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Informations pratiques


A l'affiche du 12
au 26 mars 2005

Le roi se meurt
Cartoucherie - Théâtre de l'Epée de Bois

Cartoucherie - Route du Champ de Manœuvre,   75012  Paris
Plan d'accès

Métro : Château de Vincennes (ligne 1). Sortir en tête de ligne, puis prendre le bus 112, arrêt Cartoucherie.
En voiture : A partir de l'esplanade du château de Vincennes, longer le Parc Floral de Paris sur la droite par la route de la Pyramide. Au rond-point, tourner à gauche (parcours fléché).
Parking Cartoucherie, 2ème portail sur la gauche.

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Le roi se meurt

GENRE : CONTEMPORAIN
DUREE : 1H20

Pièce de Eugène Ionesco
Montée par Marcos Malavia
Avec Marcos Malavia , Muriel Roland , Claude Bernhardt , Jean-Philippe Boucher , Assiata Camara , Renata Scant

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Dans son journal intime, Ionesco écrit : « La mort n’est pas une vérité neuve, c’est une vérité qu’on oublie ».

L’histoire d’une agonie et d’une résurrection
La cérémonie dans Le Roi se Meurt

Ionesco et le Tibet
Ionesco face à la mort
Pourquoi Le Roi se Meurt ?

Écrite en 1962 à la suite d’une maladie, Le Roi se Meurt est le tête à tête d’un homme avec sa mort. Bérenger Ier, roi shakespearien, est mourant. Dans son royaume, peu à peu réduit au seul palais qui tombe en ruines, un cataclysme extraordinaire est en train de se produire.

Le corps du roi vit au rythme de l’Univers qui se disloque avec lui. Ses souffrances ouvrent des fissures dans les murs de la salle du trône. Accompagné d’une servante, d’un garde, d’un médecin-bourreau-astrologue et de ses deux épouses, il parcourt inexorablement les étapes d’une cérémonie qui l’achemine vers le néant : ce n’est pas lui qui disparaît, c’est le monde.

Le Roi se Meurt est l’histoire d’une agonie tout autant que celle d’une résurrection, tenant du cheminement mystique comme du rituel carnavalesque : les acteurs, comme la mise en scène, sont voués à se tenir sur le fil du vertige, là où s’abolit la frontière entre joie et douleur, tragédie et comédie, dans cette fusion des contraires propres aux états paroxystiques de transe ou de délire. Là où l’on ne sait plus si c’est la langue d’un fou ou celle d’un prophète qu’on entend.

En abordant Le Roi se Meurt, nous avons voulu prendre au pied de la lettre la proposition de Ionesco : le temps de vie qu'il reste au Roi est celui de la représentation.

La pièce nous propose au travers d'une journée, un cheminement rituel qui pourrait signifier celui d'une vie, débutant au matin de l'enfance et finissant au coucher du soleil, lorsque la vie s'en va. C'est pourquoi cette œuvre de Ionesco, qui reste dans la mémoire collective comme une œuvre burlesque, nous semble plus proche d'une tragi-comédie dans laquelle il est question de l'homme face à sa mort.

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Bérenger 1er est mourant. Le médecin l'a dit et déjà tout le royaume en porte les signes. La terre se fend, le mur du palais est fissuré et le printemps a avorté. Les ministres ont disparu, partis à la pêche ou tombés dans le ruisseau.

Ecrite en 1962 pendant une maladie, Le Roi se meurt, cette oeuvre, devenue classique de Ionesco, est une tragi-comédie dans laquelle il est question de l'homme face à sa mort. « Non. Je ne veux pas mourir. Je vous en prie, ne me laissez pas mourir. Soyez gentils, ne me laissez pas mourir. Je ne veux pas. »

Le temps de vie qu'il reste au Roi est celui de la représentation (telle est la proposition de Ionesco). Le Roi parcourt inexorablement les étapes d'une cérémonie qui l'achemine vers la disparition. Les deux reines, Marie l'hédoniste et Marguerite la douloureuse assistent l'époux presque défunt. Auprès de lui encore, une servante, un garde, un médecin bourreau et astrologue.

Et accompagnant la pièce, la musique des marches funèbres de la guerre du Chaco, interprétées par la fanfare bolivienne Boleros de Caballeria.

Marcos Malavia et la Cie SourouS

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Ionesco a été influencé, dans ses lectures, par les rites funéraires tibétains, la philosophie hindouiste et par le folklore roumain. Ainsi peut-on voir une analogie frappante entre le déroulement de la pièce et l’eschatologie bouddhique du Bardo Thödol, Le Livre des Morts Tibétain où il est question de l’illumination par la libération, de la réincarnation.

Dans Le Roi se Meurt, on retrouve le rituel des mourants, la liturgie funèbre, les prières, les conseils, les textes sacrés qui aident le transfert dans le vide parfait.

Bérenger Ier est assis, cette position est celle des tibétains morts. Marguerite attend les signes à ses côtés. Son cœur ne connaît pas la pitié. Dès que la mort se profile, elle dicte les ordres. Elle est le Lama qui ne peut rien sans la volonté du mort, elle représente cette sagesse.

Le Roi invoque les morts afin qu’ils l’aident à franchir le passage. Comme Ionesco l’écrit dans La Quête Intermittente : « Je me joue à moi-même ma propre pièce, Le Roi se Meurt, dans le rôle principal ! ». Bérenger Ier, ainsi que dans Le Livre des Morts Tibétain, veut que ceux qui l’ont précédé l’escortent et lui ouvrent la voie. Tous se mettent à prier pour terrasser les passions, apaiser le corps, paralyser la dispersion de l’esprit. Ionesco a dû s’inspirer pour cette scène de prière collective, de la mystique indienne, la Brihadâranyaka Upanisad : « Du non-être conduis-moi à l’être / De l’obscurité conduis-moi à la lumière / De la mort conduis-moi à l’immortalité. »

Pour Marguerite, c’est le désir, l’obstacle le plus grave qui s’oppose à notre délivrance. Elle le délivre des caprices (en lui refusant le pot-au-feu), puis de la mémoire résiduelle. Elle détache un à un tous les liens de la vie. Elle effectue le geste antique des Parques en donnant des coups de ciseaux dans le vide : elle lui ôte ses boulets. Marguerite le prépare. Pour l’amener au vide, elle recourt à une technique proche du yoga. La concentration en un seul point, sur un objet, ce qui est le point de départ de la méditation yoga.

Dans la mystique orientale hindouiste, l’homme est esclave tant qu’il ne se détache pas de ce monde éphémère, lieu du non-être. C’est par l’ascèse qu’il accède à l’être. Il faut se soustraire à toute activité sensorielle, à la domination des objets extérieurs à la mémoire qui ne peut que troubler. Tout le but de Marguerite est précisément de guider le Roi dans ce cheminement. Par là, il accèdera à un état antérieur à la création, l’état primordial de l’incréé, l’état de Bouddha ?

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Le Roi se Meurt a été rédigée en trois semaines par Ionesco malade. Le ton plus grave de la deuxième partie s’explique par le fait qu’elle a été écrite après une rechute. L’univers s’obscurcit. Ionesco cherche à exorciser la peur de la mort qui l’a hanté et il prête à Bérenger son attachement à la vie.

Lors d’un voyage en Roumanie en 1927, Ionesco va faire l’expérience de ce qu’il appellera "un miracle". Les chiens cessent d’aboyer et se mettent à chanter. Les maisons, le ciel, le soleil, la lumière, tout change d’aspect. Il a l’impression de quitter la pesanteur. C’est la transfiguration du monde. Ainsi la mort acquiert une dimension que l’on retrouvera dans Le Roi se Meurt.

Ionesco, tout au long de son œuvre et de sa vie, restera dans l’obsession de la mort : depuis la perte de l’enfance et le décès de sa mère, jusqu’à son vieillissement. Être dans le temps, c’est être dans la fuite, dans le fini.

Ionesco a été fortement marqué par ses lectures. Ainsi, dans Le Phédon de Platon, il est question de la mort de Socrate. Ionesco fait la remarque que la description de la mort est plus convaincante que les arguments pour l’immortalité de l’âme. Cela peut permettre de comprendre son désarroi face à la mort.

Ionesco sera également partagé entre le désir de jouissance et le besoin d’apaiser son angoisse de la mort en se préparant à mourir. Cela peut être dû à l’influence de la psychanalyse jungienne et de son dualisme pulsionnel : l’opposition et l’unité de l’instinct de vie et du désir de mort. Dans son Journal en Miettes il écrit : « Puisque l’instinct de mort existe au cœur de tout ce qui vit, puisque nous souffrons de vouloir le réprimer (…) dénouons les liens vitaux, cultivons l’instinct de mort, (…) arrosons-le comme une plante qu’il grandisse sans opposition. La souffrance est là, la peur naît dans le refoulement de l’instinct de mort. Mais non, mais non. Je veux vivre encore. Toujours vivre. Je veux la société des vivants. En somme, je veux également être et mourir ».

Ce sont ses deux manières d’être au monde. Un conflit constant entre une mort affreuse, impossible, la dépossession absolue, et la mort sans terreur, l’homme arraché de la matière, la liberté. Ce conflit est visible dans les figures des deux reines. Marie a toujours régné dans le cœur du roi car elle représente l’hédonisme. Mais dès que la mort approche, elle perd son pouvoir et s’éclipse au profit de Marguerite qui assiste le roi dans l’épreuve, règle les différents moments du rite de passage.

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Depuis plusieurs années, Marcos Malavia écrit des pièces en langue française. Son processus de création passe par une imprégnation de l'écriture. De là, des mises en scène au plus proche de l’essence du texte.

Pourquoi avoir choisi de monter Le Roi Se Meurt de Ionesco ? Parce que cette œuvre s’inscrit dans la lignée de Malavia-auteur-metteur en scène. Ainsi, dans ses deux dernières pièces, on retrouve des thématiques similaires à celles de Ionesco.

Dans La Mort du Général, montée en 1998 au Théâtre de l’Épée de Bois à la Cartoucherie (Vincennes), il est question d’un général qui vit ses derniers instants avant une mort rédemptrice en conversant avec son fossoyeur. À la manière de Bérenger Ier, il passe par le refus avant d’accepter sa fin, de l’affronter. La fanfare, les musiques sont les restes de ce qui s’est passé. Les aboiements des chiens lui rappellent son fatal destin. Là aussi, tout se joue en une journée. Le général effectue son parcours initiatique jusqu’à faire face. C’est un homme seul avec sa conscience, avec sa mort.

Puis vient la création du Testament d’un Rémouleur. Cette pièce a été présentée dans sa version "work in progress" au festival La Alternativa de Madrid, à Gare au Théâtre à Vitry, et au festival Auteurs en Acte à l’Isle-sur-la-Sorgue en 2001 puis jouée au Théâtre Essaïon de Paris en 2002, et enfin au Théâtre Victor Hugo de Bagneux en 2003. La phrase clé est : « Ce sont les mots qui assassinent ».

Un rémouleur, José, a été comme ‘évidé’ par les mots de sa femme. Il l’a alors découpée, et de la sorte, en a fait un blason vivant. Ne reste d’elle que sa tête, et de lui, une enveloppe charnelle qui a refusé de mourir. José sait que la police est sur le point de le démasquer. Il va vers sa mort comme le Petit Poucet, suivant dans le journal les morceaux de sa femme retrouvés par la police, les morceaux de sa vie. Ce chemin lui permet de se retrouver finalement face à sa mère, sa femme, sa fille ; jusqu’à se livrer au chien Cerbère, gardien des enfers. Il est mort deux fois… c’est l’acceptation de la mort physique qui l’achève et le fait définitivement disparaître.

Le Miroir d’un Naufragé, Le Ventre de la Baleine, La Boucherie Ardente - les précédentes pièces de Marcos Malavia, des tragédies, sont d’autres variations sur la mort, différentes alternatives avec la mort comme seule issue.

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Le roi se meurt,
Discussion initié par cyclopes87 le 17 avril 2006 à 13H55.


je lis cette oeuvre et je la joue dans le midi en tant que garde la question reside surtout dans l'ethique de ce personnage qui a pour ambition de vaincre la vie il est aussi passionnant d'imaginer cette oeuvre que de la rendre vivante... .

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