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Edito

Scènes d’une nuit d’été

Ce soir, nul besoin de chercher à réparer la climatisation, de traquer l’émoi sportif qui semble avoir déserté la petite lucarne, ou même de trouver du réconfort auprès du énième blockbuster de saison : cet été, c’est sur la scène, souvent en plein air, que le petit supplément d’âme, le rafraîchissement inattendu, le frisson et l’humour, vous seront apportés.

Pour ses vingt ans, le festival Paris quartier d’été, prolonge les bienfaits de sa politique éclectique, en alternant centre et périphérie, spectacles payants et gratuits, danse, théâtre, musique et cirque. Sur la scène construite dans le cadre classique du Palais-Royal, la part belle sera dévolue à la danse contemporaine (reprise de deux pièces de Dominique Bagouet par le Ballet du Grand Théâtre de Genève), aux soirées flamenco (Pastora Galván, sœur d’Israel Galván, Rocío Molina, pour la première fois en France, ou encore Sistema Tango), à la musique pop-rock lyrique et théâtrale de The Irrepressibles (avec son chanteur-phénomène, Jamie Mac Dermott qui rivalise en vocalises extravagantes et déchirantes avec Antony Hegarty) ou au cirque acrobatique d’une troupe de Tanger mise en scène par Zimmermann & de Perrot. Dans les autres salles, la même diversité est de mise : le Théâtre Monfort accueille la reprise de La Dame de chez Maxim (15 au 31 juillet), pièce à succès de la saison passée, vigoureusement mise en en scène par Jean-François Sivadier avec ses comédiens, habitués et néanmoins excellents (Norah Krief, Nicolas Bouchaud entre autres) ainsi que l’épopée arabe classique Baïbars, le mamelouk qui devint sultan, mise en scène par Marcel Bozonnet pour Les Comédiens-Voyageurs, troupe internationale dont les comédiens et musiciens viennent de Syrie, d’Algérie et de France. Venue des antipodes, la compagnie australienne alternative et radicale Acrobat proposera, de son côté, Propaganda un spectacle minimal, ludique et réflexif, au Théâtre de la Cité Internationale (15 juillet-15 août). Le festival investit encore l’Église Saint-Eustache pour quelques soirées de musique sacrée (chants soufis de Mayotte, Anass Habib, récital flamenco d’Inés Bacán) et étend ses ailes dans de nombreux jardins de Paris pour des spectacles musicaux gratuits (tango, klezmer, mandingue, bal à la portugaise, etc.).

David Larre

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La tragédie de Richard II

Alice Carré



Créée dans la Cour d’honneur du Palais des papes par Jean-Baptiste Sastre avec Denis Podalydès dans le rôle-titre, cette nouvelle version de Richard II est d’autant plus attendue qu’elle reprend le texte choisi par Jean Vilar pour l’inauguration du premier festival d’Avignon en 1947. D’un conformisme affiché, la mise en scène, qui semble s’inspirer de la façon vilarienne, réserve la part belle à un plateau dépouillé et aux costumes d’époque. Malgré quelques scènes convaincantes, cette proposition manque de relief et s’empêtre dans l’esthétique datée à laquelle elle cherche à rendre hommage.

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Combat de nègre et de chiens

Hélène Ling



Invité cette année à Paris, Michael Thalheimer s’empare du Combat de nègre et de chiens de Koltès pour en insuffler aux comédiens français une vision puissante et distanciée, brillamment conceptuelle et servie par une remarquable scénographie. Il transforme le chantier africain en un lieu d’enfermement abstrait, un microcosme tissé d’humain et de bestialité où implosent les destins de quatre solitaires. Stylisée parfois à la limite du maniérisme, la mise en scène aux accents du Deutsches Theater de Berlin séduit par son inventivité, et par sa force évocatrice incarnée dans le jeu des acteurs.

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Miam Miam

Agnès Jaulin



Barrée, baroque, drôle et drôlement inspirée : ainsi va Miam Miam, la nouvelle fantaisie théâtrale de l’infatigable Edouard Baer. Aux commandes d’un joyeux bazar où situations délirantes, intermèdes loufoques et absurdités inventives fusent çà et là, le dandy du rire active avec virtuosité nos zygomatiques. Humour ciselé, incartades digressives, rhétorique délicieusement alambiquée : les attributs habituels du comédien sont au menu d’une prestation que l’on apprécie également pour sa qualité d’ensemble. Porté par sa propre énergie comique, chaque comédien se distingue et contribue, par le jeu des interactions, à créer une véritable ambiance de troupe : réjouissant.

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Notre terreur

Guillermo Pisani



Neuf comédiens (neuf hommes) se lancent avec conviction dans une intéressante tentative, encore en devenir, de cerner la myriade de questions historiques ouvertes par l’apogée et la chute de Maximilien de Robespierre. Chronique, discours, faits et personnages historiques sont passés par la moulinette de la compagnie D’Ores et déjà, dirigée par Sylvain Creuzevault : goût de l’expérimentation et du « work in progress », prééminence du jeux des comédiens sur le texte, composition protéiforme par superposition d’éléments. Même si les acteurs ont une maîtrise remarquable du temps de la représentation, la densité du matériau historique résiste encore un peu à la dynamique du spectacle.

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Bulle ou la voix de l’océan

Agnès Jaulin



Elle élève et fait rouler ses vagues, régule le puissant bruit de leur ressac comme un chef d’orchestre passionné. Elle s’offre, en dramatique diva, au cinglement du vent, ou swingue plus simplement dans le clapotis continuel de son instable surface. Le trio vocal jazz Délicieuse Vinaigrette ne s’y est pas trompé : la mer est une grande dame de la chanson. Orgueilleuse mais sympathique, elle ouvre le bal de Bulle : elle, l’immense et majestueuse étendue salée, qui ne jalouse ni le ciel ni la terre, va raconter l’histoire d’un petit coquillage parti rencontrer les hommes. Articulant théâtre d’ombres, chant et danse, un spectacle rondement mené qui réunit tous les ingrédients pour enchanter son jeune public et devrait plus particulièrement toucher les petites oreilles sensibles aux couleurs du jazz vocal.

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