Le gorille

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Lucernaire , Paris

Du 04 septembre au 03 novembre 2019
Durée : 1h10

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

D’abord phénomène de music-hall, un gorille finit par être reconnu en tant qu’homme. Alejandro et Brontis Jodorowsky, le père et le fils, proposent à travers la nouvelle de Kafka un regard mordant sur notre vie moderne. Fascinant.
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Le gorille

De

Alejandro Jodorowsky

,

Franz Kafka

Mise en scène

Alejandro Jodorowsky

Avec

Brontis Jodorowsky

  • L’absurdité de la vie humaine

Un gorille capturé dans la forêt africaine est embarqué dans une caisse à bord d’un navire en direction de Hambourg, afin d’y être exposé au zoo. Pour sortir de cet enfermement, il décide de devenir homme. Au prix d’intenses efforts, il réussit à acquérir la parole et devient un phénomène de music-hall. Ses progrès continus lui permettront d’accéder ensuite au statut d’humain, de gagner sa liberté et de devenir un richissime industriel. Adoptant par la même occasion tous les travers humains et suivant l’exemple de ce qu’il a lui-même subi, il va exploiter et mépriser ceux qui l’entourent, jusqu’à prendre conscience de l’absurdité de la vie humaine.

Dans son adaptation Alejandro Jodorowsky accentue l’humour de Kafka et souligne la tragédie du gorille comme étant celle de tous ceux qui, pour trouver leur place et être acceptés en ce monde, doivent devenir « un autre ».

Aboutissement de la rencontre artistique entre Alejandro et Brontis Jodorowsky, le père et le fils au service du théâtre comme moyen d’accéder à la conscience, Le gorille propose un regard caustique sur notre vie moderne et suggère que la vraie liberté se trouve ailleurs que dans le modèle de «réussite » sociale imposé par le monde actuel.

D’après Rapport pour une académie de Franz Kafka.

  • Le gorille et nous

Dans ma jeunesse, quand semblable à une chrysalide dans son cocon, mon esprit se tordait en tous sens cherchant douloureusement à dépasser ses limites pour devenir un papillon invisible et infini, j’ai lu la nouvelle de Kafka Rapport pour une académie. Ces quelques pages m’ôtèrent tout espoir : je me sentis comme une graine stérile dans la terre. Ce n’est pas par hasard si la nouvelle semble inachevée : la chenille y pourrit sans jamais réussir à prendre son envol. C’est la triste histoire d’un singe capturé qui, afin d’éviter d’être exposé dans un zoo, entreprend la lourde tâche d’acquérir le langage humain, pour ainsi se glisser dans une société qui finit par le démolir. Sa seule réussite est d’être récompensée par une académie universitaire, qui ne le reconnaît pas en tant qu’âme consciente, mais admire plutôt chez lui la bête capable d’imiter le parler et l’attitude d’un homme moyen.

Le gorille kafkaïen est une victime absolue. Tout comme les immigrés qui s’entassent dans des quartiers-ghettos, que l’on tolère et exploite dans des tâches méprisées, sans jamais les reconnaître en tant que concitoyens à part entière… Il m’a semblé que Kafka ne donnait pas à son singe l’opportunité de s’exprimer, de se révolter, de se réaliser dans la prise de conscience que le bonheur consiste à être ce que l’on est et non ce que les autres nous imposent d’être.

Partant donc du texte de Kafka, j’ai écrit un monologue théâtral qui montre l’éveil d’un esprit, d’abord primitif, ensuite vindicatif et pour finir accompli, c’est à dire conscient de l’inutilité de tout ce paraître qui nous éloigne de l’authenticité. D’une certaine manière, moi-même, enfant d’émigrés russo-juifs échoués au Chili, j’ai subi pendant mon enfance le rejet d’une société qui nous regardait comme différents, c’est à dire comme nocifs. L’effort de s’intégrer à un monde qui nous tolère mais nous méprise est terrible. C’est ce dont parle Le gorille.

Cette histoire me touchait de si près, que je n’ai pu la confier qu’à mon fils Brontis qui, bien que français par sa mère, est un éternel émigrant par son père : enfant je l’ai trimbalé d’un pays à l’autre, lui répétant sans cesse « ta patrie, ce sont tes souliers ». Personne ne peut interpréter comme lui ce singe, sans territoire, sans famille, sans amis, incarnant toujours un personnage devant un public qui n’applaudit en lui que le monstre inoffensif.

Un père et un fils, peuvent-ils travailler en bonne entente ? Ce fut le cas. Nous nous sentions à ce point concernés par le sujet, que nous nous fondions l’un dans l’autre. Quand, dans les derniers jours de répétions, nous avons crée la scène où le singe se révolte enfin, nous nous sommes pris dans les bras pour pleurer en pensant à nos ancêtres, cette longue lignée de tristes mais vaillants gorilles.

Alejandro Jodorowsky, 22 février 2009

  • La presse en parle

« Brontis Jodorowsky offre une performance époustouflante, à la hauteur du texte. Durant une heure pile, il est ce gorille devenu homme, un peu bossu, transpirant, coincé dans son costard étriqué. Il révèle toute la puissance des pensées de Kafka, leurs échos contemporains, leur noire profondeur atemporelle. (...) Une incroyable métamorphose qui touche et secoue en crescendo jusqu'au final, d'une émotion rare. » Le Point, Marie Audran

« Brontis Jodorowsky est cet être entre animal et homme. Son regard nous transperce. C'est un moment de théâtre d'une intensité exceptionnelle, c'est émouvant, drôle… et on a les larmes aux yeux. » Le Figaro, Armelle Héliot

« La magnifique interprétation, la gestuelle, le mimétisme, l’empathie de Brontis Jodorowsky donnent une actualité vigoureuse au texte de Kafka. (...) Les situations cocasses parviennent à faire sourire mais impossible d’oublier la mélancolie profonde du regard de la " bête " , sa douleur.» Le Journal du Dimanche, Annie Chenieux

« L’acteur Brontis Jodorowsky se métamorphose, sous les soins paternels d’Alejandro, en hybride monstrueux kafkaïen, mi-homme mi-bête. Fascinant.» La Terrasse, Véronique Hotte

« Brontis Jodorowsky est tout simplement éblouissant dans cette composition. Dès les premières minutes du spectacle, il scotche le spectateur. […] Le texte de Kafka, traduit par Brontis Jodorowsky est une pure merveille, d’un grand cynisme, et aussi plein d’humour. » Stéphane Capron, Sceneweb

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