Les frères Karamazov

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Odéon - Théâtre de l'Europe , Paris

Du 22 octobre au 13 novembre 2021
Durée : 3h45

CLASSIQUE

,

Festival

,

Festival d'Automne à Paris

Les Frères Karamazov est un monstre. Comme pour Les Démons (mis en scène aux Ateliers Berthier à l’automne 2018), Sylvain Creuzevault taille dans ses 1300 pages les éléments d’une lecture inspirée par Heiner Müller et Jean Genet, selon qui l’ultime roman de Dostoïevski est avant tout « une farce, une bouffonnerie énorme et mesquine ».

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Les frères Karamazov

De

Fédor Dostoïevski

Mise en scène

Sylvain Creuzevault

Avec

Nicolas Bouchaud

,

Sylvain Creuzevault

,

Servane Ducorps

,

Vladislav Galard

,

Sylvaine Hélary

,

Arthur Igual

,

Sava Lolov

,

Frédéric Noaille

,

Antonin Rayon

,

Blanche Ripoche

,

Sylvain Sounier

Les Frères Karamazov est un monstre. Comme pour Les Démons (mis en scène aux Ateliers Berthier à l’automne 2018), Sylvain Creuzevault taille dans ses 1300 pages les éléments d’une lecture inspirée par Heiner Müller et Jean Genet, selon qui l’ultime roman de Dostoïevski est avant tout « une farce, une bouffonnerie énorme et mesquine ».

Cet humour farcesque devient ici littéralement ravageur. « Qui crée veut la destruction », disait Müller : Creuzevault retrouve partout dans le roman le mouvement paradoxal d’une écriture qui ne cesse de raturer ce qu’elle affirme. Ainsi, après avoir annoncé le roman de formation d’un jeune saint en devenir, voilà que le narrateur se met à raconter l’histoire d’un crime fascinant. Lequel de ses fils a tué l’ignoble Fiodor Karamazov ? Dimitri le sensuel, rival de son père en amour, semble le coupable idéal. Mais Ivan l’intellectuel, tourmenté par la question du mal radical, n’y est-il pour rien ? Et Aliocha le vertueux, le naïf, quel rôle a-t-il joué dans cette affaire ? Les pistes se brouillent, les explications s’entre-détruisent.

Actes, motifs et caractères donnent prise à toutes les contradictions. Le procès de Dimitri exhibe les ficelles d’une soi-disant « justice ». Le cadavre d’un homme de Dieu, au lieu de dégager une odeur de sainteté, se met à empester. Et dans ce « jeu de massacre », note Genet, tandis que se défont la dignité et le sérieux tragiques, « il ne reste que de la charpie. L’allégresse commence »...

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