 |
 |
Informations pratiques
|
|
|
| |
|
| |
A l'affiche
du 5 mars au 24 avril 2009
Au hasard des oiseaux
déchargeurs
3, rue des Déchargeurs
75 001 Paris
Métro : Châtelet, sortie rue de Rivoli (ligne 1-4-7-11-14)
RER : Châtelet-les-Halles (A-B-D)
Bus : 21,38,47,58,67,69,70,72,74,75,76,81,85,96
Borne de Taxis : Place Châtelet
En savoir plus sur cette salle
|
 |
|
|
 |
|
|
|
 |
 |
 |
 |
| |
|
|
|
Au hasard des oiseaux déchargeurs (Paris)
|
|
|
Jacques en jazz
Une cave voûtée ambiance vieilles pierres, lumière orangée et petites tables intimes. Trois hommes sur une minuscule scène enlacent leurs mots, la contrebasse et le piano pour mieux servir un « homme à tête d’homme », un certain Jacques Prévert. Un très joli moment d’osmose sur fond d’intelligence revigorante. Mis en scène par Antoine Régent, ce trio jazz nous fait entendre un Prévert plus sombre que celui que l’on connut sur les bancs de l’école. Original et talentueux !

Antoine Régent s’est emparé de la langue du poète avec, par instants, l’intensité fiévreuse d’un Philippe Léotard. Pour autant jamais il ne déborde, son jeu reste subtil et si les mots se cognent parfois dans sa bouche, il en ressort toujours une impression de fébrilité contenue et juste. Ses mains qui se tordent, se nouent et s’emmêlent racontent le texte autant que lui. On aperçoit la baronne qui regarde la mer, le vagabond qui ne supporte plus « le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain », la femme qui n’appartient à personne ou les oiseaux qui « donnent l’exemple comme il faut ».
On erre au milieu de ce fleuve poétique, chahuté par la musique qui se fait oppressante, accompagnante, liante ou envoûtante au gré des œuvres interprétées. Laurent Sauvageot et Nicolas Vaslier sont les compositeurs inspirés de cette singulière partition. Ce qui ici nous frappe, c’est qu'au-delà de leur statut de musiciens qui accompagnent un comédien, ils en viennent par moments à heurter le texte de leurs scansions, déstabilisant ainsi l’harmonie du trio, pour mieux, l’instant d’après, venir épouser les mots de Prévert. Ainsi, la musique s’enferme comme un disque qui se raye pour nous parler du temps, du temps qui passe, du temps qui se fige, et l’instant d’après, elle se fait ritournelle mélancolique pour accompagner les pas de l’homme qui pleure son amour. Le spectacle s’achève sur un hommage à Robert Desnos, entamé dans un silence suspendu. Des petits bouts de quotidien, à peine décalés, à venir écouter tendrement.
Stéphanie Richard |
|
|
|
|
 |
 |
 |
|
 |