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Edito

Passer le périphérique

Le périphérique, qui entoure Paris comme jadis les fortifications extérieures de la capitale sur le site desquelles il a été construit, semble conserver des bâtiments militaires qu’il a remplacés la même fonction de démarcation. La zone, bande de terre en avant du mur, de son fossé et de la contrescarpe, non constructible par sécurité, et rapidement occupée par les misérables, semble encore exister symboliquement, formant une frontière hermétique entre la ville et ses alentours. On va peu en banlieue et les théâtres et centres culturels qui s’y trouvent ont du mal à remplir leurs salles, à trouver et à fidéliser leur public. La crise de novembre 2005 n’a pas arrangé les choses et nombreux sont les spectateurs potentiels qui rechignent à passer le périphérique. Et si la fréquentation des théâtres de banlieue relevait de la résistance politique et du geste citoyen ?

D’Alfortville, Antony, Asnières, jusqu’aux Ulis, à Vincennes ou Vitry-sur-Seine : il suffit de consulter la rubrique « Guide des spectacles » de TheatreOnLine pour découvrir le grand nombre de propositions artistiques dont regorgent les villes de banlieue. De surcroît, dès qu’on se rend sur place de Paris, on s’aperçoit que les transports en commun y conduisent souvent plus vite que d’un point à un autre de la capitale, qu’on y est chaleureusement accueillis, comme au Théâtre Jean-Arp de Clamart ou au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, que l’on y mange souvent avant ou après le spectacle dans des ambiances conviviales, comme celle du Théâtre 71 à Malakoff ou celle du Théâtre de la Commune à Aubervilliers, dans des cadres épatants, comme celui de l’Usine Hollander à Choisy-le-Roi, que des rencontres intéressantes y sont organisées avec metteurs en scène et comédiens, et surtout qu’on ne risque pas sa peau en y allant !

Catherine Robert

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Les Mangeurs de lapin

Catherine Robert



Adeptes du développement du râble, des calembours potaches, des blagues farfelues et des postiches grotesques, les Mangeurs de lapin, trio déjanté et décalé, proposent un spectacle baroque et drolatique. Revisitant les standards du music-hall, ils composent une revue attrayante, pittoresque et cocasse, qui joue avec finesse des lois spectaculaires du genre et des attentes du spectateur. Faux ratés et impayables maladroits, les trois zigotos se révèlent d’authentiques virtuoses, le geste sûr et la farce assurée, en une série de saynètes épatantes de drôlerie et sacrément efficaces. Sigrid La Chapelle, Dominic Baird-Smith et Jean-Philippe Buzot vont vous faire aimer le lapin !

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Frankenstein Junior

Pascal Bracquemond



Après avoir triomphé à Broadway avec The Producers, Mel Brooks décide d’adapter un autre de ses films en comédie musicale. Young Frankenstein ouvre en novembre 2007 mais le succès sera moins important. Après 14 mois (tout de même) les représentations prendront fin alors que The Producers avait fait les beaux soirs de Broadway durant 6 ans ! Ce « demi-échec » explique sans doute que ce musical n’a pas été repris à Londres et c’est une agréable surprise que LV Shows ait décidé d’en produire une version française.

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Une Maison de poupée

David Larre



Pièce récurrente de la saison, « tube » ibsénien par excellence, Maison de poupée est une œuvre à la fois trop connue pour son supposé féminisme et trop propice à la convention théâtrale. La partition hautement acrobatique laissée à l’interprète de Nora, ainsi que l’agencement implacable des situations, dictent un rythme et une tonalité qui limitent parfois la proposition d’une mise en scène originale. En confiant à Marina Foïs, à la fois grave et versatile, et à ses partenaires également excellents, le soin de l’incarnation, Jean-Louis Martinelli résout une partie du problème. Reste une lecture de la pièce vaguement moderniste, un peu sage et glacée, qui ne laisse éclater ses qualités que dans le dernier acte.

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Auslöschung / Extinction

Caroline Châtelet



Avec la complicité d'Alain Françon et Blandine Masson, Serge Merlin donne à entendre Extinctions, récit de Thomas Bernhard. Sous-titré « Un effondrement », ce texte, dont la violence du propos saisit par son intensité, nous donne à voir la rencontre magistrale par l'intimité partagée entre un auteur et un comédien.

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À mon âge je me cache encore pour fumer

Caroline Châtelet



Après Mary Stuart de Friedrich von Schiller, Fabian Chappuis met en scène À mon âge je me cache encore pour fumer, pièce qui nous plonge au cœur de l'Algérie contemporaine et de ses paradoxes. Écrit par Rayhana, le texte brosse le temps d'une journée au hammam une galerie de portraits féminins, dévoilant la complexité des rapports des femmes à leur corps et à la société. Une mise en scène soignée fondée sur l'interprétation directe et valorisant l'écriture quasi documentaire de l'auteur.

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Warren Zavatta

Myrto Reiss



Au diable le nez rouge, à la poubelle les massues, aux oubliettes la musique ! Toute la tradition circassienne mise en pièces, pulvérisée, numéro après numéro et au détail près. Warren n’est pas un adepte du nouveau cirque, ni un militant pour la protection animale. Il est le petit fils du célèbre clown Achille Zavatta, a grandi dans une caravane, toujours en vadrouille, en compagnie de tout l’exotisme du bon vieux cirque. Maintenant adulte, jongleur, musicien, comédien et fin humoriste, Warren signe un one-man-show désopilant et plein de tendresse, où il règle ses comptes avec la grande famille Zavatta qui a émerveillé notre enfance et marqué au fer la sienne. Un vrai régal.

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La comédie indigène

Agnès Jaulin



Drôle et percutante, cette Comédie indigène se joue avec habileté des préjugés. Des représentations et discours de la période coloniale, Lofti Achour a en effet sélectionné quelques « perles » (parfois signées Flaubert, Maupassant ou autres grandes plumes) qu’il exploite sur le mode de la dérision. Toute en finesse dans ce registre du second degré, l’entreprise de dénonciation est efficace : on rit autant qu’on se choque de cette condescendance ordinaire, de ces clichés aux relents xénophobes, de tous ces travers qui ont certainement encore un peu la peau dure…

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