Le Pas de Bême

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Théâtre de Châtillon , Châtillon

Du 23 au 24 mars 2018
Durée : 1 heure

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

Nous imaginons une histoire d'objection. L'histoire d'un objecteur de conscience ? Non, justement. L'histoire d'un objecteur - pas de conscience. Chez lui quelque chose résiste, qui n'est pas prémédité, pas revendicatif, qui ne s'accompagne pas d'un discours. Simplement, il objecte.
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Photos & vidéos

Le Pas de Bême

De

Adrien Béal

Mise en scène

Adrien Béal

Avec

Olivier Constant

,

Charlotte Corman

,

Etienne Parc

,

Pierric Plathier

  • Une histoire d'objection

C’est l’histoire d’un adolescent adapté, aimé et intégré dans son lycée. C’est seulement lors des devoirs sur table qu’il n’écrit pas, on ne sait pas pourquoi. Et son objection, si simple et infime soit elle, force quelque chose malgré lui.

Nous imaginons une histoire.

Nous imaginons une histoire d'objection. L'histoire d'un objecteur de conscience ? Non, justement. L'histoire d'un objecteur - pas de conscience.

Chez lui quelque chose résiste, qui n'est pas prémédité, pas revendicatif, qui ne s'accompagne pas d'un discours. Simplement, il objecte.

Et son objection, si simple et infime soit-elle, force quelque chose malgré lui. Elle crée une effraction. Elle ouvre un nouveau champ pour l'imagination.

Elle crée une effraction, en lui, et autour de lui, chez ses amis, dans sa famille, dans la communauté scolaire. On sent que quelque chose pourrait basculer.

Dans un dispositif où acteurs et spectateurs sont si proches les uns des autres qu’on pourrait les confondre, le geste de Bême, son pas, nous attire autant qu’il nous fait peur.

  • La presse

« Adrien Béal invente le cas d’un élève qui sans raison apparente ne rend à ses professeurs que des copies vierges. Mettant en abyme le comportement de son lycéen dans le contexte où il s’agit pour les acteurs d’en énoncer l’aventure, Adrien Béal s’amuse des conséquences que pourrait occasionner la reproduction d’une telle attitude sur le déroulement d’une représentation théâtrale... » PS, Les Inrockuptibles

« Dans sa mise en scène, Adrien Béal choisit d’installer les spectateurs autour du plateau et de jouer toutes lumières allumées. Au-delà de l’histoire du jeune lycéen, c’est bien la recherche d’une mise en situation pour le spectateur qui est ici le véritable propos. (…) le spectacle est dans la salle autant que sur le plateau. (…) Avant tout, Bême est un grain de sable dans un système, doit-on le forcer à réintégrer le système ou doit-on le laisser vivre en marge de ce système ? (…) Le pas de Bême est un spectacle qui interroge le spectateur et le met au coeur de son dispositif au point d’en faire un véritable élément participatif. Transgressif et réjouissant, avec Le pas de Bême, la Compagnie Théâtre Déplié réussit un coup de maître. » Laurent Coudol, Froggy's delight

  • Note d'intention

Partir de L’Objecteur
L’envie de départ a été de travailler sur la figure de l’objecteur, telle qu’elle est donnée à voir dans toute l’oeuvre de Michel Vinaver. Le meilleur exemple, d’où nous sommes partis, et qui contient tout ce que Vinaver écrira par la suite à ce sujet, est son roman L’Objecteur. Ce texte date de 1951 et raconte le cas d’un jeune militaire, Julien Bême, qui un jour, lors d’un exercice, s’assoit simplement et pose son fusil au sol. Il refuse d’obéir, sans associer à son geste aucune revendication ou aucun discours. Ce geste n’est pas prémédité, peut-être même pas voulu. Simplement, il a lieu. Le roman raconte la perturbation causée par cet évènement,
chez son auteur et dans son entourage, à tous les niveaux de la société dans laquelle il vit.
L’objection décrite par Vinaver est singulière. Elle n’est pas l’objection de conscience, elle est autre chose qu’une rébellion. Elle témoigne d’une opacité, d’une incapacité de son auteur à obéir. Elle est liée à l’intégrité physique et en cela, elle produit un point de contact électrique entre l’intime et le politique.
Passionnant, le texte de L’Objecteur date d’une époque où le service militaire est obligatoire en France, et où n’existe pas encore de statut pour les objecteurs. Afin de poser la question de l’objection aujourd’hui, notre projet a très vite été de nous éloigner de la fiction proposée par Vinaver pour imaginer notre propre histoire, notre Bême, tout en restant attentifs à ce que l’objection vinaverienne a de singulier.
J’ai proposé à l’équipe d’imaginer ensemble une figure d’objecteur pour aujourd’hui. Dans quel contexte pourrait se nicher un geste de résistance qui, appuyé par son absence de conscience, de préméditation et d’élaboration, ferait trembler un certain ordre établi ?

S’inventer un nouveau postulat
A partir de différentes lectures, discussions, propositions écrites ou improvisées, nous avons imaginé ce que serait pour nous le «cas Bême», celui à partir duquel un spectacle pourrait s’écrire. Chez nous, Bême est un adolescent qui, bien que tout à fait intégré et adapté à son environnement, bien qu’aimé de sa famille et de ses amis, bien que bon élève à l’école, rend des feuilles blanches à la fin de chaque devoir sur table. Ce cas d’un adolescent qui, dans un cadre précis, refuse d’écrire, est devenu notre postulat.
De ce postulat, il s’est ensuite agit de faire découler une histoire. J’ai souhaité que cette histoire se développe dans le travail de répétitions, dans une relation directe avec nos problématiques de fabrication d’un spectacle. Pour cela, nous avons peu à peu mis en place des règles du jeu qui nous ont donné un cadre à la fois pour le temps des répétitions et pour le temps des représentations. A la fois pour écrire au plateau une histoire à partir du « cas Bême », et pour jouer la représentation de cette histoire.

Processus d’écriture et dispositif de jeu
- L’équipe au plateau est composée de trois acteurs (trois étant le nombre minimum nécessaire pour former un groupe et y faire apparaître un dissident).
- Le dispositif scénique est un simple quadri-frontal, quatre côtés qui encadrent un plateau volontairement vide. Ce vide concentre les problématiques de la fiction, et celles du théâtre qui se fabrique et qui se joue.
Au début de la répétition, comme au début de la représentation, les acteurs sont autour de l’aire de jeu, aux mêmes places que les spectateurs. Toute commence par la possibilité de ne pas prendre la parole. Tout comme Bême peut ne pas remplir sa copie, lorsqu’il est face à elle.
Ce dispositif, en plus d’organiser la représentation autour d’un centre vide, propose une multiplicité de points de vue, et annule toute frontalité. Aucun point de vue ne fait autorité plus qu’un autre.
- La parole est au coeur du travail, et devient un enjeu de la représentation. Elle peut jouer le même rôle pour les acteurs que l’écriture pour Bême. En effet, à partir du moment où Bême n’écrit pas, dans un contexte dans lequel cette activité serait toute indiquée, nous pouvons mettre en doute l’idée reçue selon laquelle dans le contexte de la représentation, la parole sera prise par les acteurs.
A eux trois, les acteurs peuvent donner la parole à tous les personnages, comme autant de points de vue sensibles. Pour chaque individu ou pour chaque situation, la modalité de prise de parole est différente. La parole peut être contrainte, libre, choisie, consensuelle ou dissensuelle, élaborée. Elle peut être une parole qui confirme, ou qui fait trembler.
- La pièce s’écrit à partir d’improvisations. Lors des répétitions, les acteurs ont improvisé longuement sur des situations dramatiques, avec pour but non pas de produire une vaste matière à spectacle dans laquelle nous pourrions piocher, mais plutôt d’affiner, d’assécher la parole, de la mettre en relation avec le silence. Pendant les représentations, le canevas est serré, mais les mots peuvent changer, ou ne pas être dits. Les acteurs recréent les uns pour les autres le vide entre les mots, celui qui renvoie au vertige provoqué par la page blanche.

Le Pas de Bême
L’histoire que nous racontons est une exploration des conséquences de l’objection. Chez Bême lui-même, et dans son entourage. Qu’est ce qui peut mettre en doute les modèles auxquels nous sommes le plus attachés ? A quoi sommes-nous tous, dans un accord tacite, le plus attachés ? Nous tous, qui faisons le spectacle ou qui le regardons. Qu’est-ce qui, en chacun de nous, appelle au changement, et qu’est-ce qui le retient ?
Le Pas de Bême est aussi la poursuite d’une interrogation par le théâtre sur le geste d’écrire. Ces dernières années, avec la compagnie Théâtre Déplié, nous avons travaillé sur une pièce de Pasolini que nous avons décidé de ne pas monter, et qui a donné Il est trop tôt pour prendre des décisions définitives. Puis nous avons choisi de monter une pièce de Schimmelpfennig, Visite au père. A chaque fois, la question du fait d’écrire, donc d’inscrire s’est posée profondément.
Je crois que la difficulté à écrire a à voir aujourd’hui avec la difficulté à formuler une pensée, à affirmer, au risque permanent d’atténuer la complexité. Nous travaillons cette problématique impérieuse par le théâtre, qui comme zone de doute est parfait, puisqu’il se dérobe toujours au définitif.

Adrien Béal, novembre 2014

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