Orchestre Titanic

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Théâtre Suresnes - Jean Vilar , Suresnes

Le 14 mars 2017
Durée : 1h15

COMEDIE & BOULEVARD

,

Burlesque

Quatre paumés, un ex-chef d’orchestre, sa copine, un ex-montreur d’ours, un ex-cheminot, végètent dans une gare désaffectée où les trains passent mais ne s’arrêtent jamais. Ces « Karl-Marx Brothers » version bulgare n’ont qu’une idée en tête : « Survivre et foutre le camp ».
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Photos & vidéos

Orchestre Titanic

De

Hristo Boytchev

Mise en scène

Philippe Lanton

Avec

Olivier Cruveiller

,

Philippe Dormoy

,

Christian Pageault

,

Evelyne Pelletier

,

Nicolas Struve

  • Étonnante parabole des rapports Est/Ouest et Nord/Sud

Dans une gare désaffectée où les trains ne s’arrêtent jamais, quatre laissés pour compte, dignes héritiers de Marx Brothers, insolents, houspilleurs, anarchistes déjantés, burlesques asociaux sans oublier alcooliques invétérés, espèrent un jour monter dans un train qui les emmènera vers l’Europe du travail et de la prospérité.

En attendant que leurs rêves se réalisent, ils survivent comme des migrants en attente d’avenir. Ces quatre Karl Marx Brothers ont la surprise de voir surgir dans leur monde, Godot échappé de la célèbre pièce de Beckett. Ce Godot est un illusionniste et va les préparer, peut être, à accéder à cette Europe tant désirée.

Cette pièce a été écrite par H.Boytchev lors de la demande d’adhésion de la Bulgarie à l’ U.E. en 2002. La Bulgarie entre officiellement dans l’ U.E. le 1er janvier 2007. Boytchev a la malice dans cette comédie de brouiller les pistes pour nous parler toute à la fois de l’Europe d’aujourd’hui, des flux migratoires de ceux qui cherchent à échapper à la misère et au chômage, partant vers cet Occident qu’ils croient encore être l’Eden économique de l’ex Europe de l’ Est et de leurs rêves que chaque humain porte en lui.

La double dimension, Illusion/Réel, Rêve/Réalité soutient le processus du devenir de ces 4 personnages beckettiens. L’arrivée de ce Godot grand démystificateur de l’illusion, va peut être changer le cours de leur existence. Mais l’illusion se cache aussi dans le rêve. Cet endroit psychique infiniment recommencé, qui nous donne l’énergie de vivre, de croire et de désirer. Alors Croire ou ne pas Croire ? Tout le monde rêve et " Je " est aussi dans le monde. Alors qui rêve et qui est dans le rêve de l’autre ?

La structure dramaturgique de la pièce s’inspire des processus de la construction du rêve : Déplacement/Condensation/Association. Elle implique ainsi directement le spectateur dans une introjection de sa propre vie, de ses pensées, de son intime et de son rapport au monde.

C’est une pièce dans la grande tradition brechtienne, Divertir et Réfléchir. C’est une pièce shakespearienne d’aujourd’hui où le théâtre est le Théâtre du Monde. Au temps où l’une des grandes questions politique est de savoir si les pays et les gouvernants choisissent la notion de souveraineté nationale où la notion de fédéralisme européen, la pièce frappe de plein fouet la question sensible de l’identité européenne

  • La réalité européenne en quesiton

Orchestre Titanic démarre comme une métaphore de la Réalité de cette Europe démunie face à l’économie mondialisée qui fait surgir de nouveaux pays riches ce qui entraine peu à peu l’Europe dans le déclin.

Cette Europe qui souffre, cherche un nouveau sens commun, sans y parvenir. Cette Europe que la jeunesse quitte parce qu’elle ne représente plus l’avenir à leurs yeux. Cette Europe où en revanche les migrants sont de plus en plus nombreux à vouloir venir mais dont nombre d’entre eux n’atteindront jamais les côtes. Cette Europe où ce sont toujours les mêmes qui attendent un train qui n’arrive jamais et toujours les mêmes qui sont dedans.

Quoique de plus en plus nombreux sont ceux qui, à leur tour, se retrouvent jetés sur le quai. Y a-t-il seulement encore des trains ? Et comme toujours ce sont toujours aux mêmes de tenter de sauver leur peau comme quatre Marx Brothers sortis tout droit de l’univers de Samuel Beckett. Ces Estragons et ces Wladimirs attendent toujours Godot.

Mais cette fois-ci Godot arrive !

  • Note de mise en scène

Je rêve ce spectacle : une petite communauté humaine se serait échouée, comme en cale sèche, au milieu d’une gare où circule le monde sans jamais les prendre en compte, dans une sorte d’indifférence générale et de négation méprisante de leurs existences. Je rêve dramaturgiquement à partir des films délirants des Marx Brothers, des bandes dessinées des Pieds Nickelés et des silhouettes errantes des grandes figures d’En attendant Godot de Samuel Beckett déboulant sur le plateau...

Je rêve de fumées de trains, de brouillard, de sifflements des trains passant à toute vitesse, de nos 4 branquignols s’inventant leur monde et leur quotidien dans l’alcool, l’outrance, le théâtre et un joyeux bordel. Il faut bien survivre ! A l’image de notre petit monde théâtral ils répètent leur petite « pièce » qui changera leur monde, qui les emportera ailleurs où ce sera mieux où peut-être ils auront une vie, un destin, un avenir. Ces assoiffés d’espoir vont ainsi voir surgir la Grande Illusion, le Magicien de l’avenir en kit et du bonheur à portée de main. L'Illusion doit envahir le plateau pour nous transporter dans un univers poétique, surréaliste avant que ne chavire le navire...

Je rêve d’un public surpris dès le début par un départ burlesque mêlant le rire, l’absurde et l’onirique. Un public plein d’empathie, de tendresse pour ces quatre représentants de notre espèce espérant qu’ils s’en sortent, les accompagnant dans leurs doutes, leurs violences, leurs évanouissements, leurs tremblements, leurs espoirs, leurs luttes « Tout comme nous ». Est-ce que Hari arrivera à les sauver, à leur ouvrir le chemin, à les aider à réaliser leurs rêves ?

Je rêve d’une belle soirée de théâtre ou le public ressort joyeux et lucide, ou serait partagé ce que disait Klaus Michaël Grüber : « Le Théâtre doit nous aider à vivre ».

Cette pièce démarre comme une métaphore de la Réalité de cette Europe démunie face à l'économie mondialisée qui fait surgir de nouveaux pays riches ce qui entraine peu à peu l'Europe dans le déclin. Cette Europe qui souffre, cherche un nouveau sens commun, sans y parvenir. Cette Europe que la jeunesse quitte parce qu'elle ne représente plus l'avenir à leurs yeux. Cette Europe où en revanche les migrants sont de plus en plus nombreux à vouloir venir mais dont nombre d'entre eux n'atteindront jamais les côtes. Cette Europe où ce sont toujours les mêmes qui attendent un train qui n'arrive jamais et toujours les mêmes qui sont dedans. Quoique de plus en plus nombreux sont ceux qui, à leur tour, se retrouvent jetés sur le quai. Y a-t-il seulement encore des trains ? Et comme toujours ce sont toujours aux mêmes de tenter de sauver leur peau comme quatre Marx Brothers sortis tout droit de l’univers de Samuel Beckett. Ces Estragons et ces Wladimirs attendent toujours Godot. Mais cette fois-ci Godot arrive !

Philippe Lanton.

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