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Informations pratiques
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A l'affiche
du 5 au 30 août 2008
Accidents
TARMAC de la Villette
Parc de la Villette
75019 Paris
Parc de la Villette, juste derrière la Grande Halle
Métro : Porte de Pantin (ligne 5) ou Porte de la Villette (ligne 7)
Bus : PC2-PC3-75-151 arrêt Porte de Pantin
Borne Taxis : place Porte de Pantin
Station Vélib : n°19018,19017,901,19123
Parking : sous la Cité de la Musique (payant), Cité des Sciences - Porte de la Villette
Accessible aux personnes à mobilité réduite, merci de le préciser lors de votre commande.
En savoir plus sur cette salle
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Accidents TARMAC de la Villette (Paris)
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La minutie du malheur
Les accidents sont les péripéties qui donnent à la vie sa saveur, épices d’un devenir tragi-comique qui tend fatalement à une dernière chute. Le Théâtre des Alberts (basé à La Réunion) a choisi de travailler par l’écriture le motif de l’accident afin de donner vie à des personnages cocasses transformés en marionnettes touchantes, dont les tranches de vie, mises bout à bout dans une valse douce-amère, forment un collier de saynètes précieux et original. Les nombreuses trouvailles esthétiques servent un propos souvent cruel que la virtuosité de la manipulation, la grâce poétique des personnages, la diversité des supports allègent de tout poids superflu.

Chaque séquence installe un univers particulier, un dispositif original dont le protagoniste est le cœur mystérieux : Félicité, marionnette grandeur nature, investit les gestes d’un quotidien usé que l’attente d’Hector, si fidèle et pourtant brutalement disparu dans la nature, rend pesant ; Giuseppe, petite marionnette de garçon, subit les assauts d’une mamma dominante, dont le corps investit physiquement tout l’espace, bouche s’ourlant de rouge à la fenêtre, mains et jambes traversant les ouvertures de la maison, jusqu’à l’étouffer. Une petite tour d’immeuble met en place la superposition des solitudes de locataires qui, d’ombres chinoises en fenêtres ouvertes sur le vide, risquent pourtant un peu d’eux-mêmes. La plus belle des séquences, à la fois la plus sophistiquée et la plus risquée, s’organise autour de la vie d’une vieille femme grabataire, Margareth, qui ne rêve plus que d’une chose : écourter sa vie pour rejoindre Luis, son amour de toujours.
De l’un à l’autre des protagonistes (six au total), la même répétition absurde de la déliaison, affective, familiale ou sociale, l’attente absurde que le monde réponde enfin à leurs désirs, la fragilité consubstantielle qui les rend tous susceptibles de glisser sur la moindre des peaux de banane que l’existence, en cela généreuse, leur réserve à intervalle régulier. L’inconnu tient au fait de savoir comment ce coquin de sort, entre effet papillon, évidence cachée et effet boomerang, va bien pouvoir les atteindre. Et c’est en cela que les comédiens se montrent inventifs : en déplaçant les craintes, accumulant les chutes inattendues ou poussant les dispositifs visuels dans le sens de leur pente naturelle, ils sont le deus ex-machina, terrible dans son impartialité, qui porte le récit à son terme.
Il est assez étonnant de voir comment l’art de la marionnette des Alberts, au-delà de la technique de manipulation ou du réalisme des expressions (les visages des pantins sont ici très émouvants), peut se permettre une grande liberté de ton : sujets casse-gueule ou tabous (le maintien artificiel de la vie, la dépendance affective), traitement à la fois frontal et esthétique, le petit « théâtre de la cruauté » qui en résulte est tout à fait impressionnant.
Photo : © Gilles Dumur
David Larre |
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