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Passer le périphérique
Le périphérique, qui entoure Paris comme jadis les fortifications extérieures de la capitale sur le site desquelles il a été construit, semble conserver des bâtiments militaires qu’il a remplacés la même fonction de démarcation. La zone, bande de terre en avant du mur, de son fossé et de la contrescarpe, non constructible par sécurité, et rapidement occupée par les misérables, semble encore exister symboliquement, formant une frontière hermétique entre la ville et ses alentours. On va peu en banlieue et les théâtres et centres culturels qui s’y trouvent ont du mal à remplir leurs salles, à trouver et à fidéliser leur public. La crise n’a pas arrangé les choses et nombreux sont les spectateurs potentiels qui rechignent à passer le périphérique. Et si la fréquentation des théâtres de banlieue relevait de la résistance politique et du geste citoyen ?  D’Alfortville, Antony, Asnières, jusqu’aux Ulis, à Vincennes ou Vitry-sur-Seine : il suffit de consulter la rubrique « Guide des spectacles » de TheatreOnLine pour découvrir le grand nombre de propositions artistiques dont regorgent les villes de banlieue. De surcroît, dès qu’on se rend sur place de Paris, on s’aperçoit que les transports en commun y conduisent souvent plus vite que d’un point à un autre de la capitale, qu’on y est chaleureusement accueillis, comme au Théâtre Jean-Arp de Clamart ou au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, que l’on y mange souvent avant ou après le spectacle dans des ambiances conviviales, comme celle du Théâtre 71 à Malakoff ou celle du Théâtre de la Commune à Aubervilliers, dans des cadres épatants, comme celui de l’Usine Hollander à Choisy-le-Roi, que des rencontres intéressantes y sont organisées avec metteurs en scène et comédiens, et surtout qu’on ne risque pas sa peau en y allant ! Catherine Robert
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l'édito
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Les Caramels Fous
Catherine Robert
Voilà presque trente ans que les Caramels fous, véritable institution du monde gay, détournent les standards de la variété en des revues déjantées et iconoclastes.
Cette troupe d’amateurs passionnés, chahuteurs et délirants, n’a rien à envier aux professionnels. Les voix sont justes, la gambette est légère, les chorégraphies (dirigées par Alma De Villalobos) et le travail choral (réglé par Nicolas Kern) sont impeccables. Rien n’est laissé au hasard chez les Caramels fous. Tout, de l’efficacité des petites mains à l’abattage des interprètes, en passant par la gentillesse des ouvreuses d’un soir, est l’occasion d’un excellent divertissement. A cela, s’ajoute la patte de « la mère Michel », Michel Heim, qui invente pour la troupe des paroles insolentes et désopilantes, offrant à Pas de gondole pour Denise, nouvel opus caramélisé, un goût libertaire des plus savoureux.
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Dedans Dehors David
Myrto Reiss
Après un triptyque (dont le deuxième volet, Fées, saisissait par son étrange beauté) remuant le néant qui paralyse les derniers nés de la génération X, après une collaboration constante avec Ronan Chéneau pour l’écriture, le jeune metteur en scène David Bobee s’empare pour la première fois du texte d’un autre. L’américain Dennis Cooper fait partie de ces auteurs post-beatnik, un peu trop « destroy », se revendiquant de la culture punk. De son premier roman, Closer, composé de huit chapitres – portraits trash de post-adolescents, David Bobee choisit celui où la violence est la plus intériorisée et donne l’occasion à Fanny Catel-Chanet de réussir une performance de haute qualité, dans l’interprétation du singulier et ambivalent personnage de David.
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