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Molière 2006 de la Comédienne dans un second rôle : Danièle Lebrun.
- Un conte de fées à l’anglaise
Une pièce résolument intemporelle qui, plus de cinquante ans après sa création, inspira le film My Fair Lady qui obtint sept Oscar. Le metteur en scène, Nicolas Briançon, nous entraîne avec passion dans un tourbillon enchanteur.
Pour Eliza Doolittle, la marchande de fleurs à l’accent « cockney-argotique », la seule différence qui existe entre elle et « une dame comme il faut », c’est le regard que l’on porte sur elle.
Un éminent linguiste, le professeur Higgins, fait néanmoins le pari fou de transformer l’humble Eliza en distinguée Lady à l’anglais irréprochable. Sûr de son fait et des vertus de son enseignement, il l’introduit parmi l’aristocratie. Mais quelques leçons de diction permettront-elles à une jeune femme de la plus petite société d’accéder aux champs de course d’Ascot sans que ses manières ne la trahissent et ne la renvoient d’où elle vient ?
Barbara Schulz et Nicolas Vaude forment le couple singulier de cette pièce virevoltante et tourbillonante, un vrai grand spectacle nécessitant pas moins de trois décors et la création de vingt-cinq costumes.
D'où viennent la magie, le charme, l'extraodinaire sentiment de plaisir et de bonheur que nous donne le Pygmalion de Bernard Shaw ? D'où vient ce sentiment jubilatoire, euphorique ? Pourquoi sommes-nous si heureuex de retrouver, ou découvrir, cette histoire et pourquoi nous accompagne-t-elle tout au long de notre vie lorsque nous avons eu le bonheur d'en croiser les personnages et les situations ?
Au-delà du génie de Shaw, de son extraodinaire "métier", de son savoir-fare, de cette façon unique de croquer une société anglaise, sur laquelle son regard irlandais se pose sans concession, au-delà de notre goût de la nostalgie, du charme et du ridicule d'une époque aujourd'hui disparue, au-delà même de l'extraordianire virtuosité de ce texte qui semble un feu d'artifice d'esprit et d'intelligence, il y a la force du thème : un homme façonne un être et cet être lui échappe puisqu'il a donné les armes de son émancipation.
Pourquoi monter Pygmalion ? Il y a eu la rencontre avec Barbara Schulz sur Antigone d'Anouilh à Marigny grâce à Robert Hossein, et l'envie de prolonger ce compagnonnage avec Pygmalion pour donner à Elisa sa verve et sa profondeur, sa fantaisie et sa détresse.
Le désir ensuite de confier le rôle de Higgins à un comédien d'à peine quarante ans, suivant ainsi la volonté de Shaw. Nicolas Vaude me paraît idéalement ce "bébé impétueux" décrit par l'auteur... La volonté de conserver à la représentation de Pygmalion son merveilleux, sa nostalgie, sa vivacité et son élégance. Le désir que le spectateur soit à la fête. De tous ses yeux, de tout son coeur, de toute son intelligence.
Elisa vient des plus bas quartiers de Londres, elle va acquérir le savoir, la langue, la culture parce qu'on s'est intéressé à elle et qu'on lui a donné sa chance. Aussi parce qu'elle a forcé le destin. Il y a là la belle utopie de Shaw, mais aussi sa foi en la force de l'individu. Toute ressemblance...
Nicolas Briançon
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