Les Italiens

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MC93 , Bobigny

Du 04 au 05 mars 2020
Durée : 1h40

CONTEMPORAIN

,

Théâtre d'ailleurs

Ils restent italiens pour les suisses, ils sont devenus suisses pour les italiens, ces immigrés de la première génération qui partagent la scène avec ceux de la seconde génération. Pères et fils expriment leur vérité faite de tendresse et respect mais aussi de reproches et d'incompréhensions.
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Photos & vidéos

Les Italiens

De

Claire de Ribaupierre

Mise en scène

Massimo Furlan

Avec

Miro Caltagirone

,

Giuseppe Capuzzi

,

Alexia Casciaro

,

Vicenzo Di Marco

,

Nadine Fuchs

,

Silvano Nicoletti

,

Francesco Panese

,

Luigi Raimondi

Le temps qui passe, les amours, la famille si fondamentale, les combats pour assurer un avenir meilleur aux enfants, les souvenirs d'ici et d'ailleurs, ceux du pays d'origine que l'on garde au cœur, tout ce qui fait les plis et replis d'une vie se révèle dans leurs mots et dans leurs silences. Eux qui ne sont pas acteurs deviennent personnages de fiction dans un univers baroque fait de paroles, de musiques et d'images.

La petite communauté réunie sur scène raconte, entre rire et émotion, la violence du déracinement et la force étonnante de ces héros restés eux-mêmes dans les bouleversements de l'exil.

  • L’immigration

En Suisse, comme dans beaucoup de pays européens, la communauté italienne représente la première vague d’immigration, dans les années 1960. Les immigrés viennent de toutes les régions d’Italie, beaucoup de Sicile, de Sardaigne, des Pouilles, mais aussi du centre et du Nord. Leurs origines, leurs milieux sociaux économiques sont tous différents et leurs traditions, coutumes, langues, cuisines, varient. Pourtant, lorsqu’ils arrivent en Suisse, ce sont « Les Italiens ». Une seule communauté. Nous souhaitions comprendre à la fois cette multiplicité, ces histoires singulières, ces trajectoires individuelles, et ce qui les relie, ce qui fait une identité collective, celle des « immigrés ». À travers des entretiens sur leurs familles, leurs métiers, leurs paysages, nous souhaitions saisir ce qu’ils sont. Comment ils ont décidé de partir, comment ils ont construit leur propre monde, ailleurs. Ce à quoi ils ont renoncé, ce qu’ils ont reçu. Et pour eux, aujourd’hui, où se trouve leur « chez soi » ? Comment appréhendent-ils leur espace ?

  • Le temps

Trois de nos témoins sont des hommes à la retraite. Nous voulions interroger la vieillesse et la vulnérabilité qu’elle représente, mais également sa force spécifique qui est celle de l’expérience.

Évoquer ce que le temps fait au corps, comment celui-ci perd ses forces, se transforme, se bat, renonce, ou accepte. D’une part, qu’est-ce que signifie l’expression « prendre de l’âge » ? Comme si le temps s’accumulait dans le corps, comme des couches stratifiées, la matière terre de l’archéologue ou du spéléologue. D’autre part, qu’est-ce qu’« avoir tout son temps » ? Qu’est-ce que le temps de la retraite qui s’étire, se suspend, comment se déroulent les journées, comment se construisent les habitudes, les rituels qui rythment les semaines ? Nous voulions questionner aussi le temps du travail, le temps des loisirs et des fêtes de famille, les samedis soir et les dimanches, les vacances qui signifient le retour au pays.

  • La famille et l’amour

L’amour est le moteur des hommes et des héros. Quelles décisions sont prises pour l’amour ? Quels projets sont engagés par amour ? L’amour permet de trouver une place, de s’installer quelque part, de devenir plus grand, plus fort, plusieurs. En Italie, la culture de l’amour est puissante, la femme est au centre des regards, dans la littérature, la peinture, le cinéma, dans la vie quotidienne. Qui ont-ils aimé, qui aiment-ils encore ? Quels sont les rêves et les désirs qui les habitent ?La famille apparaît comme le socle, le refuge, le lieu de l’accueil et la possibilité d’être heureux. Chacun de nos interprètes a fondé une famille, et les enfants, nés en Suisse pour la plupart, sont tous complètement intégrés. Mais le regard des fils sur les pères, s’il est plein de tendresse et de respect est aussi parfois chargé de reproches, de honte. L’histoire n’est pas la même, les désirs sont autres, les blessures différentes.

  • La solitude et la communauté

L’immigré est celui qui quitte le groupe, qui se détache des siens pour partir. Figure de l’étranger, il est confronté à la solitude, la différence, son « costume », - son type, sa langue, ses traits, ses coutumes - le distingue des autres. Mais en même temps, il côtoie d’autres immigrés, qui ne viennent pas forcément de son village, de sa petite communauté, mais qui sont originaires de son pays, parlent la même langue. Alors ils se retrouvent et créent des « cercles », partagent des activités, échangent des services et passent du temps ensemble.

C’est comme ça que, depuis des années, « Les Italiens » se retrouvent au théâtre de Vidy pour jouer à la Scopa, tous les après-midi de l’année, tantôt sur la terrasse lorsque le temps le permet, tantôt à la cafétéria.La solitude augmente avec l’âge : certains sont rentrés au pays, d’autres sont morts ou hospitalisés. Le rituel des cartes s’impose alors pour ne pas vivre dans un isolement grandissant.Mais la communauté n’est pas uniquement italienne. Les Italiens sont devenus Suisses pour certains, ils votent, ils participent à la vie de la collectivité, du quartier, leurs enfants sont des « secondi », ils parlent le français sans accent, et ne se posent plus la question de leurs origines de façon aussi forte. À quelle communauté appartiennent les Italiens de Suisse ? de France ? d’Allemagne ? Quel est leur regard sur la vie qu’ils ont contribué à construire ? Le métissage est partout à l’œuvre. Chacun, aujourd’hui, à la troisième génération, a des origines italiennes, espagnoles, portugaises, slaves, françaises, allemandes.

À travers ces différents axes thématiques, par des entretiens individuels et collectifs, nous creusons la parole à des endroits singuliers, étranges, inattendus, nous efforçant d’éviter les clichés, les idées reçues, et nous nous attachons à faire contraster les témoignages : à les monter, les assembler, pour leur donner un rythme, une construction.À partir de ces témoignages et en plus de leurs récits parlés, nous construisons un objet visuel, un univers fantasmagorique qui fait apparaître des images mettant en jeu les corps des Italiens vêtus du costume basique de Superman, celui avec lequel on jouait enfant, dans notre chambre, avant d’aller nous coucher : le pyjama. Les silhouettes bleues – corps vieillissants, ventres ronds, jambes maigres, cheveux blancs – sont tous en action, en ligne, en cercle, dans les postures les plus improbables, à l’épreuve du plateau. Des images baroques, comme un opéra italien, des images allégoriques et énigmatiques, mais aussi des images inspirées de la télévision. Avec ce projet, ce que nous cherchons à transmettre c’est la sincérité de leurs paroles, de leurs expériences, la profondeur de leur témoignage et c’est aussi le décalage, le burlesque des images, le rire, la tendresse et l’émotion naissant à la vue de ces êtres ordinaires qui deviennent extraordinaires et héroïques à nos yeux.

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