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Informations pratiques


A l'affiche du 6 janvier
au 14 février 2004

Tous les hommes sont mortels
déchargeurs

3, rue des Déchargeurs,   75 001  Paris
Plan d'accès

Métro : Châtelet, sortie rue de Rivoli (ligne 1-4-7-11-14)
RER : Châtelet-les-Halles (A-B-D)
Bus : 21,38,47,58,67,69,70,72,74,75,76,81,85,96
Borne de Taxis : Place Châtelet

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Tous les hommes sont mortels

GENRE : CONTEMPORAIN

Pièce de Simone de Beauvoir
Montée par Alexandra Dadier
Avec Alexandra Dadier , Christian Fromont , Philippe Triem

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Résumé
De l’adaptation

A la mise en scène

Les personnages

En 1311, le comte Fosca choisit de croire dans les vertus d’un élixir d’immortalité. Un avenir radieux s’offre à lui. Les rêves les plus fous deviennent possibles.

Quelques siècles plus tard, une comédienne en devenir, Régine, est aux portes de la gloire. Elle croise dans un hôtel, à l’occasion d’une tournée, un personnage étrange. Il n’a besoin de rien, ne mange pas, ne dort pas, et semble avoir trouvé un remède contre l’ennui. Régine découvre son nom : Raymond Fosca. Elle parvient à le faire revenir à la vie, sa récompense est grande : il lui dévoile son immortalité. Etre aimée d’un immortel, n’est-ce être soi-même éternelle dans son souvenir ? Sans doute, mais si Fosca a une bonne mémoire, parfois il oublie. C’est une malédiction.

Devenir immortel. Oui ou non ?

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Rares sont les œuvres qui mélangent avec autant de bonheur la fiction et la philosophie. C’est l’apanage des grands textes. La fiction est d’une immense richesse : on suit Fosca bien sur, mais aussi Régine, Marianne, Carlier, Catherine, Tancrède… On est aussi dans l’Histoire. De l’immortalité à la malédiction, la route est longue, parsemée d’espoirs déçus, d’amours impossibles.

Les personnages en présence et les situations auxquelles ils participent sont de dimension mythique : Fosca est déjà riche, au sommet du pouvoir, doué pour la vie, lorsqu’il a le choix de l’immortalité ; ses capacités intrinsèques lui permettent de grands rêves, loin des désirs d’une vie mesquine ; Régine est une artiste douée aux portes de la gloire lorsqu’elle croise Fosca ; son besoin d’existence est une force vitale d’une intensité peu commune.

Enfin, la fiction mène à la philosophie, à l’existentialisme, sans effort, naturellement, à l’insu du spectateur. Il n’est pas besoin de s’occuper de philosophie, elle est intimement liée à l’œuvre.

Une grande histoire, des personnages forts, un engagement philosophique sous-jacent sont les ingrédients nécessaires à la représentation scénique : ils sont ici tous réunis.

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L’adaptation du roman de Simone de Beauvoir a su respecter un élément fondamental : la structure du texte est proche de celle d’un scénario. Les scènes se succèdent avec un sentiment d’urgence, comme une course contre le temps qui passe, un combat contre la mort. Les personnages sont alors volontairement propulsés dans l’action sans présentation d’une situation préalable. L’ensemble s’enchaîne rapidement afin d’offrir au spectateur une action qui se déroule en temps réel.

L’histoire est fondamentalement axée sur la rencontre Régine-Fosca. L’évolution d’une relation amoureuse exceptionnelle entre une femme mortelle qui se voudrait immortelle et un homme immortel qui espère revivre comme un mortel. La richesse de ce paradoxe suscite une émotion et une énergie immenses, appelant souvent le rire. L’espoir démesuré de transcender une situation impossible : aucun des deux ne peut prendre la place de l’autre. A cela s’ajoute le parti pris d’entrecouper parfois leur histoire par un retour dans le temps afin de montrer le parcours de Fosca à travers ses siècles de vie.

La mise en scène se doit d’être épurée, les décors volontairement épurés pour laisser le spectateur actif et libre d’y mettre les couleurs qu’il entend. Il en est de même pour le choix des costumes qui, surtout pour les scènes historiques, seront stylisés par l’emploi d’un détail visuel qui aidera le spectateur à définir l’époque. Enfin, les lumières seront une aide précieuse à l’identification des différents lieux qui parsèment l’histoire exceptionnelle que l’imaginaire de Simone de Beauvoir nous offre.

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Régine
Femme de son temps, le 20ème siècle, elle est la femme moderne par excellence : pleine de vie, libre, ambitieuse, indépendante… Elle veut tout simplement être célèbre et reconnue pour son talent. Elle est actrice. Un jour, son regard se pose sur Fosca. Elle sent l’être exceptionnel. Elle n’a de cesse de se faire remarquer par lui et se faire aimer. Etre aimée par un immortel, une situation peu commune qui permet bien des espoirs : être immortelle dans un souvenir éternel. Un rêve digne de Régine. Mais Fosca sait aussi oublier.

Raymond Fosca
Né en Italie à Carmona, ville dont il est le prince, il accède à l’immortalité en 1311. Homme d’action, il consacre plusieurs siècles à changer le monde pour faire le bonheur des hommes. Il comprend au 16ème siècle que les hommes ne cherchent pas tant le bonheur que la liberté d’agir selon leur conscience. Sa vie devient alors une succession de périodes de sommeil et de brèves périodes actives où l’amour le maintient à la vie. Le 20ème siècle est pour lui un long sommeil, jusqu’à ce que Régine ne le sorte de lui-même. Une fois encore, il croit à la vie. Pour combien de temps ?

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Bartholoméo
Mendiant à Carmona, il refuse de quitter la ville. Il est arrêté et condamné à mort. Il demande à voir le comte Fosca. Il sait un secret qui peut intéresser le prince. Le secret de l’immortalité.

Charles Quint
Elevé par Fosca, mis sur le trône impérial par Fosca, Charles Quint considère l’immortalité de son conseiller comme une marque divine. Les deux hommes partagent un rêve commun : le bonheur des hommes. Ils partageront la même désillusion.

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Bompard
Au siècle des Lumières, ayant blessé son honneur dans un siècle où la réputation et la vie se valent, Bompard voit la preuve de sa faute tomber entre les mains de Fosca. Fosca l’oblige à être son domestique, son souffre-douleur et le témoin de son cynisme. Un jour, Fosca ayant trouvé l’amour, Bompard doit quitter son maître. Sentant la faiblesse Fosca, il entrevoit la vengeance.

Roger
Amant de Régine, il est le spectateur de son idylle avec Fosca. Il voit le danger que représente Fosca pour Régine. Mais peut-on lutter avec un immortel ?

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Condamné à vie
Catherine Robert
mercredi 24 décembre 2003

Etre pour la mort, l’homme trouve dans le trépas le sens en plus du terme de son existence. L’urgence de vivre serait absurde si nous n’étions pas, à plus ou moins longue échéance, condamnés à disparaître. De cet inexorable, lié à notre définition, naissent tous les fantasmes et tous les désirs d’éternité. Dans un roman publié en 1946, Simone de Beauvoir, que sa fréquentation de l’existentialisme et de la philosophie allemande a familiarisée avec l’interrogation sur la condition humaine, invente l’histoire de Fosca, rendu immortel grâce aux vertus d’un élixir avalé en 1311, et qui traîne sa carcasse imputrescible à travers les siècles. Adapté par Christian Fromont qui incarne Fosca, le texte est mis en scène par Alexandra Dadier : un spectacle élégant au service d’une intrigue philosophique et romanesque.

Lire la critique du Journal du Théâtre

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