Les fourberies de Scapin, ou le triomphe d'une jeunesse insolente sur une vieillesse aigrie, avare et sans amour.
Vous aurez tendance à penser : "Encore les Fourberies !" Or, on ne se lasse jamais des chefs-d’œuvre. Car on ne les atteint jamais véritablement. On les frôle en tournant autour avec plus ou moins de sensibilité. Si vous le voulez, nous tenterons ensemble d'oublier à quel point cette pièce a pu servir de porte-manteau à idées. La précision de sa mécanique ne lui ôte aucune grâce, bien au contraire. Suite à ce travail délicat, l'auteur devrait faire rire comme il a toujours su si bien le faire au long des siècles, pour notre bonheur.
Arnaud Denis
Distribution en alternance.
La pièce a obtenu le Prix du Jury du Festival d'Anjou 2007.
- Pourquoi pas un Scapin Jeune ?
Quelques grands noms du Théâtre français ont laissé leur empreinte sur le rôle : Daniel Sorano, Jean-Louis Barrault, Robert Hirsch, Francis Perrin, Daniel Auteuil, Philippe Torreton, pour ne citer qu’eux, tous réinventant le rôle à leur propre manière.
Passant du Scapin désabusé et fatigué à un autre plus lunaire et poétique, ou encore sauvage, féroce, et rancunier comme un ancien bagnard, tous ces artistes abordèrent le personnage entre trente et cinquante ans, à cause de l’exigence technique, physique et vocale que demande le rôle.
Mais pourquoi pas un Scapin de vingt-quatre ans ? "Je hais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir la suite des choses n’osent rien entreprendre". Le personnage est tout entier contenu dans cette réplique. Il vit d’ardeur, de danger. Il aime ne rien prévoir et sait se jeter corps et âme dans une entreprise séduisante, sans réfléchir. Il suit ses impulsions, ce qui est propre à la jeunesse.
L’intrigue de la pièce repose sur ce socle : le triomphe d’une jeunesse insolente sur une vieillesse aigrie, avare et sans amour. Et cette scène célèbre des coups de bâtons et du sac, où Scapin s’invente un monde autour de lui, par pure fantaisie, par goût de l’imagination, pourrait-elle être l’œuvre d’un homme déjà blasé qui ne pense qu’à parfaire une vengeance ? Cette scène est le prolongement d’une enfance débrouillarde et pleine d’inventivité. Pourquoi Scapin accepterait-t-il d’aider les amoureux en détresse sans aucune compensation ? Par amitié, certes, mais surtout pour s’amuser, pour jouir de la bêtise qui l’entoure et qu’il veut terrasser avec cynisme.
Au moment où la pièce commence, il est vrai que Scapin a eu un "démêlé avec la justice". Oui, il a fait de la prison. Mais cela ne signifie pas qu’il y ait passé la moitié de son existence. Enfant déjà, il errait dans les rues de Naples, va-nu-pieds, furetant partout, cherchant des moyens de survie tel un Oliver Twist courageux et féroce, très tôt doté d’un regard empreint de maturité. La fraîcheur n’empêche pas une vraie profondeur ni quelques éclairs d’amertume séquelles de véritables blessures. Scapin, en effet, à vingt ans, en a plus vu dans sa vie que certaines personnes à quarante.
Désinvolture, insolence, férocité comique, imagination délirante, bref, jeunesse
ardente, avec ses extravagances, certes, mais pleine de courage et de dignité, c’est ce que nous
souhaitons montrer de la pièce. Pour donner l’énergie nécessaire au mouvement étourdissant
de l’œuvre, nous disposons d'une troupe jeune, soutenue par deux comédiens plus âgés, de
solide expérience, interprètes d'Argante et de Géronte. Du foisonnement de couleurs
napolitaines émane une saine et franche gaîté : celle d’une troupe, celle de Molière : "Cette
mâle gaîté si vive et si profonde que lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer"
comme le dira, plus tard, mieux que quiconque, Musset.
Arnaud Denis
"Un Scapin digne des plus grands. Une formidable énergie et une invention de tous les instants." Le Parisien
"Désopilant. On peut envoyer ses enfants en confiance au Lucernaire. Mais en ne les accompagnant pas on se priverait, bêtement, d'une grande joie." Le Nouvel observateur
"Un spectacle qui déborde de trouvailles et d'imagination. Une troupe de grande qualité." Valeurs actuelles
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