L'ACTUALITÉ ET LES CRITIQUES LES SELECTIONS
EDITO A L'AFFICHE :
SPECTACLES CHRONIQUES
BANDES ANNONCES  
EQUIPE EDITORIALE ARCHIVES
COUPS DE COEUR
MEILLEURES VENTES
Accueil > Journal du théâtre


Edito

La dramaturgie contemporaine en dix spectacles

De nouvelles formes théâtrales pour appréhender le monde d’aujourd’hui

Les amateurs de théâtre intéressés par ce qui se passe aujourd’hui dans l’écriture dramatique peuvent se sentir un peu désorientés. En effet, loin semblent les temps où une poignée de noms, dont Genet, Beckett ou Ionesco, faisaient incontestablement autorité dans le territoire contemporain de l’écriture théâtrale. Un ensemble plus vaste d’auteurs français et étrangers leur a succédé dans les trois dernières décennies. Si leurs noms sont plus difficilement repérables, ils n'en sont pas moins à l’origine d’une exploration de formes qui provoquent et renouvellent la scène, et d’écritures qui interrogent avec acuité et intelligence le monde actuel. Il est impossible d’embrasser tout ce dense et passionnant ensemble de dramaturgies contemporaines dans un seul article. Plus modestement, nous avons repéré dans le premier trimestre 2008 de la saison théâtrale, une dizaine (et quelques bonus !) de mises en scène de qualité de textes écrits par quelques-uns des meilleurs auteurs contemporains. Voilà donc une liste hétérogène et forcément incomplète, mais qui vous permettra de vous faire une idée, en un trimestre, du richissime paysage des écritures théâtrales contemporaines.

Guillermo Pisani

Lire l'édito


Héros-limite

David Larre



Entrer dans la poésie de Ghérasim Luca, poète roumain ayant choisi le français comme langue d’exil, c’est faire une singulière expérience : assister, comme étranger à sa propre langue, à la naissance de celle-ci, à un bégaiement continu par lequel la parole se met en scène, enfante elle-même un monde où le trivial le dispute au métaphysique, où le corps ploie sous le poids d’un fardeau inconnu, où le vide et le plein, la mort et la vie, l’absence et l’érotisme sont comme les faces réversibles d’une même expérience. Expérience terrifiante et belle que le travail de mise en voix de Laurent Vacher éclaire avec sobriété et force : Alain Fromager, tout entier possédé par la diction, sécrète physiquement chaque syllabe.

Lire la critique



Cinq hommes

David Larre



La compagnie du Passage met en scène une pièce de Daniel Keene qui ressemble, de prime abord, à un dispositif aussi bien conceptuel que politique. Cinq hommes sans qualités plus remarquables que leur statut d’immigrés et de demandeurs d’emploi partagent la même piaule, le même chantier de maçonnerie, les mêmes parties de cartes le soir au bar du coin. Un Africain, un Maghrébin, un Espagnol, un Roumain et un Polonais, séparés par leur langue et leur histoire, perdus dans un no man’s land ouvrier qui ressemble à tous les lieux de l’Occident où l’on utilise une main d’œuvre clandestine bon marché, facile à exploiter et à remplacer. La réussite de la mise en scène tient moins à la dramaturgie (propos un peu général, traitement inégal des personnages, mélange un peu facile de bons sentiments et de cruauté) qu’à la formidable qualité d’incarnation des comédiens et à une scénographie astucieuse.

Lire la critique



Une Odyssée

Myrto Reiss



Des sirènes qui chantent le blues, des fleurs de lotus qui rendent très peace and love, un messager des dieux qui se balade en trottinette, des prétendants ridicules qui se bousculent au château… Mais où sommes nous ? Et bien, nous sommes chez nous et Ulysse et ses marins, accompagnés de Calypso en danseuse du ventre, du terrible cyclope Polyphème ou de la méchante Circée transformant tout le monde en cochon avec sa baguette magique, sont venus nous rendre visite. Irina Brook nous présente Une Odyssée, la sienne, dans un espace vide, où la magie du théâtre naît surtout du jeu des comédiens. Un spectacle frais et amusant à voir en famille, après une petite révision des chapitres phares du poème d’Homère.

Lire la critique



Road to Mecca

David Larre



Qu’y a-t-il au bout de la route qui va de Cape Town jusqu’au plus profond du bush africain ? Un petit village peuplé d’Afrikaners plutôt bien campés dans leur tradition coloniale, et de natifs plus ou moins heureux de leur sort. Au milieu d’eux, deux amis dépareillés, un pasteur (Marius) rivé au sens qu’il donne à sa mission et une étrange vieille femme (Miss Helen), à la limite de la rupture de ban, sculpteur sauvage, sorte de « Facteur Cheval » du coin, dont la vue baisse et l’esprit vacille. En allant au secours de cette dernière, Elsa, enseignante militante au Cap, va précipiter, le temps d’une soirée, les choix les plus définitifs. En s’inspirant de la vie d’Helen Martins, artiste sud-africaine, Athol Fugard, a écrit la belle partition d’un trio dont les accords mineurs et les désaccords, toujours majeurs, sonnent juste. La mise en scène soignée de Habib Naghmouchin, portée avec ferveur par ses comédiens, mérite largement qu'on fasse le détour par la Boutonnière.

Lire la critique



Eric Antoine – Satisfait ou remboursé

Agnès Jaulin



Cet homme est fou, courez le voir ! Grand gaillard tiré à quatre épingles, Eric Antoine est un OVNI de la scène. Sa spécialité ? L’illusion. A commencer par l’illusion des genres : non il n’est pas un grand nounours inoffensif mais un redoutable showman. Et lorsqu’il pratique son art, il est plus proche d’un Dr Frankenstein sujet aux transes intellectuelles mâtiné d’un Garcimore avec option humour noir que d’un classique Majax. Ajoutons à cela qu’il est un peu peste. Qu’il est mélomane et prompt à se déhancher sur n’importe quelle musique et le portrait est… encore trop approximatif !

Lire la critique



L’Antichambre

Agnès Jaulin



Elles ont l’énergie rhétorique de leurs personnages et font vivre la langue avec une indéniable éloquence. Le verbe tendu, d’un cynisme éclatant et très inspiré, Marie du Deffand trouve en Danièle Lebrun une excellente incarnation. Julie de Lespinasse, dont la fraicheur et l’enthousiasme intellectuel triomphe d’une certaine naïveté habite avec passion Sarah Biasini. Dialectique entre attachement et rivalité, leur confrontation est un régal, leurs mots de véritables sucreries flattant l’intellect : des objets raffinés d’humour.

Lire la critique



Femmes de Manhattan

David Larre



Trois amies new yorkaises au caractère bien trempé, plus profondes mais à peine moins délurées que leurs consoeurs de Sex and the City, se laissent aller, à la faveur d’une soirée arrosée, à la confidence amoureuse. Sûres d’elles-mêmes et de leur jugement sur les autres, empathiques et confuses, aussi drôles qu’acerbes, capables d’invoquer l’amitié en se jetant des horreurs à la figure, elles n’en finissent pas de nouer et dénouer les fils de leurs vies à la recherche du grand changement qui compte. Dans une mise en scène sobre fleurant bon le New York de Woody Allen (notes de jazz et tonalités nocturnes, névroses à tous les étages et salves de bons mots), les comédiens se laissent avec un certain bonheur à la pente naturellement comique ou grave de leur personnage. Le charme prend.

Lire la critique



Christelle Chollet - L'empiafée

Agnès Jaulin



Un talent explosif, un charme fou, un spectacle haut en couleur : la pétillante et lumineuse Christelle Chollet met le feu au répertoire de Piaf ! S’emparant des standards de la môme - qu’elle relooke avec pep’s - cette jolie tornade blonde est tout simplement bluffante. Elle assure, et pas seulement sur le plan vocal. A l’aise dans le chant comme dans le show, elle vous retourne la scène, vous amuse, vous émeut, vous impressionne, vous séduit au cours d’une époustouflante prestation. Chapeau bas Mademoiselle Chollet, vous avez tout d’une grande !

Lire la critique



Chat et souris

Agnès Jaulin



Comédie nerveuse et tonique, Chat et souris a pour principale et distinctive qualité de maintenir en atouts ce qui vire habituellement en travers dans les pièces de boulevard. Car si l’absurde y donne dans la surenchère, si les mensonges et quiproquo s’y offrent cette escalade vers la folie, c’est sans saturer la sensibilité du spectateur aux caractéristiques du genre. Optimisée par le jeu nuancé des acteurs, méticuleusement orchestrée dans une mise en scène énergique et rythmée, la progression vers le délire est bien menée et offre deux heures de bonne humeur non stop.

Lire la critique



Tais-toi et parle-moi

Guillermo Pisani



Le bonheur dans le couple, est-il possible ? Avec sagacité et humour, David Thomas fait l’inventaire des avatars de l’amour et du désir, à travers le temps, depuis les frémissements des premières rencontres jusqu’à la tendresse résignée du vieux couple, en passant par le désarroi des crises à mi-chemin, quand la magie des commencements s’est dissipée et ne cache plus les problèmes. Trois couples et une célibataire endurcie déclinent au long de courtes scènes aux dialogues syncopés les variations de ce malentendu, qui semble fonder l’espoir du bonheur conjugal. Sept comédiens sympathiques et bien dirigés donnent vie à cette comédie agréable.

Lire la critique



Génération Jeans

Guillermo Pisani



Fidèle à son engagement avec les dramaturgies qui abordent avec lucidité la réalité sociale et politique contemporaine, le Théâtre-Studio d’Alfortville, dirigé par Christian Benedetti, accueille le Théâtre Libre de Minsk, dans le cadre du festival Belprojet, qui a pour but de sensibiliser le public aux atteintes aux droits de l’homme en Biélorussie et de promouvoir la solidarité avec les artistes persécutés, tout en permettant de connaître leurs œuvres. Sous l’égide du régime autoritaire du président Alexandre Loukachenko, réélu pour la troisième fois en mars 2006, la Biélorussie connaît une augmentation des lois répressives et une progressive détérioration des libertés civiques. Nikolaï Khalézine, dramaturge et journaliste contestataire qui a connu les prisons du régime, crée en 2004 l’Association de dramaturges et scénaristes biélorusses, puis en 2005 le Théâtre Libre de Minsk, fer de lance de la scène biélorusse indépendante, en opposition à la censure et à la culture officielles. Dans Génération Jeans, texte écrit en collaboration avec Natalia Koliada, son épouse et cofondatrice du Théâtre Libre, il dresse un portrait personnel et vivant de la Biélorussie, à partir de sa propre expérience de lutteur pour la liberté, sous la forme d’un one man show direct, drôle et captivant. Après la Révolution de Velours en Tchécoslovaquie et la Révolution Orange en Ukraine, Khalézine voudrait dans son pays une révolution bleue comme la couleur des jeans, symbole de résistance et espoir de liberté. Militant et nécessaire, Génération Jeans a, au-delà du spectacle, une valeur de témoignage. Le théâtre s’affirme ici comme l’un des rares lieux où subsistent encore une mémoire et une conscience politiques. Le Théâtre Libre sera aussi en résidence avec deux autres spectacles : Technique de respiration dans un espace sans air, de l’écrivaine russe Natalia Moshina, et les pièces Nous identification et Belliwood.

Lire la critique



Le petit chaperon rouge

Guillermo Pisani



Il y a des images, que nous voyons quand nous sommes enfants, qui nous impressionnent d’une façon durable. Quand ces images sont d’une grande beauté et d’une grande force, et que leur contenu touche à l’essentiel qui, comme sait tout un chacun, est invisible pour les yeux, elles nous accompagnent probablement toute la vie, elles demeurent quelque part en nous et continuent à nous envoyer leurs vitales interrogations. Il est fort possible que quelques-uns des enfants qui suivent émerveillés, entre amusement et peur, le voyage initiatique de ce conte-spectacle de Joël Pommerat, se rappelleront, adultes, de ce Petit Chaperon rouge beau et poignant, comme l’une de ces images fondatrices.

Lire la critique



Si ce n’est toi

Catherine Robert



18 juillet 2077 : société policière et amnésique, intérieur blême, intimité colonisée par un despotisme pervers et obsessionnel qui a anesthésié les consciences. Jams rentre dans l’appartement où l’attend Sara et lui fait le récit de sa journée ordinaire de soldat de l’ordre. Rien ne semble devoir enrayer la machine démente de ce couple soumis aux mœurs totalitaires d’un monde en déréliction. Mais on frappe à la porte… Le désordre pénètre dans l’appartement avec le frère de Sara qui a traversé le pays entier pour la retrouver. L’équilibre psychotique se défait, les chaises volent, la mise à mort de l’intrus est programmée et plus rien ne va dans le meilleur des mondes possibles. Edward Bond fait exploser une bombe dans la tranquillité de nos esprits benoîts, Alain Françon installe les conditions de la déflagration avec efficacité et talent et trois comédiens géniaux servent l’entreprise. A ne rater sous aucun prétexte !

Lire la critique




Recherche
 
 
Recherche avancée
Nos Sélections
Coups de coeur
Meilleures ventes
Bandes annonces
Premières
Mon journal par e-mail
 
Se désabonner
Espace Adhérent
Devenir adhérent
Pourquoi être adhérent
Meilleurs tarifs / invitations
Offre CE
Service Client
Première visite
Questions fréquentes
Comment réserver
Nous contacter
Recommander Theatreonline.com à un ami
Faire de Theatreonline.com ma page de démarrage




L'ACTUALITÉ ET LES CRITIQUES LES SELECTIONS
EDITO A L'AFFICHE :
SPECTACLES CHRONIQUES
BANDES ANNONCES  
EQUIPE EDITORIALE ARCHIVES
COUPS DE COEUR
MEILLEURES VENTES

Accueil - Aide - Paiement sécurisé - Confidentialité - Conditions générales de vente - Contacts - TheatreOnline.com recrute - Index - Qui sommes-nous
Conditions d'utilisation du site - Copyright © 1999-2000 TheatreOnline - Tous droits réservés