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Informations pratiques
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A l'affiche
du 19 au 21 septembre 2005
Les Sea Girls
Point Virgule
7, rue Sainte Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
Métro : Hôtel de Ville (ligne 1-11) Bus : 75 arrêt La Verrerie ou 29-67-69-76-96 arrêt rue Vieille du Temple Parking : 4 rue Lobau
En savoir plus sur cette salle
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Les Sea Girls Point Virgule (Paris)
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Aquatique cabaret
Excentriques consœurs des sirènes de l’Odyssée, les Sea Girls n’ont rien à envier à leurs antiques aînées… peut-être même sont elles de meilleures intrigantes, de celles qui vous rendent complices de leur emprise. Car c’est sans frémir que l’on tombe sous le joug de leurs enjôleuses mélodies. Tantôt acidulées, tantôt câlines elles nous plongent dans l’univers déluré d’un cabaret girly mais pas gnan-gnan où surréalistes cocasseries, joyeuses férocités, et visuels hauts en couleurs enchantent l’œil et l’oreille. A n’en point douter, Ulysse n’aurait pas été fâché de croiser ces impertinentes !

L’extravagance sophistiquée de leur mise est déjà tout un spectacle. Joyeusement détournées, les références esthétiques des Sea Girls convoquent plusieurs figures. Celle de la geisha (port du kimono), de la créature de manga (variations chatoyantes et un brin destroy autour dudit kimono) et bien sûr de la sirène (qui émerge presque d’elle-même de la fusion entre les deux premières). Voilà donc un nouveau genre. Le genre des Sea Girls. Ou des seagulls (mouettes), tant nos bavardes et gouailleuses demoiselles ont, en matière de pia-pia, le piquant et la ténacité de ces aquatiques volatiles.
Et sur quoi déblatèrent-elles ? Les histoires d’amour bien sûr, mais pas seulement. Certes la chasse à l’homme, le blues de la célibataire et les dépressions post-rupture font partie des truculents sujets de leur répertoire. Mais les fabulettes décalées (le surprenant destin d’une bergeronnette prisonnière d’une bouse), les petits riens très essentiels (avoir pour la première fois un sac de dame) et autres incongruités ne manquent pas d’inspirer ces étonnantes créatures. Expertes en grimaces, borborygmes et petits bruits bizarres, jouant les pestes complices ou les chipies promptes à se crêper le chignon, elles assurent en outre de charmants tableaux dansés et excellent tant dans la chanson solo (où chacune fait sa « star ») que dans l’exercice polyphonique.

On se régale. Un peu comme on se régale d’un voluptueux gâteau et de son aérienne cerise. Parce que c’est léger mais pas light. Parce que leur effervescente joie de vivre est comme portée par une folle sagesse, celle qui s’exprime dans un « hymne » où sont réhabilitées d’apparentes et truculentes contradictions (« c’est pas parce qu’on est une femme qu’on connaît le prix du beurre ») et proclamés les vrais petits bonheurs de l’existence (« chanter des chansons » au même titre que « faire pipi sur le gazon »…). C’est ludique, décalé, pas prise de tête pour un sou, et en même temps très inspiré et très généreux : le genre de créativité qui vous bariole le cœur d’une solide couche de bonne humeur.
Une vraie réussite, portée tant par la personnalité de ces quatre sirènes, que par le talent des divers contributeurs. Parmi eux, Jean-Max Rivière qui a concocté une bonne partie des chansons du répertoire : le charme joueur et rétro de ses séduisantes ritournelles sied particulièrement à ces dames. Familier du groupe, Fred Pallem signe les arrangements musicaux et offre au spectacle une impeccable tenue sonore. Du beau monde en amont de cet univers, mais sur scène également, les miss sont bien entourées : les deux musiciens sont témoins et parfois acteurs de leurs folies…que de surprises en perspective !
Agnès Jaulin |
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