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Molières 2007 du Spectacle du Théâtre privé et du Meilleur Comédien : Robert Hirsch.
- Le mot du metteur en scène
En marge et pourtant au cœur de nos mégalopoles, au ras du sol, vivent trois individus. Trois paumés ordinaires qui, peut-être sans en être conscients, théâtralisent leur quotidien, en exprimant leurs idées, leurs délires et leurs obsessions.
Leurs confrontations rendent aux relations humaines leur dimension complexe et fascinante, infiniment mystérieuse, jusque dans la banalité apparente de leur propos. Pas de classification des comportements au regard d’une situation donnée : les trois personnages semblent agir de manière autonome comme s’ils avaient échappé à leur auteur.
Qu’en est-il du mensonge et de la vérité ? De la réalité et des faux-semblants ? Deux frères décident d’engager un vieillard comme gardien. Mais sont-ils vraiment frères ? Mais ont-ils vraiment besoin d’un gardien ? Mais sont-ils chez eux ? S’agit-il d’une machination ? Mais alors qui est le maître du jeu ?
Si Harold Pinter ne s’attache pas à apporter des réponses et ne se soucie pas du pourquoi des situations, c’est peut-être pour mieux révéler que l’idée que nous nous faisons des autres, de leur langage et de leurs agissements, pervertit notre clairvoyance à leur égard et obstrue notre faculté à voir vraiment ceux qui nous entourent.
"L’inexplicable" déroute, angoisse et charme tout à la fois. L’insolite naît brusquement de l’accumulation des mots, des objets, des détails réalistes qui font de l’univers du gardien de Pinter un voyage sans apitoiement, sans sentimentalisme, sans jugement, au centre de l’humain. Kafka n’est pas loin, si ce n’est qu’ici, le dérisoire sert de miroir grossissant à la représentation d’un humour corrosif et d’une cruauté nue.
Didier Long
Adaptation de Philippe Djian.
« Sous la banalité apparente de la situation et des mots qui la dessinent, apparaissent les arcanes de psychologies tout en clair-obscur et en faux-semblants. Un texte économe et simple et pourtant profond qui offre aux comédiens qui s’en emparent l’occasion de montrer toute la richesse kaléidoscopique de leur interprétation. » Catherine Robert, La Terrasse
« Véritable bête de scène, Robert Hirsch donn eune coloration qu'on pourrait qualifier de "célinienne" au vieux grigou. Il est fabuleux. Face à lui, Samuel Labarthe bouleverse par le justesse d'un jeu en retrait, tandis que Cyrille Thouvenin fait preuve d'une inquiétante animalité. » Télérama
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