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Les Justes
Pauline Guilmot mardi 22 juillet 2008
Le mot « corde », qui est banni du théâtre pour cause de superstition, aurait dû être le titre de la pièce mais Les Justes fut celui finalement retenu. Chez Camus, les Justes, petit groupe d’hommes dissidents, débattent de l'idée de Justice, en proie à leur humanité, au poids de leur passé. Dans la mise en scène d’Antoine de Staël au Lucernaire, le commando est féminin, habillé en costumes stylisés japonais noirs (signés Hélène Monnier) et Dora, seule femme ici, rôle justement catalyseur interprété par le metteur en scène, en porte un blanc.
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Mère Courage et ses enfants
David Larre lundi 7 juillet 2008
On n’apprend rien de la guerre, et surtout pas quand, telle Anna Fierling, on la vit comme une fatalité dont il faut profiter pour survivre, en ne comptant que sur soi, ses biens et sa volonté pour avancer, sans savoir lire les lignes de force de l’action politico-militaire. Mère Courage est précédée par sa réputation, rude en affaires et ayant suffisamment l’expérience des hommes pour s’en méfier ; elle n’a de faiblesse que sa maternité et paiera par là le prix de son aveuglement. La pièce, qui exprime toutes les potentialités du théâtre épique de Brecht, hisse son personnage principal au niveau des plus grandes créations de Shakespeare, dans l’ambivalence des sentiments et la démesure du rapport de force entre l’individu et l’histoire. En choisissant une scénographie précise et élégante et un usage sobre de la distanciation, Anne-Marie Lazarini laisse entendre une lecture très ouverte de la pièce. Il ne manque pas grand-chose, un peu moins de retenue du côté du jeu, un peu plus de souffle épique, pour faire du spectacle une réussite.
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