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So jazzy girls !

Agnès Jaulin
mardi 22 juillet 2008


La gaité de leur swing est irrésistible, le charme rétro de leur univers absolument réjouissant! Natis et Yuna, les bien nommées So jazzy girls ravivent dans le joyeux tourbillon de ce spectacle tout l’éclat des Années folles. Le Charleston endiablé qu’elles pratiquent dans sa flamboyante version Tap dance est sans conteste leur atout maître. Mais nos deux claquettistes, mi chanteuses mi danseuses, mi fées mi clowns, excellent aussi dans des standards jazzy plus langoureux où s’affirment de manière ludique leur féminité…et leur part masculine. Que de pétillantes variations autour du swing !

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Les Justes

Pauline Guilmot
mardi 22 juillet 2008


Le mot « corde », qui est banni du théâtre pour cause de superstition, aurait dû être le titre de la pièce mais Les Justes fut celui finalement retenu. Chez Camus, les Justes, petit groupe d’hommes dissidents, débattent de l'idée de Justice, en proie à leur humanité, au poids de leur passé. Dans la mise en scène d’Antoine de Staël au Lucernaire, le commando est féminin, habillé en costumes stylisés japonais noirs (signés Hélène Monnier) et Dora, seule femme ici, rôle justement catalyseur interprété par le metteur en scène, en porte un blanc.

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Charles Gonzalès devient… Camille Claudel

Célia Grincourt
lundi 21 juillet 2008


Impressionnant, effrayant, délirant, Charles Gonzalès nous livre une vision de Camille Claudel, la femme, l’artiste, la déchirée, dans une performance d’acteur remarquable. Il visite les souterrains de la folie et nous entraîne dans un voyage sauvage au cœur de l’âme humaine et de ses ressorts les plus complexes, nous laissant terrassés par son évocation du monstre de douleur qui hante la sculptrice de génie anéantie par l’abandon, la paranoïa et la déchéance. L’acteur s’empare de Camille Claudel et la recrée dans un spectacle dont la puissante originalité vaut le détour.

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La Part du loup

David Larre
jeudi 17 juillet 2008


La Part du loup, spectacle de fin d’étude des étudiants de la 19ème promotion de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts du Cirque, est un beau songe chorégraphié où le chemin du ciel à la terre semble souvent plus facile à arpenter, sur une corde lisse ou un mât chinois, que celui de la piste. Bouleversant les jeux d’équilibre, déployant leurs divers talents de la danse à la maîtrise des figures imposées, les étudiants, sept femmes et deux hommes, annoncent avec panache et poésie les professionnels qu’ils sont en train de devenir.

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Babemba

Agnès Jaulin
lundi 7 juillet 2008


L’impact est poignant sans être brutal, la virulence dépourvue d’agressivité : l’énergie qui traverse Babemba, contenant juste ce qu’il faut de nervosité, tient les corps dans une danse célébrant avec justesse les luttes que menèrent quatre grandes figures de l’Afrique. Le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Lumumba, le Burkinabé Sankara, le Sud-Africain Nelson Mandela sont mis en scène dans des chorégraphies de Serge Aimé Coulibaly qui font vibrer avec une égale et troublante intensité douleurs et espoirs du continent noir.

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Mère Courage et ses enfants

David Larre
lundi 7 juillet 2008


On n’apprend rien de la guerre, et surtout pas quand, telle Anna Fierling, on la vit comme une fatalité dont il faut profiter pour survivre, en ne comptant que sur soi, ses biens et sa volonté pour avancer, sans savoir lire les lignes de force de l’action politico-militaire. Mère Courage est précédée par sa réputation, rude en affaires et ayant suffisamment l’expérience des hommes pour s’en méfier ; elle n’a de faiblesse que sa maternité et paiera par là le prix de son aveuglement. La pièce, qui exprime toutes les potentialités du théâtre épique de Brecht, hisse son personnage principal au niveau des plus grandes créations de Shakespeare, dans l’ambivalence des sentiments et la démesure du rapport de force entre l’individu et l’histoire. En choisissant une scénographie précise et élégante et un usage sobre de la distanciation, Anne-Marie Lazarini laisse entendre une lecture très ouverte de la pièce. Il ne manque pas grand-chose, un peu moins de retenue du côté du jeu, un peu plus de souffle épique, pour faire du spectacle une réussite.

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