle présent et passé, rage d’aujourd’hui, effrois d’enfance et révoltes adolescentes.

Bref et intense chemin de la mémoire, au bout duquel prenant conscience que sa mère restera au cœur de ses douleurs, le héros accepte de se rendre à la vie.

La langue de Wajdi Mouawad, auteur libano-québécois révélé au public français par la présentation de Littoral au Festival d’Avignon 2001, puis en 2003 avec Incendies, porte avec lyrisme les violences contenues dans les pensées de Walid qui fait là le deuil de son enfance.

“Un texte magnifique dont la force n’est pas sans griffes et qu’il a fallu apprivoiser », souligne Christian Gangneron qui l’a mis en scène pour le CDN de Sartrouville dans le cadre du festival Odyssées 78.

De toutes ses fibres et dans toutes les nuances de la colère et de la tendresse, Olivier Constant fait vibrer magnifiquement ce récit qui touche au plus profond de l’âme, convoque l’intime et l’épopée, l’autobiographie et la fiction.

Un texte « coup de poing », une interprétation d’une rare intensité.

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Wajdi Mouawad, l’auteur, est libanais et vit à Montréal. C’est donc là une histoire fortement autobiographique. Elle est adaptée du fragment d’un livre, qu’il écrivait lorsque Christian Gangneron lui a demandé un texte, destiné en priorité à un public adolescent autour du thème des langages. Langages accumulés au cours de la vie, et la façon dont ils se heurtent et s’unissent pour former la pensée.

Pari risqué, mais moins qu’il y paraît : la violence des mots est celle même d’un âge, celui de toutes les rébellions, où se confronter à la mort relève de l’innommable. La violence des mots est aussi leur beauté. L’écriture de Mouawad porte une sorte de lyrisme, une force immense. Et c’est aussi une écriture affective. Chacun peut s’y sentir chez soi, y compris le comédien Olivier Constant. Alors il prend en lui le trajet géographique et mental de ce garçon, qui va à la rencontre de la mort et en même temps s’en retourne vers son bref passé, pour en reconnaître les images marquantes, les moments-clef. Images fantasques devenues symboles, moments où se sont noués en lui peur et culpabilité. Alors n’est plus resté en lui que terreur et fureur. Son regard sur les autres s’est aiguisé, pointant leurs faiblesses, histoire de se rassurer en se moquant. Il accomplit là un trajet analytique, mais aussi poétique et ironique, au bout duquel il est prêt à accepter le monde, la vie, la mort. Et lui-même.

« J’ai bien aimé la pièce et elle était marrante. Mais des fois c’était triste, et j’ai compris que j’ai de la chance d’avoir une mère ». (commentaire d’un enfant après la représentation).

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« On ne sait jamais comment une histoire commence. Je veux dire que lorsqu’une histoire commence et que cette histoire vous arrive à vous, vous ne savez pas, au moment où elle commence, qu’elle commence. Je veux dire… Je veux dire que vous n’êtes pas là, à marcher tranquillement dans la rue et tout à coup, vous vous dites : tiens, voilà, une histoire qui commence. Je veux dire on ne le sait pas… puis, lorsque finalement on réalise qu’on est embarqué dans une histoire, on ne sait pas comment tout ça va se terminer. Personne ne peut savoir. C’est seulement à la fin. Lorsque tout est consommé qu’on ouvre les yeux et on se dit : l’histoire est terminée. Elle est terminée et parce qu’elle est terminée, vous vous mettez à entendre le silence, le grand silence qui a failli vous noyer. C’est comme ça. Alors, pour conjurer le silence, on tente de trouver les mots. Pour raconter. Même si c’est n’importe quoi, mais un mot qu’on trouve au fond de soi, c’est comme une oasis au milieu du désert.

Moi, le premier mot que j’ai trouvé pour pouvoir raconter ce qui s’est passé, c’est le mot “Avant”. Je dis avant, mais cela ne fait pas longtemps que je peux dire avant. Je dis parfois “Avant, j’étais un enfant.” Mais quand est-ce que j’ai cessé ? Je ne sais pas. »

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