Richard III

Les Gémeaux - Scène Nationale de Sceaux , Sceaux

Du 12 au 22 janvier 2023
Durée : 2h30

CLASSIQUE

,

Coups de coeur

,

Evénement

,

Costumes d'époque

,

En langue étrangère

Revoici Richard, celui que joue Lars Eidinger, l'interprète hors pair de Thomas Ostermeier qui a fait sensation en Avignon. Corps contrefait, âme démoniaque, le monstre de Shakespeare continue à fasciner le public depuis plus de quatre siècles. En allemand, surtitré en français.

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Photos & vidéos

Richard III

De

William Shakespeare

,

Nils Ostendorf

Adaptation

Marius von Mayenburg

Mise en scène

Thomas Ostermeier

Avec

Lars Eidinger

,

Moritz Gottwald

,

Carolin Haupt

,

Jenny König

,

Sebastian Schwarz

,

Robert Beyer

,

Thomas Bading

,

Christoph Gawenda

,

Laurenz Laufenberg

,

Thomas Witte

En allemand, surtitré en français.

  • Un événement

Programmé en 2022, l’incontournable Richard III de Thomas Ostermeier avait finalement été remplacé – pour raisons sanitaires – par une improvisation du metteur en scène et de Lars Eidinger, venus présenter une forme hybride, pour le plus grand plaisir du public venu nombreux assister à cet ovni théâtral. Richard III revient aux Gémeaux en 2023 dans sa version intégrale.

  • Lars Einger

Revoici Richard. Celui que joue Lars Eidinger, entré en 2015 dans la légende d’Avignon. Pour son cinquième Shakespeare, Thomas Ostermeier tenait à cet interprète hors pair. Le rôle en exige un, car la séduction du sinistre Duc de Gloucester est pour le moins paradoxale.

Figure incontestable de l’acteur-roi, Lars Eidinger contrefait la folie et la fureur jusqu’à l’horreur, dans un double jeu magique et diabolique, au service d’une mise en scène fulgurante, maîtrisée de bout en bout par Thomas Ostermeier. Pourquoi donc ce monstre continue-t-il à fasciner le public depuis plus de quatre siècles, et comment y parviendrait-il aussi bien sans un acteur exceptionnel pour l’incarner ?

  • La quête du roi

Richard, duc de Gloucester, est le premier grand maître de la mise en scène de soi que le théâtre ait produit. Ou du moins le premier personnage moderne à se mettre soi-même au monde théâtralement. Avant même d’être roi, il est un merveilleux comédien et un superbe scénariste, doté de l’instinct d’un grand fauve et de l’intelligence calculatrice d’un fin lecteur de Machiavel. Et il se veut fils de ses œuvres.

Richard est en effet persuadé que les jeux auxquels jouent les autres hommes lui sont à jamais interdits, depuis sa naissance. Perdu pour perdu, il a donc décidé de jouer de ce qu’il est. Lui qui est moins que tout, presque une bête, va se hisser au-dessus de tous, sur un monceau de cadavres, et veut se faire connaître ainsi : en n’étant plus qu’une succession de masques, dont il jongle en virtuose, de la fureur d’un musicien rock à la mélancolie d’un être qui se souvient d’avoir été Hamlet.

Un véritable voyage en enfer commence alors, dans lequel Richard écarte de sa route tout ce qui pourrait l’empêcher de devenir roi. S’il ne peut faire partie de la haute société, il veut au moins la dominer et monte ainsi, avec une habileté politique hors du commun ses adversaires les uns contre les autres, instrumentalise sans scrupule l’ambition des autres pour servir la sienne, et avance blanc comme neige dans un bain de sang.

Sondant notre propre liberté en tant qu’individu, la surpuissante prothèse collective qu’est le théâtre de Thomas Ostermeier fait de sa dramaturgie le lieu dont personne ne doit sortir indemne. Pour nous rapprocher au plus près de la troublante séduction du mal, afin de mieux la comprendre et peut-être de l’éprouver, il nous fait cheminer aux côtés de Richard qui fait ce qu’il sait faire et continue à tuer, nourrissant sa haine pour le reste du monde auquel il n’appartiendra jamais. Jusqu’à ce que la couronne lui appartienne.

Mais ce triomphe n’apaisera pas la blessure que lui a infligé la nature. Seul à la tête du Royaume d’Angleterre, libéré de tout adversaire, il dirige sa fureur contre son véritable ennemi - lui-même. Cette machine à séduire comme à détruire nous invite au mal absolu. Avec notre admiration sans bornes.

  • Identité et contrefaçon

L’identité de Richard, s’il en a une, est affaire de prothèses : fils d’araignée où se pendre, micros, caméras. La couronne même n’est peut-être qu’une prothèse de plus. Cette identité-vampire, il la construit devant nous, voire parmi nous, comme une machine sanglante, en nous prenant à témoin. Et ce faisant, lui qui refuse tout miroir finit par devenir un peu le nôtre. Miroir déformant, bien sûr, pareil à celui du rêve. Parfois certains désirs y surgissent qu’on ne peut regarder en face sans que leurs traits ne soient d’abord déformés.

Mais sont-ils vraiment si méconnaissables ? Le Richard d’Eidinger et d’Ostermeier est là pour nous le demander : «  N’avez-vous jamais eu envie de faire ce que fait Richard ? N’avez-vous jamais eu envie de commettre des actes répréhensibles ? » De voir le corps nu d’un frère, agité de soubresauts, se vider de son sang sur le sable d’un cachot ? De traiter deux petits enfants comme des marionnettes bonnes à briser, et de s’en amuser ? Nous nous récrions devant ces « actions que les contraintes sociales et morales, heureusement, empêchent », ajoute aussitôt le metteur en scène. Mais l’art de Shakespeare nous les rend pensables, nous fait sentir la pente qui mène à ces abîmes.

Comment comprendre la troublante séduction du mal à moins d’y aller voir nous-mêmes – et en nous-mêmes, afin de mieux nous construire et nous comprendre, grâce à cette surpuissante prothèse collective qu’est le théâtre ? Nous nous y retrouvons, conclut le directeur de la Schaubühne, « dans un espace libre où la catharsis est possible, ou l’on peut jouer avec nos instincts les plus sombres pour, peut-être, nous purifier, nous libérer »

Traduction : Marius von Mayenburg

  • La presse

« Un triomphe comme une évidence, tant ce théâtre-là est à la fois d’une intelligence magistrale et totalement accessible, jouissif et inscrit dans une modernité qui n’a rien de cosmétique. (...) Etayé par la profondeur de la vision qu’Ostermeier et son équipe ont de la pièce (il faut aussi saluer l’excellente adaptation-traduction allemande du dramaturge Marius von Mayenburg), le spectacle offre nombre d’images inoubliables. » Fabienne Darge, Le Monde, 8 juillet 2015

« Car Lars Eidinger dans sa dégaine de don Quichotte maléfique fait rire le public. Sa cruauté infernale et toujours recommencée, son art du pire, sa science du trop, du jusqu'au bout finissent par émerveiller. La puissance de ce spectacle teigneux, pas une seconde ennuyeux, vif comme le feu - ou le rock qui le baigne - est en effet comme toujours chez Ostermeier de déplacer les frontières. Entre le bien et le mal, la séduction et l'épouvante, la réalité et le théâtre. » Fabienne Pascaud, Télérama, 5 juillet 2015

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Alice B. (1 avis) 29 juin 2017

Richard III Excellent spectacle vu à Avignon en 2015 et revu avec un immense plaisir. J'étais idéalement placée (1er rang de corbeille).
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