Illusions perdues

1
2
3
4
5

Théâtre 71 , Malakoff

Du 07 au 08 novembre 2020
Durée : 2h30

CLASSIQUE

,

A ne pas manquer

,

Coups de coeur

,

Sélection Evénement

Pauline Bayle adapte le grand roman de Balzac. Dans une théâtralité brute et simple, six acteurs et actrices s'emparent de la trentaine de personnages et mettent à nu les aspérités et les failles de l'âme humaine.
Continuer la lecture

Spectacle complet

Consignes sanitaires
Les théâtres appliquent les directives sanitaires. Merci de respecter les gestes barrières, de vous munir d'un masque et de le porter lorsqu'il est exigé.
 

Photos & vidéos

Illusions perdues

De

Honoré de Balzac

Adaptation

Pauline Bayle

Mise en scène

Pauline Bayle

Avec

Hélène Chevalier

,

Guillaume Compiano

,

Alex Fondja

,

Jenna Thiam

,

Charlotte Van Bervesseles

  • Le roman de la désillusion face au monde capitaliste

Après s’être révélée dans les mises en scène des récits d’Homère, puis de Chanson douce de Leïla Slimani à La Comédie-Française, Pauline Bayle s’empare du génie de Balzac pour témoigner des hommes et d’une société dans toute sa complexité. Portée par une théâtralité sobre et juste, entièrement basée sur le jeu des acteurs, Illusions perdues, œuvre capitale de La Comédie humaine de Balzac, déroule l’ascension et la chute d’un petit poète quittant son Angoulême natale pour monter à Paris, avant de voir ses ambitions fracassées sur le mur du réel. Avec une poignée d’acteurs pour incarner la trentaine de personnages peuplant ce roman monstre de l’ambition et de l’argent, elle met en lumière, deux siècles plus tard, la soif de réussite qui peut nous asservir.

  • La presse

« La metteuse en scène Pauline Bayle et ses cinq comédiens proposent une version « dégenrée » de l’œuvre de Balzac, très réussie et enthousiasmante. » Le Monde

« Elle réussit un spectacle d’une force, d’une beauté, d’une tenue et d’une qualité dramaturgique exceptionnelles. Voilà une pièce qui mériterait des spectateurs très nombreux tant elle réussit à lier une insolente audace artistique à une accessibilité totale. L’excellence à la portée de tous : peu d’artistes méritent une telle estampille !  » Catherine Robert, La Terrasse, 3 février 2020

  • Note d'intention

Si l’ambition est le centre névralgique de La Comédie Humaine, dans Illusions perdues elle est le moteur de l'intrigue. Le temps du récit étant avant tout celui de l’action, le style de cette œuvre est différent, comme animé d’une énergie sauvage. Cette dramaturgie ancrée dans l’instant fait de ce roman une épopée plus qu’une tragédie où les héros jouent en permanence leur avenir, où les possibles restent ouverts afin que l’histoire puisse déployer toute son ampleur. Déchiré entre toutes ces opportunités, tiraillé par des forces contraires, Lucien présente une personnalité mobile, aux convictions morales sans cesse remises en cause par son désir de parvenir. C'est d'ailleurs cette versatilité qui le rend fragile, touchant, compréhensible et énigmatique.

Dans cette adaptation, les acteurs s'attacheront à la manière dont ils font avancer l’action en mettant en exergue cette versatilité des identités, en incarnant la multiplicité des points de vue, en montrant la prééminence du milieu social et la manière dont les circonstances déterminent les individus, leurs sentiments et leurs convictions. La construction en oxymore du roman : l’apprentissage, la mise en œuvre et finalement la corruption, se traduira par une évolution de l’espace scénique au cours de la représentation.

  • Les Illusions perdues et la capitalisation des esprits

«(...) Balzac, dans son œuvre d'une ampleur incroyable, saisit toutes les étapes du développement capitaliste français à son démarrage. Il en photographie, par exemple, la conséquence pour l'ancienne classe dirigeante, telle que condensée dans cette exclamation d'une Duchesse : « Vous êtes donc fous ici... Vous voulez rester au XVème siècle alors que nous sommes au XIXème ? Mes chers enfants, il n'y a plus de noblesse, il n'y a plus que de l'aristocratie. »

(...)(...) Les Illusions perdues inventent le roman de la désillusion face au monde capitaliste, comme Don Quichotte fut le roman de la désillusion du chevalier face au monde moderne émergeant. Préparé par Le Rouge et le Noir, ou Les Confessions d'un enfant du siècle, Balzac part lui aussi de cette idée d'une première génération bourgeoise, héroïque, qui renversa l'ancien régime, et qui laisse derrière elle le vide post napoléonien. Les idéalistes cèdent la place aux spéculateurs. La Restauration puis la monarchie de Juillet signent le triomphe d'une bourgeoisie qui passe désormais aux choses sérieuses : faire de l'argent.

(...)(...) Les Illusions perdues abordent la transformation de la littérature en marchandise. Balzac en explore toutes les étapes (de la fabrication du papier à l'édition, mais aussi la condition du journaliste et de l'écrivain) et en montre l'abjection. Le personnage de Lucien de Rubempré, qui combine aptitude poétique et vide intérieur, est propice à montrer tous les aspects de cette capitalisation de l'esprit, et de la visiter à travers un parcours d'ascension et de déchéance. Balzac abolit le hasard en transformant tous les événements fortuits en nécessité. Chaque accident est l'expression d'une profonde nécessité sociale. Tout détail se ramène à la totalité, comme les costumes provinciaux de Lucien vite immettables à Paris. Le lien entre l'individuel et le social, ou plutôt leur dialectique profonde et insécable, ne trouvent pas meilleurs peintres que Balzac (...)»

Georg Lukács

Pourraient aussi vous intéresser

Avis du public : Illusions perdues

0 Note

0 avis

1
2
3
4
5

Excellent


(0)

Très bon


(0)

Bon


(0)

Pas mal


(0)

Peut mieux faire


(0)
Donnez votre avis
Excellent
Très bon
Bon
Pas mal
Peut mieux faire
Vous pouvez consulter notre politique de modération
UTILES + NOTES + NOTES - RÉCENTS ANCIENS

Spectacles consultés récemment