Lorenzaccio

Trianon , Paris
Du 16 septembre au 09 novembre 2008
Durée : 2 heures

CLASSIQUE
Inspirée de l’histoire de Florence au temps des Médicis et probablement de chroniques florentines authentiques, Lorenzaccio est un des chefs-d’œuvre du théâtre romantique, tant par la complexité de sa structure que par le caractère exceptionnel du personnage principal Lorenzo, héros tragique affrontant la fatalité du destin.
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Spectacle terminé depuis le 09 novembre 2008

Prix tous frais inclus
 

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Lorenzaccio

De
Alfred de Musset
Mise en scène
Stéphane Gildas
Avec
Jean-Philippe Ancelle, Julie Bertin, Giancarlo Ciarapica, Yann de Sousa, Cyril Denier, Katia Fonberg, Valérie Fruaut, Stéphane Gildas, Lucien Jérôme, Francis Lalanne, Manuel Olinger, Jean-Pierre Rochette, Jean-Pierre Savinaud, Eebra Touré, Maurice Zaoui

Cette célèbre pièce de théâtre a été écrite par Alfred de Musset. Il y décrit un héros tragique, Lorenzo, affrontant la fatalité du destin. Il faut attendre 1896 pour voir la première représentation du drame, au théâtre de la Renaissance, dans une adaptation qui redistribue l'action en six actes. Lorenzaccio y est incarné par Sarah Bernhardt. Par la suite, le rôle fut repris par d'autres actrices, avant d'être interprété pour la première fois par un homme, au festival d'Avignon.

  • Lorenzaccio, un chef-d’œuvre

Le sujet lui avait été proposé par Georges Sand, au début de leur liaison, et elle même s’était inspirée d’un chroniqueur florentin, Benedetto Varchi.

Longtemps méconnu, son drame en cinq actes et en prose Lorenzaccio (qui ne fut représenté qu’en 1896) est un des chefs-d’œuvre du théâtre romantique, tant par la complexité de sa structure que par le caractère exceptionnel du personnage principal.

Inspirée de l’histoire de Florence au temps des Médicis - et probablement de chroniques florentines authentiques -, l’intrigue met en scène le personnage de Lorenzo, jeune cousin du duc régnant, Alexandre de Médicis. Personnage de bouffon et de lâche, Lorenzaccio médite en secret l’assassinat d’Alexandre, qui doit libérer sa patrie et porter au pouvoir les républicains. Pour ce faire, il renonce à son honneur et à sa réputation : il s’insinue dans les bonnes grâces du tyran et se met au service de ses caprices. le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles-Quint et ceux du pontife romain, est son plus ferme soutien. Lorenzo imagine qu'en abattant Alexandre il fournira au parti national et républicain de Toscane l'occasion de libérer la cité.

La pièce ressuscite cette Florence du XVIème, les vices d'Alexandre, l'avidité des marchands, l'indignation du peuple, la conjuration des grandes familles. Lorenzo de Médicis s'appelle avec mépris Lorenzaccio. Mais le geste de Lorenzaccio, dérisoire, n’aura pas d’autre effet que de faire basculer le pouvoir aux mains d’un autre clan, et n’entraîne aucun changement politique radical. Honni, calomnié, le jeune homme voit sa tête mise à prix et s’offre lui-même au couteau de ses assassins.

Il se trouve du même coup renvoyé aux oubliettes de l’histoire et à la vanité désespérante de l’action politique. On le voit, cette réflexion amère et cruelle sur la vanité de toute action humaine est une transposition limpide des sentiments de l’auteur sur la révolution ratée de Juillet 1830. Figure emblématique de l’imaginaire mussetien, Lorenzaccio, prisonnier du masque de vice par lequel il comptait s’élever à la vertu d’un acte héroïque, est sans doute une des figures les plus marquantes du théâtre français.

  • La mise en scène

Aujourd'hui, Stéphane Gildas, tout en respectant le théâtre contemporain, s'en empare, et présente un spectacle extraordinairement mûri et très abouti. Le texte admirable de Musset trouve une incarnation exemplaire dans les cœurs et les corps palpitants des acteurs. Spectacle de chair, de frissons et de sentiments, "ce Lorenzaccio" explore avec finesse et sensibilité les méandres d'un chef-d’œuvre que l'on dit difficile.

L'écoute est facile et captivante, de bout en bout. On sent les acteurs pénétrés de leurs personnages composition admirable... Ce spectacle a une couleur, un esprit, une tonalité, tout en nuance et en force .

Extrait : "Philippe : Pauvre enfant, tu me navres le cœur ! Mais tu es honnête, quand tu auras délivré ta patrie, tu le redeviendras.
Lorenzo : Il est trop tard. Je me suis fait à ce métier. Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de ma gaieté. Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin, et ce qui m'étonne en lui, c'est qu'il n'y ait pas laissé sa raison. Profite de moi, Philippe, voilà ce que j'ai à te dire ; ne travaille pas pour la patrie."

Mettre en scène Lorenzaccio est un redoutable privilège qui appelle une réflexion sur l’humanité, sur l’égalité des hommes, et sur l’équité face à dieu ou la justice. Une analyse devant laquelle on demeure longtemps songeur, avant de s'y lancer. Une aventure humaniste. Musset nous adresse à tous, encore aujourd'hui, une série d'avertissements, et nous tend des miroirs, pour regarder nos erreurs passées, et ces mêmes miroirs, pour nous rappeler que nous sommes et demeurons notre pire ennemi, si nous n’essayons pas de transformer nos consciences, si nous voulons bâtir un monde ou les peuples et les nations seraient enfin libre, et en paix.

La Florence imaginaire de Musset ressemble en bien des points à la France des années 1830, telle qu'il l'a vécue : cet étalement de la corruption du pouvoir, ce sentiment d'étouffement de la jeunesse qui nous rejoint au 21ème siècle. C'est à l'avenir qu'il prétend s'adresser dans toutes les langues. Lorenzaccio reste et demeure la pièce la plus contemporaine de toutes les œuvres.

Le drame romantique a vécu une vingtaine d’années dans la première moitié du XIXème siècle. La jeunesse romantique est une jeunesse fougueuse, qui ne se sent pas à l’aise dans l’époque où elle vit. La jeunesse romantique est donc à la recherche d’actes héroïques, De même, elle refuse tout ce qui est cher aux classiques (refus du théâtre classique avec toutes ses règles et ses contraintes).

Refus de la règle des trois unités : les romantiques veulent se libérer de la forme et refusent la règle des trois unités car elle étouffe le génie. Les romantiques prétendent qu’on peut écrire une pièce de théâtre en mélangeant les tons, refusant ainsi qu’il y ait que du tragique dans une tragédie, que du comique dans une comédie, etc.

Rejet du drame bourgeois : dans celui-ci, Stéphane Gildas reconstitue l’ambiance par des décors symbolisés par trois colonnes représentant l'évolution de l'homme. Costumes, conçus, dans le ton des trois couleurs fondamentales de la vie ; le blanc, le rouge et le noir… lumières nous rapprochant de la réalité, tout en respectant le 16ème siècle.

Le metteur Stéphane Gildas, ayant l’habitude de diriger des spectacles comprenant des distributions d’acteurs imposantes (Les fielleux, le dernier vampire, baroufe à Chioggia etc.), manifeste son plaisir et son émotion de pouvoir mettre ce chantier en action avec des acteurs aussi perfectionnistes et talentueux avec des parcours tant différent que lumineux.

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Avis du public : Lorenzaccio

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11 commentaire(s)

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    Denis J. 15 novembre 2008

    RE: RE: RE: RE: RE: Lorenzaccio Francis Lalanne est un homme érudit en prosodie c'est un poète au plus profond de son être. Le faisant entrer dans la Société des Poétes Français je ressens un sentiment de fierté. Denis Jaillon. »
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    Denis J. 15 novembre 2008

    RE: RE: RE: RE: Lorenzaccio Francis Lalanne est un homme érudit en prosodie c'est un poète au plus profond de son être et il m'a demandé d'être son parrain en poésie. Le faisant intégrer à la Société des Poètes Français je ressent un sentiment de fierté pour mon filleul. Denis Jaillon. »
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    Claire B. 27 octobre 2008

    RE: RE: RE: Lorenzaccio parce que Francis est poéte????? »
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    Denis J. 12 octobre 2008

    RE: RE: Lorenzaccio Merci pour Francis Je suis son parrain auprès de la Société des Poètes Français Denis Jaillon Poète »
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    Denis J. 12 octobre 2008

    RE: RE: RE: Lorenzaccio Merci pour Francis Je suis son parrain auprès de lda Société des Poètes Français Denis Jaillon Poète »
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    Denis J. 12 octobre 2008

    RE: RE: Lorenzaccio Merci pour Francis Je suis son parrain à la Société des Poètes Français Denis Jaillon Poète »
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    Denis J. 12 octobre 2008

    RE: Lorenzaccio Merci pour Francis, Je suis son parrain auprès de la Société des Poétes Français. Denis Jaillon. Poète »
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    Jean marc G. 07 octobre 2008

    RE: Lorenzaccio Spectacle grandiose, une magnifique mise en scène de Stéphane Gildas. Pièce intense et captivante, l'interprétation remarquable tant de Francis Lalanne que de l'ensemble des comédiens, la musique et les lumières nous plongent au coeur de l'intrigue ! Un grand bravo à tous et toutes ! Un grand moment de théâtre à ne surtout pas manquer ! Jean Marc Gérard. »
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    Nathalie C. 21 septembre 2008

    RE: RE: Lorenzaccio Pas de mots....... de l 'emotion. Francis Lalanne lumineux, nous emporte entre amour haine et compassion. Une mise en scene non édulcorée qui ose la crudité et la violence, et qui somme toute reste fidèle à l' oeuvre. Des acteurs puissants sans aucunes fausses notes A voir absolument »
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    Chrystèle J. 21 septembre 2008

    RE: Lorenzaccio Excellente prestation de Francis Lalanne (je craignais de le voir trop grandiloquant) : il est juste, émouvant, écartelé... bref, génial ! Chapeau aussi pour la mise en scène avant-gardiste: sa crudité n'a rien de voyeuriste, dans la mesure où elle colle à la pensée de Musset. Un bémol : certaines coupes, par rapport à l'oeuvre originale, manquent... et du coup, on y perd en substance... dommage ! Au total : cela vaut quand même franchement le détour ! »
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