Les animaux sont partout

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Les plateaux sauvages , Paris

Du 12 au 22 novembre 2019

CONTEMPORAIN

,

Science-fiction

Dans un futur proche, pour prétendre à un dispositif de résidence, un artiste et une scientifique sont amenés à croiser leurs recherches sur le sentiment esthétique chez les animaux grâce aux outils de la réalité virtuelle. Pendant ce temps, dans un futur lointain, des super-animaux retrouvent un DVD très ancien contenant peut-être une piste vers la seule chose qui manque à leur super-société : la possibilité de produire de la fiction.
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Spectacle terminé depuis le 22 novembre 2019

 

Photos & vidéos

Les animaux sont partout

De

Benjamin Abitan

Mise en scène

Benjamin Abitan

Avec

Benjamin Abitan

,

Mélissa Barbaud

,

Antoine Dusollier

,

Thomas Horeau

,

Barthélémy Meridjen

,

Aurélie Miermont

,

Samuel Roger

  • Réalité virtuelle, coproduction inter-époques et fiction concrète

Dans un futur proche, pour prétendre à un dispositif de résidence, un artiste et une scientifique sont amenés à croiser leurs recherches sur le sentiment esthétique chez les animaux grâce aux outils de la réalité virtuelle. Pendant ce temps, dans un futur lointain, des super-animaux retrouvent un DVD très ancien contenant peut-être une piste vers la seule chose qui manque à leur super-société : la possibilité de produire de la fiction.

  • Note d'intention

Représentations et « présences » animales dans l’art et dans la littérature, place de l’animal dans les société humaines et part irréductible de l’animalité – ou ce vers quoi l’on cherche à descendre, très probablement, en essayant de « faire le lion » : tels sont pour le moment les grands thèmes transversaux du spectacle à venir. Ceci ne suffit pas à donner une idée de la forme du spectacle, mais c’est le propre de notre méthode d’écriture que de ne pas savoir à l’avance à quoi doit ressembler le résultat.

Dans les pages qui suivent, nous essayons néanmoins de donner une idée de la structure du spectacle telle que nous l’envisageons aujourd’hui. Comme dans nos spectacles précédents, nous nous dirigeons vers une structure « à tiroirs » : une fiction enchâssante futuriste se déroulant dans un lieu hybride qui serait à la fois un théâtre et un laboratoire scientifique et des modules enchâssés (inspiré des rendez-vous du cycle Animalogies) qui pourraient, pour certains, être joués comme des formes brèves indépendantes. Ceci permettra au spectacle de s’adapter aussi à des lieux non théâtraux.

Dans un futur proche, les ministères de la Culture et de l’Enseignement supérieur fusionnent pour devenir un même département au sein du Ministère des Sports. Dès lors, les artistes et les scientifiques doivent partager les mêmes budgets, ce qui les conduit à définir, bon gré mal gré, des objectifs communs. On voit alors apparaître des laboratoires multidisciplinaires accueillant à la fois des artistes et des scientifiques.

C’est dans ce contexte que Dominique, 35 ans, plasticien / metteur en scène / photographe / vidéaste / performer / sound designer, devient artiste associé du laboratoire d’éthologie de Camille, 35 ans, primatologue devant travailler avec des rats pour des raisons budgétaires.

Dominique doit désormais développer son projet artistique sur une année en se conformant à un cahier des charges bien précis : mettre en valeur le projet de recherche de Camille, la primatologue. Celle-ci doit de son côté trouver une manière de cohabiter avec Dominique alors même que son protocole expérimental implique de protéger ses sujets – une meute de rats – de toute perturbation extérieure.

Le laboratoire où ils doivent cohabiter est un ancien théâtre, ce qui complique fortement la tâche de Camille ; mais celle de Dominique n’est guère plus simple dans la mesure où il lui est demandé de rendre accessible au grand public un travail de recherche qui nécessite l’isolement complet.

Au début du spectacle, les spectateurs sont accueillis dans le foyer du théâtre par Claude, une personne du Ministère des Sports en charge du pilotage de ce projet de résidence croisée. Claude leur explique qu’ils font partie d’un groupe d’élite, puisqu’ils sont les donateurs les plus généreux dans le cadre d’une campagne de crowdfunding ayant permis de financer cette double résidence. Ils sont donc éligibles à la contrepartie premium qui consiste à passer une soirée en compagnie des deux résidents, artiste et scientifique, ainsi que de la meute de rats. Il leur est expliqué qu’il va leur falloir voter pour favoriser, dans les budgets du prochain exercice, un volet prioritaire : la science ou l’art. Dominique et Camille seront donc clairement en concurrence. Puis Claude emmène les spectateurs dans la salle du théâtre où les attendent les deux résidents.

Les deux résidents exécutent alors un numéro qu’ils ont préparé ensemble et qui consiste à rejouer pour nous, dans une forme intermédiaire entre théâtre documentaire et sitcom, un certain nombre d’épisodes marquants de leur vie en commun au cours de cette résidence. On comprend alors qu’au fil de l’année, malgré leurs méthodes parfois divergentes et leurs objectifs clairement opposés, les deux personnages sont tombés amoureux ; hélas, au lieu de les liguer contre les injonctions absurdes de leur tutelle, cela n’a fait qu’ajouter la complexité du couple à celle de la collaboration interdisciplinaire.

Au moment de passer de cette longue introduction à la démonstration incluant les animaux qui devait être le clou du spectacle, on découvre que ceux-ci ont disparu et sont désormais en liberté. Qui est à l’origine de ce coup de théâtre ? Dominique, Camille ou un des personnages secondaires ? Une ambiance « Hercule Poirot » s’installe. Dominique et Camille s’opposent, chacun reprochant à l’autre d’interférer avec le protocole (scientifique ou artistique) et de maltraiter les rats en les instrumentalisant ; puis ils se liguent contre Claude qui à son tour leur reproche de ne pas avoir rempli leur part du contrat. Au coeur de leur querelle, il y a les animaux et le rôle qu’ils remplissent pour chacun des trois ; or, les animaux ayant disparu, on comprend qu’en réalité c’est nous qui sommes à la fois objet d’étude scientifique, matériau artistique et cible politique.

Le vote n’aura finalement pas lieu ; de ce point de vue, la dimension participative du spectacle est une stratégie déceptive déguisée. Les modalités de participation proposées au spectateur par l’institution qui les félicite de leur contribution à la campagne de crowdfunding, à mi-chemin entre la démocratie et la télé-réalité, font ici partie du « labyrinthe » à remettre en question, tandis que le vrai labyrinthe trône sur scène comme la maquette du décor d’un spectacle qui ne se jouera jamais.

C’est peut-être à ce prix – celui de l’abandon – qu’on peut enfin regarder les choses pour ce qu’elles sont : l’animal comme un animal, et non comme une surface de projection à la merci de nos fantasmes ; le théâtre pour un théâtre, c’est à dire non pas un labyrinthe, mais une fabrique d’émancipation.

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