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Une Africaine en France
Une aventure humaine
La mise en scène
“C’est le cadeau que mon fils nous a rapporté d’Afrique. Elle est noire mais elle est belle...” Ainsi parle Marie-France Séguin, la belle-mère française de Bambi. Bambi la Sénégalaise a quitté l’Afrique pour suivre Antoine et, de maladresses en malveillances, d’humiliations en déconvenues amoureuses, découvre, sous le regard de l’autre, la douleur de la solitude et de l’exil.
Bambi raconte comment elle doit faire face (et bonne figure) devant la commisération, la bêtise et les insultes à peine dissimulées sous des tonnes de compassion mal pensante. Comment la Belle doit remiser ses rêves et ses attentes lorsque le Prince n’a plus de manières princières et que ses charmes ont perdu de leurs attraits... Bambi se réfugie alors au creux de sa mémoire, revient aux premières douleurs, aux souvenirs de l’enfance, à la mort des parents, aux vexations de l’instituteur, au viol du voisin.
Bambi, dans ses mots et ses cris, forts et vrais, crus et drus, pour transmettre et vaincre la douleur, assumer la rupture et partir sur les traces, les amours et les plaisirs qu’elle pourra choisir. Bambi comme le faon de Walt Disney, pour dire les mirages de l’enchantement et dénoncer leurs revers tout aussi brutaux qu’ils ont été étincelants.
Bambi comme Maïmouna Gueye, seule en scène, poursuivant l’intimité de sa quête afin de déjouer les pièges de l’intégration, se débarrasser de l’artifice et des faux semblants, parvenir à l’évidence, à la “nudité toute simple”, celle qui permet de dire : “Me voici aujourd’hui, simplement moi. Je suis.”
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« Bambi, elle est noire mais elle est belle, c’est tout d’abord un rendez vous donné au public lors
de mon premier spectacle, (Les souvenirs de la dame en noir) afin de leur raconter une suite, une
prochaine fois ; mais plus personnellement c’est aussi l’occasion de répondre à un besoin
d’universalité, étant donné que le premier spectacle parlait plus de l’Afrique (excision, mariage
arrangé etc.).
Ici, en abordant la question de l’intégration, le passage d’une culture à une autre, je souhaite élargir mon propos, rendre compte d’une aventure humaine qui concerne tout le monde.
Le théâtre est sûrement l’endroit approprié pour poser les questions de l’intégration, de l’amour
et de la différence. J’espère que la comédienne que je suis s’effacera pour mieux servir l’auteur
que j’ai été, afin de rendre au texte sa résonance universelle. »
Maïmouna Gueye
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« Bambi, elle est noire mais elle belle, c’est l’histoire de Bambi, un personnage inventé par
Maïmouna Gueye et qui, à travers son nom, emprunte à l’univers de Disney et de l’enfance le
noyau dur de l’enchantement et de ses conséquences.
La langue brutale et poétique de Maïmouna Gueye contient une force, une intensité qu’elle seule
peut, comme comédienne, faire entendre.
La mise en scène aura pour vocation de soulever l’universalité contenue dans le processus
d’intégration vu et développé dans le texte. Désenchantement, principe de réalité et force de vie.
Pas de complaisance avec le folklore africain et européen, pas de rendez-vous frontal avec les
stéréotypes associés à l’imaginaire collectif de ces deux continents.
Le texte de Maïmouna Gueye est avant tout une épopée et le théâtre est le lieu incontournable de
sa représentation. » Richard Bean, Metteur en scène
« Conjugaison des temps, passés, présents et futurs du récit, la mise en lumière, tel un
diaphragme d’objectif, ouvrira ou fermera l’espace dans un registre dominant de noirs et de
blancs. » Maurice Fouilhé, Concepteur lumière
« Une base de robe du soir à partir de laquelle en enlevant ou en ajoutant des éléments, des
transformations radicales seront possibles. Passant de la blouse d’écolier au manteau d’hiver ou
du linceul au boubou traditionnel. Ces éléments seront présents sur le plateau, inclus dans le
décor, accrochés notamment aux tiges de rotin, la comédienne les enlèvera ou les ajoutera au vu
du public, selon le cours de son récit. » Myriam Drosne, Costumière
« Des compositions seront écrites et inclues dans la mise en scène et jouées par la comédienne
sur le plateau. Les instruments seront des éléments du décor. Les tiges de rotin ou le banc comme éléments de percussion ainsi que les branches ou la toile tendue de l’écran… Ces rythmiques ou
mélodies serviront aux parties “chantées“ du récit. D’autres compositions, préenregistrées, seront diffusées par le réseau d’enceintes. Elles seront écrites et interprétées avec, cette fois, de véritables instruments. La ligne musicale ne cherchera
pas à rendre compte frontalement d’un folklore africain ou français. La composition originale
aura pour vocation de partir du texte, de soulever le texte aux endroits les plus sensibles aux
sons. Pour cette raison, il s’agira autant d’une partition sonore que d’une écriture musicale
classique. » Quentin Sirjacq, musicien
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