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Pour son 15e anniversaire, la MCJP vous présente tout au long de l’année une programmation placée sous le signe du rire. En novembre, place à l’humour déjanté de Kegawazoku, une compagnie de filles sans tabous issue de la scène underground de Tôkyô ! Du théâtre tapageur qui assume sa vulgarité et son mauvais goût, où l’absurde flirte avec l’érotisme. Pour public averti !
- Leur première tournée à l’étranger !
La compagnie Kegawazoku a été fondée en 2000 par Junko Emoto (auteure, metteuse en scène, comédienne) et Marie Machida (comédienne) alors qu’elles étaient étudiantes à l’Université Rikkyo. Son nom, la Tribu des fourrures, est un clin d’œil à la pièce La Marie Vison de Shûji Terayama, symbole du théâtre underground des années 60.
Aucun sujet n’est tabou pour Kegawazoku. Religion, homosexualité, pornographie, misère sociale : tous ces thèmes ont été abordés dans ses pièces, mais dans le seul but de divertir. Pas de revendications politiques ou féministes, le théâtre d’Emoto pourrait être qualifié d’« érotique, grotesque et absurde », à l’instar de la culture populaire en vogue dans les années 20 et 30 au Japon.
« Le fric et les femmes » création pour la MCJP
Pour sa nouvelle pièce, Junko Emoto s’est basée sur le dernier volet du « Pop theatre show ». Dans un lieu sous les décombres, sept femmes vont être réunies : une mauvaise fille sexy, une none pas très catholique, une voyante qui lit l’avenir dans le sexe… Nulle explication n’est donnée sur ce lieu dévasté où règne une atmosphère électrique. L’intrigue, sans queue ni tête, importe peu. On apprend cependant que tous ces personnages loufoques ont été payés pour voler un objet enfoui sous les ruines... A travers cette pièce, Junko Emoto dresse avant tout une galerie de portraits féminins sous acide évoquant les héroïnes des premiers films d’Almodovar. Scènes burlesques, dialogues au rythme effréné, rivalités féminines, excitation exacerbée… Du théâtre 100 % Kegawazoku, ponctué de chansons délicieusement ringardes !
Paradoxalement, avec cette farce au décors ravagé, à travers ces personnages qui tentent de survivre, Junko Emoto a souhaité adresser à sa façon un message de soutien au Japon après le séisme du 11 mars.
Le fric et les femmes situe à l’extrême opposé des productions du « théâtre calme », mouvement phare des années 90 au Japon, incarné notamment par Oriza Hirata.
Avec cette pièce, Junko Emoto célèbre le théâtre bruyant, voire même hystérico-bordélique !
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