Né en 1968 au Liban, Wajdi Mouawad a vécu en France, s’est installé au Québec.
Wajdi Mouawad est libanais dans son enfance, français dans sa façon de penser et québécois dans son théâtre. Voilà ce qui arrive quand on s’attache aux tomates, aux courgettes et aux herbes délicates d’un jardin du Liban, qu’on le quitte précipitamment pour traîner son adolescence à Paris et qu’un départ plus tard, on essaye de devenir adulte à Montréal.
Wajdi Mouawad marche ses histoires avant de les écrire. Ainsi, quand une idée lui vient, il marche et la regarde aller. C’est quand elle le dépasse qu’il se met à écrire : pour rattraper l’idée qui a su le dépasser. C’est donc en marchant que sont nées des pièces, des textes pour la radio, des textes pour les journaux, des adaptations et des traductions. Des histoires qui ont été marchées, publiées et jouées. Quand il a eu 18 ans il a commencé un roman. Quand il a eu 33 il l’a terminé.
Wajdi Mouawad a étudié à l’École Nationale de Théâtre du Canada. Il y a rencontré Isabelle Leblanc et Lucie Janvier. Ensemble ils ont créé le Théâtre Ô Parleur. Un jour Wajdi et Isabelle se sont assis dans une cuisine avec une bouteille. Ils ont parlé de leur trente ans et de la peur. De perdition et de désillusion. Des parents qui meurent et de la soif des chiens de Lautréamont qui serre la gorge. Des gens qui les inspiraient sont plus tard venus les rejoindre autour d’une autre table. Une histoire est née. Celle d’un garçon qui cherche un endroit pour enterrer le cadavre de son père. L’histoire d’un voyage, d’une identité. De la rencontre de l’Autre. C’est Littoral. Le spectacle a lui aussi fait des voyages. Il a été joué au Québec, en France et au Liban. Il a été le creuset de rencontres et de compagnonnages qui ont permis à Incendies d’être créé comme il a été créé.
Entre temps il y a eu Rêves. Puis Wajdi a été appelé à la barre du Théâtre de Quat’Sous, à Montréal. Depuis le troisième jour de l’an 2000, il y construit des saisons qui ont des bateaux dans la tête. Des voyages à travers la parole des ébranlés. Mais c’est encore et toujours sur la lune qu’il voyage le mieux.
Wajdi Mouawad est chevalier de l’Ordre National des Arts et des Lettres décerné par le gouvernement français en janvier 2002, pour l’ensemble de son œuvre.
Sa pièce Incendies a été récompensée comme le meilleur spectacle en langue française par le Syndicat de la Critique et a reçu de la SACD le Prix de la Francophonie.