Dans la luge d'Arthur Shopenhauer

1
2
3
4
5

La Scala Paris , Paris

Du 31 octobre au 24 novembre 2018
Durée : 1h20

CONTEMPORAIN

,

Sélection Evénement

,

Tête d'affiche

Ariel Chipman, d’après sa femme, a perdu la tête. Lui qui était un grand spécialiste de Spinoza « ne peut plus le saquer ». C’est ce que Nadine Chipman raconte à leur ami, Serge Othon Weil. Reprise attendue de la pièce de Yasmina Reza, avec elle-même, André Marcon, Jérôme Deschamps, Christèle Tual.
Continuer la lecture
RESERVER

À partir de 37,50 €,29,50 € pour les adhérents

Prix tous frais inclus


Promotions exclusives pour les adhérents
 

Photos & vidéos

Dans la luge d'Arthur Shopenhauer

De

Yasmina Reza

Mise en scène

Frédéric Bélier-Garcia

Avec

Jérôme Deschamps

,

André Marcon

,

Yasmina Reza

,

Christèle Tual

  • Les tiraillements de l'existence

« La robe de chambre est une folie, quiconque se met en robe de chambre est aspiré vers le néant, c’est comme ça, la robe de chambre est mauvaise, et peu importe sa forme, son tissu, sa couleur, (…) Althusser a tué sa femme en robe de chambre, Hélène étant elle-même en robe de chambre, et ainsi de suite, à moins d’être Roger Moore dans Simon Templar, la robe de chambre conduit droit à la catastrophe. »

Ariel Chipman, d’après sa femme, a perdu la tête. Lui qui était un grand spécialiste de Spinoza « ne peut plus le saquer ». C’est ce que Nadine Chipman raconte à leur ami, Serge Othon Weil.

Chacun des quatre personnages, tour à tour, confesse certaines obsessions ou anecdotes à l’un des trois autres, qui se contente de l’écouter, sans lui répondre. Peu à peu, dans ces duos successifs, un paysage fragmentaire et drolatique se dessine où chacun se dévoile avec gravité mais aussi frivolité.

Yasmina Reza, à l’image du témoin muet auquel s’adresse chacun des personnages, donne à entendre les tiraillements de l’existence sans les juger, c’est l’une des qualités de ce texte vif et brillant.

Le texte est publié aux Ed. Albin Michel.

  • Note d'intention de l'auteur

« Tandis que j’écrivais Dans la Luge d’Arthur Schopenhauer, au départ sans autre destination qu’une publication littéraire, l’idée m’est venue que ce texte aussi pouvait faire l’objet d’une création théâtrale. Je l’ai fait lire à Frédéric Bélier Garcia qui m’a fortement encouragée en ce ce sens.

En 2006, Lucien Attoun nous a ouvert les portes du Théâtre Ouvert. Frédéric m’a proposé d’interpréter Nadine Chipman et nous avons joué le texte dans la scénographie de Jacques Gabel, avec André Marcon, Maurice Bénichou et Christèle Tual. Le spectacle a suscité un grand enthousiasme. Pendant des années nous avons rêvé de le reprendre. Mais il fallait un espace, et pas n’importe lequel. Le dispositif bi-frontal, le podium long et étroit, la proximité acteurs/spectateurs étant liés à la magie de l’objet.

Ce fut une immense joie lorsque Frédéric Biessy m’a proposé de recréer La Luge à La Scala Paris et d’inaugurer pour ainsi dire la scène dessinée par Richard Peduzzi. Une combinaison qui nous oblige et rend la perspective d’autant plus excitante, d’autant que Jérôme Deschamps nous rejoint pour interpréter le personnage de Serge Othon Weil.

Par ailleurs, j’ai été très touchée lorsque l’équipe du théâtre m’a offert d’habiter le lieu pour quelques semaines, notamment en réunissant autour d'Hammerklavier les grands jeunes pianistes contemporains et les comédiennes qui à un titre ou un autre comptent dans ma vie. » Yasmina Reza

  • Note du metteur en scène

Ariel Chipman, amant éconduit des neiges éternelles de la joie spinoziste, déserté par ses maîtres (rattrapé par l’ordinaire du temps qui passe) dévale la pente rocailleuse de l’existence sur la luge peu amène d’Arthur Schopenhauer.

Dans le ressac de ce naufrage, un quatuor de personnages, (s’ils en sont) narrateur, épouse, ami, psychiatre, se hèlent, s’apostrophent, tentent de tirer des bords contradictoires dans cette orageuse traversée de la vie, regimbant contre notre « complaisance au malheur », en bataille contre tous les soins palliatifs de l’existence (conjugalité, morales compassionnelles, radicalités de convention...) essayant vaille que vaille de hisser les voiles de la frivolité dans ces caps houleux.
Yasmina Reza a écrit une « pièce » discontinue, intempestive, dispersée – comme une kermesse théâtrale ouverte à tous vents – d’une forme foncièrement inédite, écrite tout en nervosité allègre, plutôt qu’en conscience, donc, inconvenante, sans devoir de réserve, blessante. J’ai aimé ce texte, ce théâtre réjouissant de nos accablements, de nos acrimonies, de nos guerres de tranchées intimes...

Où, comment éplucher une orange, le céleste mariage de Renault-Nissan, manger des fraises à la fourchette ou à la cuillère, le port catastrophique de la robe de chambre, ... contiennent toutes nos batailles spéculatives, tous nos assauts pour se sentir toujours encore vivant. Partie d’échec anarchique face au grand complot de l’existence, une célébration de l’anecdotique, des détails du monde et de notre penchant pourtant farouche à la vie.

Frédéric Bélier-Garcia

Pourraient aussi vous intéresser

Avis du public : Dans la luge d'Arthur Shopenhauer

0 Note

0 avis

1
2
3
4
5

Excellent


(0)

Très bon


(0)

Bon


(0)

Pas mal


(0)

Peut mieux faire


(0)
Donnez votre avis
Excellent
Très bon
Bon
Pas mal
Peut mieux faire
Vous pouvez consulter notre politique de modération
UTILES + NOTES + NOTES - RÉCENTS ANCIENS

Spectacles consultés récemment