Une maison de poupée

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Lucernaire , Paris

Du 07 décembre 2016 au 21 janvier 2017
Durée : 1h30

CLASSIQUE

,

Comédie dramatique

C’est Noël : Torvald et Nora Helmer se préparent à la fête, d’autant que Monsieur va devenir directeur de banque. L’arrivée de Krogstad, menaçant de révéler le lourd secret de Nora, va faire basculer ce drame bourgeois. Philippe Person met en scène le huis clos d'Ibsen en thriller hitchcockien.
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Une maison de poupée

De

Henrik Ibsen

Adaptation

Philippe Person

Mise en scène

Philippe Person

Avec

Philippe Calvario

,

Florence Le Corre

,

Nathalie Lucas

,

Philippe Person

  • Un huis-clos suffocant

Emprunter, mentir, falsifier des signatures, c’est tout ce que Torvald Helmer, employé de banque, condamne. C’est pourtant ce que sa femme Nora a fait en cachette pour qu’il puisse se soigner. Elle a presque fini de rembourser sa dette quand Torvald Helmer est nommé Directeur. Il décide alors de renvoyer le commis Krogstad, en raison de son passé douteux. Or, Krogstad n’est autre que le créancier de Nora. Pour se défendre, il vient faire du chantage sur cette dernière en la menaçant de tout révéler à son mari. Au même moment arrive Madame Linde, ancienne amie de Nora et ancienne maîtresse de Krogstad. Femme seule, elle vient demander une place dans la banque de T. Helmer. Nora fera tout pour déjouer les intentions de Krogstad malgré les conseils de Madame Linde qui l’incite au contraire à tout révéler à son mari.

La maison de poupée se transforme peu à peu en un huis-clos suffocant. C’est donc asphyxiée, acculée à se dénoncer, que Nora se livre à son mari. Hors de lui, ce dernier se révèle être non plus le mari protecteur mais l’homme blessé. Dans ce monde bourgeois, il veut malgré tout sauver les apparences. Mais Nora est passée du côté de la vérité. C’est donc sa vérité de femme, libre et forte, qu’elle assumera en quittant le domicile conjugal.

  • Historique de la pièce

Écrite en 1879, Une maison de poupée provoqua un scandale, dès les premières représentations en Europe. En France, elle fut créée en 1894 avec Réjane dans le rôle de Nora. La pièce fut interdite en Angleterre, en Allemagne et les actrices (quel paradoxe !) refusèrent de jouer le rôle si l’auteur ne
modifiait pas sa fin. Il était inadmissible de montrer le mariage sous cet angle et encore moins d’imaginer un tel portrait de femme, quittant mari
et enfants. Ibsen, qui se qualifiait lui-même « d’anarchiste aristocrate », bouscule les conventions, met à mal une certaine morale, dénonce les mensonges et crée une héroïne d’une incroyable modernité.

  • Une oeuvre inspirée d’un fait réel

Ibsen et sa femme ont reçu à plusieurs reprises une jeune admiratrice de l’auteur, Laura, 20 ans. En raison de sa vivacité et de sa joie de vivre, ils la surnomment « L’alouette », surnom que l’on retrouve dans la pièce. Laura est mariée à un professeur d’université dont la santé nécessite un voyage en Suisse et en Italie. Afin de ne pas l’accabler de souci, elle contracte un emprunt en lui faisant croire que cet argent provient de ses droits d’auteur. La santé de son mari se détériore et elle s’enlise dans les dettes.

Ibsen lui-même conseille à la jeune femme de tout avouer à son mari mais elle ne le fera pas. Lorsque son mari apprendra la vérité, il la fera interner en asile psychiatrique. Elle perdra la garde de ses enfants et sera contrainte au divorce.

« Une femme ne peut pas être elle-même dans la société contemporaine, c’est une société d’hommes avec des lois écrites par des hommes dont les conseillers et les juges évaluent le comportement féminin à partir d’un point de vue masculin. » Henrik Ibsen

  • Note d’intention de Philippe Person

Cette pièce, dès la première lecture, ne nous sort plus de l’esprit. Elle fait partie de ces classiques dont on se dit : « Un jour, …. » Quel hymne à la liberté, à la liberté d’action et d’expression ! Qui n’a pas été soumis à des problèmes de servitude ou de soumission professionnelle ou privée ? Et qui par peur ou par habitude ou encore par crainte du regard d’autrui, n’a pas osé faire sauter tous les verrous ? C’est parce qu’elle est parfaitement universelle que cette pièce ne nous sort plus de l’esprit.

En plus du personnage de Nora et des thèmes abordés qui m’enthousiasment, il y a les dialogues parfaits, simples et justes d’Ibsen.
Helmer : Il n’y a personne qui sacrifie son honneur pour l’être qu’il aime.
Nora : C’est ce que des centaines de milliers de femmes ont fait.

La mise en scène suivra Nora, ses pensées et ses actes, comme un plan-séquence au cinéma. Le spectacle basculera d’une atmosphère joyeuse de Noël au climat angoissant dû à l’apparition d’un maître-chanteur. Alors se déclenchera un compte à rebours de trois jours, trois jours qui verront basculer la vie de Nora. Comme un film pourrait passer de la couleur au noir et blanc, dès le deuxième acte, les ambiances deviendront pesantes puis angoissantes.

Alfred Hitchcock aurait pu filmer Nora. Si Nora est devenue, pendant un temps, un symbole féministe, je souhaite montrer l’universalisme du propos. Il n’est pas seulement question de la femme mais de nous tous. Pour Jean Cocteau, mettre en scène Une maison de poupée, c’est, « mettre en scène du réalisme irréel qui sera un jour le signe de notre siècle ». Pour moi, après Victor Hugo, Oscar Wilde, Jacques Prévert, Octave Mirbeau, mettre en scène Henrik Ibsen, c’est aussi continuer à m’intéresser aux « génies contestataires ».

Note : La pièce sera réduite à 1h30 et à quatre personnages pour un effet huis-clos encore plus saisissant et la petite salle du Lucernaire permettra aux spectateurs d’être au coeur de l’intimité de la maison.

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