Un Poyo Rojo - Teatro fisico

Scène Watteau , Nogent-sur-Marne

Le 16 novembre 2016
Durée : 1 heure

MUSIQUE & DANSE

,

Argentine

,

Danse contemporaine

,

Sélection Danse

Intense duo de mecs suintants, peaux humides et grimaces de clowns, Un Poyo Rojo raconte la peur, la séduction, la mise en garde, l’attaque, la mise à mal et à terre. Et le désir, les élans, les échanges de fluides.
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Spectacle terminé depuis le 16 novembre 2016

 

Photos & vidéos

Un Poyo Rojo - Teatro fisico

Chorégraphie

Nicolas Poggi

,

Luciano Rosso

Mise en scène

Hermes Gaido

Avec

Alfonso Barón

,

Luciano Rosso

  • En la radio hay un pollito / Y el pollito Pio.

Dans les vestiaires des hommes, ça sent la chaussette sale, la taule froide et les aisselles. Une idée de la virilité. Deux garçons sont là, fouillent dans leur casier, se toisent un peu, se jaugent beaucoup. Longs et fins, secs et musclés, ils s’examinent et se jugent. Deux coqs avant la bataille. Pas un mot, pas de musique. Des regards, une petite radio, et enfin la lutte. Une danse frénétique, un combat de chiens fous. Ils passent en revue toutes les modalités des relations humaines quand elles deviennent bestiales.

Intense duo de mecs suintants, peaux humides et grimaces de clowns, Un Poyo Rojo raconte la peur, la séduction, la mise en garde, l’attaque, la mise à mal et à terre. Et le désir, les élans, les échanges de fluides.

Alfonso Barón et Luciano Rosso sont danseurs, acrobates, athlètes, performeurs. Un Poyo Rojo, ou littéralement « un coq rouge » de ceux qui combattent, se joue à guichets fermés depuis près de dix ans en Argentine et notamment dans un hangar aménagé de Buenos Aires devenu El teatro del Perro. Là, rien ne se fait sans une impérieuse nécessité d’exister. La mise en scène nerveuse d’Hermes Gaido laisse la place à des moments d’impro savoureux. À eux trois, ils font de Un Poyo Rojo un espace d’extrême liberté, d’une puissance déchaînée de drôleries physiques, irrésistible distorsion des schémas masculins.

Dans des vestiaires de sportifs mâles, deux types se livrent à un ballet sadomaso hilarant, font éclater le vernis de tous les stéréotypes phallocrates.

Pierre Notte

  • La presse

« Deux talentueux interprètes donnet du corps à un travail rempli d'humour et d'érotisme. » La Nacion

« Dans chaque scène, les acteurs regorgent d'expressivité et de talent. » Pagina 12

« Nous n'avions jamais vu un spectacle aussi bon présenté dans la programmation du Off. » Avi Coty Local News

« L'un des coups de coeur de ce Off 2014. » Radio France Bleu

« Les danseurs surprennent et émeuvent dans un tour de force admirable et original. » Martin Wullich

« À voir absolument ! » Revista Bue

« Une joyeuse découverte. Fraîcheur, talent et un rigoureux travail technique... » Mirada Teatral

« Un rappel essentiel à la diversité du monde actuel... Une sorte de détonateur, on en sort conquis et joyeux. Un vrai moment de plaisir. » Le Bruit du Off

  • Genèse

Le projet est né en 2008. Au départ il s’agissait de monter un numéro pour un spectacle de « variétés » au Centro Cultural Laburatorio, à Buenos Aires. Luciano Rosso et Nicolas Poggi, les créateurs de cette première forme, ont composé un duo comique, avec la volonté de présenter à partir du mouvement (un mélange de danse et de théâtre), les différentes façons que peuvent utiliser deux êtres pour établir une relation. La partition est née à partir d’improvisations, les portés ont servi de base au travail chorégraphique. Au fur et à mesure des programmations dans différents lieux de la capitale argentine, la forme a évolué. Très rapidement, ils confient la mise en scène à Hermes Gaido qui rejoint le projet et décide de faire de ce numéro un véritable spectacle. En 2011, Alfonso Barón reprend le rôle de Nicolas Poggi.

Depuis leurs débuts, le spectacle jouit d’un véritable engouement du public. Cette année encore, ils ont joué à guichet fermé à Buenos Aires au Teatro Del Perro puis dans une plus grande salle El Galpon De Guevara. Hermes Gaido a reçu le grand prix du jury Teatro Del Mundo. Coup de coeur du Festival OFF d’Avignon en 2014, le public français a répondu présent, ce qui confirme une fois encore la popularité et l’universalité de Un Poyo Rojo !

  • Entretien avec Hermes Gaido

Comment est né le spectacle, d’improvisations ?

Le spectacle est né depuis un court numéro chorégraphique, créé par Nicolás Poggi et Luciano Rosso. À l’époque, en 2008, avec Luciano et d’autres amis, nous gérions un centre culturel, le Laburatorio. Tous les mois, nous réalisions un spectacle composé de différents numéros, permettant à chacun de présenter quelque chose de nouveau. La première fois, ce numéro a été présenté sous le nom de Poggi-rosso, d’où le titre du spectacle… Je me souviens que ce soir-là, à la fin de la présentation, le duo m’a proposé de mettre en scène ce travail, afin de l’amener vers la création d’une pièce. J’ai accepté avec plaisir, parce qu’il y avait déjà quelque chose de très précis dans leur travail. Et de l’insolence aussi. À partir de là, nous avons créé une scène de quinze minutes, où déjà apparaissait le thème de la sexualité et du sport.

En juillet 2009 Prodanza* nous a accordé une bourse pour développer notre travail, et en avril 2010, la pièce a été présentée pour la première fois sous le titre Un Poyo Rojo. La pièce a été créée, et elle évolue encore, à partir de chorégraphies, d’improvisations. On cherche à raconter une histoire avec le corps, construisant une dramaturgie qui se situe entre les personnages et les acteurs en tant que personnes.

Le thème principal de la pièce, c’est d’après moi la dialectique du jeu de séduction. Mais la pièce ouvre beaucoup de sous-thèmes, comme par exemple la virilité, le jeu, la compétition, le désir… D’un autre côté, cohabitent d’autres thèmes, comme l’opposition entre la culture élitiste et la culture de masse, le travail des artistes du spectacle vivant et son inclusion au sein du marché du travail… De là, vient le mélange des styles dans la pièce. Très souvent, les performeurs de la scène sont obligés de savoir danser, jouer, chanter, maîtriser des genres différents, comme par exemple le clown ou la danse classique, pour multiplier les chances de trouver du travail.

Un des autres thèmes, c’est la construction de la dramaturgie, à partir de l’ici et maintenant. C’est pour cela qu’il y a un troisième personnage tacite : la radio en direct, l’écriture collective et inépuisable des moyens de communication. La radio en direct s’inscrit dans une dynamique active avec le spectateur qui dans cet instant présent organise et interprète l’information. Tout cela ajoute de la complexité et de la surprise au fil narratif de la pièce.

S’agit-il uniquement de sexe dans Un Poyo Rojo ?

Je pense plutôt qu’il s’agit dans Un Poyo Rojo de contre « Cathexis », les énergies libidinales, d’où peuvent surgir le sexe, l’érotique, le refoulement, la simultanéité, c’est d’avantage le sexe entendu comme un élan vital. Dans Un Poyo Rojo, il s’agit de mélanger les genres, il s’agit de penser le théâtre comme un espace pluridisciplinaire et ouvert au hasard, à l’erratique, la mise à vue des artifices. Il s’agit de montrer ce qu’il y a derrière la mise en scène d’une fable. Par exemple au début de la pièce, il n’y a pas de rideau, le public entre dans la salle, les acteurs sont déjà là, ils s’échauffent et c’est déjà la pièce en soit. Un autre exemple, c’est le message institutionnel qui dit avant le spectacle qu’il faut éteindre les téléphones portables, et que nous avons intégré dans une chorégraphie. La chose que je redoute à chaque fois que j’assiste à une représentation de la pièce, c’est le fait de savoir que l’unique erreur possible c’est de ne pas être là, c’est de rendre mécanique la répétition… Nous essayons d’optimiser quelque chose comme ça, une sorte de chaos de la négligence.

Comment expliquer le succès de la pièce à Buenos Aires ?

Buenos Aires et sa banlieue sont des territoires très ouverts au théâtre, les gens s’y ruent en grande quantité, il y a énormément de pièces à l’affiche qui génèrent un mouvement de spectateurs très fluide. Chaque semaine une nouvelle pièce ou plus se crée. Dans ce contexte, le succès de la pièce est le fruit de beaucoup de choses… Tout d’abord, je crois que ça a quelque chose à voir avec la persévérance et aussi avec la performance de Luciano et Alfonso qui impressionnent beaucoup. Être spectateur de ce lien entre eux, c’est une expérience qu’on a envie de renouveler, même pour ceux qui n’ont pas aimé la pièce. Enfin, ce troisième personnage qu’est la radio en direct, fait que beaucoup de spectateurs sortent en ayant la sensation d’avoir fait partie intégrante du spectacle, d’une certaine façon la radio en direct nous fait sentir que nous sommes en train d’écrire la pièce unique et irremplaçable.

Propos recueillis par Pierre Notte, traduction Julien Barazer

* Prodanza est un organisme municipal de la Ville de Buenos Aires qui soutient la création chorégraphique. (note du traducteur)

Avis du public : Un Poyo Rojo - Teatro fisico

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    Kénout Q. 05 octobre 2016

    UN POYO ROJO Nous avons passé une soirée très sympathique, terriblement originale, au fur et à mesure notre intérêt grandit, et la fin nous touche beaucoup. Nous étions 6 à penser la même chose! »
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    MARIE H. 30 septembre 2016

    J'ai adoré Chouette proximité des artistes et de nous public. Respirations haletantes et nous, de transpirer de concert. Un souffle magique et une sensibilité des corps justes, une tonalité un rien désinvolte, mutine, revigorante. Un poco gallo, un poco ser humano. Muy encantada de su precioso regalo. »
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    Elisabeth S. 23 septembre 2016

    Étonnant ,surprenant , performance des acteurs. Super moment »
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