Névrotik-hôtel

Bouffes du Nord , Paris

Du 03 au 08 janvier 2017
Durée : 1h30

MUSIQUE & DANSE

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Coups de coeur

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Sélection Musique

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Théâtre musical

Michel Fau interprète avec Antoine Kahan un spectacle musical, conte maléfique et pathétique écrit par Christian Siméon. Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française.
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Spectacle terminé depuis le 08 janvier 2017

 

Photos & vidéos

Névrotik-hôtel

De

Julie Daroy

,

Michel Rivgauche

,

Christian Siméon

,

Jean-Pierre Stora

Mise en scène

Michel Fau

Avec

Lionel Allemand

,

Laurent Derache

,

Mathieu El Fassi

,

Michel Fau

,

Antoine Kahan

Arthur Rimbaud disait : « Rien n’est beau que le faux, le faux seul est aimable. » Une certaine théâtralité factice me fascine, me fait rire et m’inquiète. Je veux continuer mon travail sur le travestissement et sur la voix transformée, par des chemins différents. C’est pourquoi, et en compagnie du charismatique Antoine Kahan, je vais tenter d’incarner la vérité de l’artifice…

À partir de chansons inédites de Michel Rivgauche et d’autres, sur des musiques mélancoliques et raffinées de Jean-Pierre Stora, j’ai demandé à Christian Siméon d’inventer un conte maléfique et pathétique : l’étrange histoire d’une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d’hôtel en bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat.

Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française. « Ma vie visible ne fut que feintes bien masquées » disait Jean Genet…

Michel Fau

  • La presse

«  Il pousse l’histrionisme hystérique à son paroxysme. Si le texte abonde de sous-entendus sur le sexe et l’actualité, le personnage de la diva atteint, par le talent de Fau, une dimension intemporelle et sublime. » Hadrien Volle, Sceneweb, 4 janvier 2017

« Derrière les travestissements, c'est l'amour vrai, l'amour vraiment rêvé, dont nous entretient ce mélo brillament dialogué (...), et que Michel Fau illumine de sa grâce blessée. » Jean-Luc Porquet, Le Canard enchaîné, 11 janvier 2017

  • Diva Assoluta

Qui a vu L’impardonnable revue pathétique et dégradante de Monsieur Fau ou Le récital emphatique (présenté au Théâtre des Bouffes du Nord en 2011), ou les errances de tante Geneviève et autres incarnations dans les grands spectacles d’Olivier Py, comprendra ce que je veux dire.

Il existe un personnage inventé, unique et bouleversant, chanteuse approximative mais Diva Assoluta, souvent de mauvaise humeur, image d’une sophistication pompidolienne, que dis-je, giscardienne, petite cousine de Gwynneth Jones, Régine Crespin et Léonie Rysaneck, bête de scène dans son acceptation la plus dévastatrice, capable de danser la danse des sept voiles et de chanter l’air de Dalila tout en draguant outrageusement son pianiste, imperméable à tout doute et sûre d’un pouvoir d’attraction sexuelle dévastateur et échevelé, une artiste jamais vulgaire, jamais perdante, que rien ne rebute, rien n’arrête, qui peut interpréter Massenet, Bizet et Carla Bruni dans le même spectacle (elle est la seule au monde à pouvoir faire cela) et qui hante les scènes de France les plus chanceuses.

Je dois à cette Ava Gardner insolente et mezzo soprano revue par Dubout parmi mes plus jubilatoires émotions de spectateur. Cet être virtuel existe, Michel Fau l’incarne au gré de ses envies et chaque fois à ma plus grande stupéfaction. Il y a des choses auxquelles on ne s’habitue pas.

Alors, lorsque Michel Fau m’a proposé de prendre en charge, pour cette grande dame du chant lyrique (bon, ici du chant réaliste, elle peut vraiment tout faire) qu’il incarne de manière ahurissante, une machinerie théâtrale, trame et dialogues, et d’enchâsser pour elle, dans une vraie pièce de théâtre (après tout, c’est mon métier), des chansons de Michel Rivgauche et Jean-Pierre Stora, chansons écrites pour des comédiennes puis refusées par lesdites comédiennes, mon sang n’a fait qu’un tour. La réponse était oui. Oui oui oui. Et encore oui. Et dans la joie encore. Outre que cela m’a valu de passer toute une après-midi chez lui à l’écouter interpréter pour moi tout seul toutes les chansons. En sortant, je me suis dit que j’avais une vie bizarre.

Bon, tout ceci pour dire mon enthousiasme à entrer dans une aventure de ladite Diva, et mon engagement à tout tenter pour lui tricoter un livret digne d’elle, une histoire et des dialogues à la mesure de sa folie sans limites.

Alors voilà. Il y avait d’un côté une quinzaine de chansons magnifiques dues au talent d’un compositeur, Jean-Pierre Stora, d’un parolier, Michel Rivgauche et de quelques autres. De l’autre, deux comédiens, Antoine Kahan et Michel Fau, encore et toujours. Un merveilleux scénographe résolu au rose et vert, Emmanuel Charles. Un costumier de même couleur et de même détermination David Belugou. Trois musiciens hors normes, Matthieu El Fassi, Laurent Derache et Lionel Allemand. Un éclairagiste intrépide, Joël Fabing. Une maquilleuse de combat, Pascale Fau. Un Festival de Figeac prêt à tout. Et un metteur en scène et porteur du projet, tiens, encore Michel Fau. Restait à écrire la pièce, relier les chansons dans une dramaturgie cohérente. Avancer dans la sacralisation du Kitch qui ose dire son nom et raconter comment, dans un hypothétique établissement de la côte d’albâtre, le Névrotik-Hôtel, une riche Lady Margaret allait s’employer à harceler sexuellement un groom charmant et non dénué de répondant, appelé Antoine. Et tout ceci en chanson.

J’ajoute que comme j’allais écrire le texte, je me suis dit que j’allais pouvoir, en plus, assister au spectacle toutes les fois que j’en aurais envie, sans payer ma place. Pas par pure radinerie, mais parce que cette Diva me fait l’effet du prozac sans les contre indications. Elle n’est pas chimique, elle est alchimique. Et elle me rend une confiance dans le monde, bien abimé ces derniers temps. Tout ne va pas si mal que ça puisqu’une telle incarnation est possible.

Bon, j’arrête là pour ne pas passer pour un courtisan fanatisé. Qu’on sache juste que Michel Fau a été le premier comédien à interpréter un de mes textes sur une scène de théâtre. C’était en 1997. C’était Hyène ou le monologue de Théodore-Frédéric Benoît, un texte noir, étouffant et sans espoir. Et quand Michel a commencé à jouer, les spectateurs ont ri. À mon plus grand étonnement. J’ai alors compris la force du rire en terrain dramatique. C’est vrai aussi que les spectateurs riaient moins à la fin. 22 pièces et un Molière plus tard, je peux dire que la leçon que Michel m’a donnée ce jour-là a imprégné mon travail d’auteur. C’était en 1997, au 18 Théâtre, dans une mise en scène de Jean Macqueron. Auteur débutant, j’ignorais alors tout de la chance qui m’était donnée.

Christian Siméon, Paris, le 27 mai 2016

Avis du public : Névrotik-hôtel

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    Agnes B. 09 janvier 2017

    Merci Michel Fau Simplement sublime. Merci! »
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