Le Serment d'Hippocrate

Théâtre 14 , Paris

Du 07 mars au 22 avril 2017
Durée : 1h30 environ

COMEDIE & BOULEVARD

,

Comédie de moeurs

,

Coups de coeur

Patrick Pelloquet met en scène cinq excellents comédiens dans une pièce très drôle de Louis Calaferte, confrontation juste et irrésistible de petites gens avec le monde médical.
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Spectacle terminé depuis le 22 avril 2017

 

Photos & vidéos

Le Serment d'Hippocrate

De

Louis Calaferte

Mise en scène

Patrick Pelloquet

Avec

Gérard Darman

,

Pierre Gondard

,

Patrick Pelloquet

,

Christine Peyssens

,

Yvette Poirier

,

Georges Richardeau

  • Une comédie actuelle

Le Serment d’Hippocrate est une comédie. Une comédie d’aujourd’hui, nourrie des comédies de moeurs de Molière et des comédies d’intrigue et de caractères de Labiche et Feydeau... c’est une comédie « Calafertienne », une comédie de comportement, réaliste et dérisoire.

« Lucien » et « Madeleine » hébergent chez eux « Papa », père de Lucien, et « Bon Maman » 77 ans, mère de Madeleine. Nous pénétrons dans leur intimité le jour ou « Bon Maman » fait une syncope pendant le déjeuner. Le médecin de famille étant absent, on fait appel au docteur Blondeau choisi au hasard sur l’annuaire... Commence alors pour la patiente et sa famille une confrontation d’une justesse et d’une drôlerie irrésistible avec le monde médical…

Louis Calaferte nous renvoie à des situations qui nous sont familières, en y injectant une dose de dérision qui provoque le rire même dans les situations les plus dramatiques. Il nous propose ici une « fiction » burlesque très proche de la réalité. Les relations entre le médecin et sa patiente, les réactions des proches, fille, gendre, beau-père... tout est « disséqué » avec une grande véracité...

Tout démarre dans le quotidien le plus banal et un simple « petit malaise » va déclencher un cataclysme au comique ravageur, qui, en même temps qu’il nous divertit, au fond, nous émeut.

C’est ce mélange de rires et d’émotions qui fait la force et l’originalité du théâtre de Louis Calaferte.

  • Quand Patrick Pelloquet rencontre Louis Calaferte

Me voici à nouveau en compagnie de Louis Calaferte. Ces rendez-vous sont réguliers et indispensables pour moi. Ils jalonnent mon parcours depuis presque dix-huit ans. 
J’aime raconter la vie de ces personnages en prise avec des problématiques qui les dépassent dans un monde trop grand pour eux. J’aime ces comédies à la tonalité grinçante. J’aime cette langue apparemment quotidienne, minutieuse et musicale. J’aime ce théâtre du constat, du vrai expérimenté comme le définit son auteur.

Le Serment d’Hippocrate n’échappe pas à la règle. La cellule familiale, très souvent présente dans son œuvre, est une nouvelle fois réunie. Après avoir été confrontée à la consommation dans Les Mandibules, au monde du travail dans Une Souris grise, ou à l’étranger dans La Bataille de Waterloo, elle est cette fois aux prises avec la maladie et la médecine. Comment ne pas remettre sa vie entre les mains de ceux qui savent quand la nécessité l’impose ?

Le propos est universel. La situation connue de tous. Le sujet est grave mais l’œuvre est joyeuse, comme toujours chez Calaferte. Il a toujours eu ce désir de provoquer le rire dans son théâtre baroque, même si personne n’est dupe, à commencer par lui dont la vie ne fut que souffrance et que révolte. Ce désir est généreux dans son envie de rencontrer le public et au combien exigeant pour les acteurs. Le Serment d’Hippocrate nous parle avec humour de l’ultime désarroi, de l’ultime inquiétude de l’homme âgé et de la trahison du serment, elle nous parle des relations intergénérationnelles, de l’envie d’être et de survivre.

L’équipe qui m’entoure connait bien Louis Calaferte, l’homme et l’œuvre. Ils savent les pièges à éviter et où se niche l’essentiel.
Ce projet s’inscrit dans le cadre des hommages que de nombreux artistes ont rendu à Louis Calaferte en 2014 pour commémorer le vingtième anniversaire de sa disparition. Il est pour moi le témoignage de mon amitié fidèle à Guillemette, son épouse, qui depuis plusieurs années m’a réservé les droits de cette pièce.

Patrick Pelloquet

  • Note d'intention

C’est Jean-Pierre Miquel qui m’a transmis le virus Louis Calaferte. J’ai été son assistant au Centre Dramatique National de Reims. Jean-Pierre, à l’origine des créations de plusieurs textes de Louis Calaferte à Amiens ou au « petit Odéon », connaissait mon goût pour « les personnages du quotidien» et le sens de la dérision... Il avait confié à Denis Llorca, metteur en scène associé au Centre Dramatique le soin de monter Les Mandibules quelques années auparavant et il m’a offert le texte. J’ai donc fait la connaissance de Louis Calaferte par le théâtre, par Les mandibules, pièce que je montais en 1996. Cette œuvre fût pour moi une révélation. Puis je créais Une Souris grise en 2004 et La Bataille de Waterloo, L’Entonnoir et Trafic en 2009.

Mécanisme et musicalité du texte
Je faisais l’expérience en écoutant le texte lu à haute voix par les acteurs de la nécessité d’un rythme, d’une articulation, de l’affirmation, parfois péremptoire, des mots pour entendre le dérisoire, le vide, le rien, la solitude. Les personnages habillent de certitudes verbales des vides existentiels. Des phrases aux limites du lieu commun, des proverbes qui se transmettent de génération en génération, des mots aux sonorités accordées viennent rassurer des personnages angoissés par le « silence », seul écho à leur attente. Pas de psychologie, de temps psychologique, mais seulement des variations mécaniques et musicales...
Le plaisir du jeu se cache dans le plaisir de prononcer, de mâcher, d’articuler, d’affirmer. La musique se révèle d’elle-même, les doubles ou triples croches phonétiques font apparaître les doubles ou triples sens du verbe et l’on s’amuse.

Construction des personnages
Il n’y a pas de construction psychologique ou de « naturalisme » des personnages. 
Par exemple, il y a souvent des enfants dans les pièces de Calaferte (Baby et Babette dans Les Mandibules, Ludovic dans Une Souris grise ou Annibal et Eléonore dans La Bataille de Waterloo) qui sont interprétés par des comédiens adultes sans aucun problème. Les personnages de Louis Calaferte sont des stéréotypes de comportements, des individus qui composent notre société à l’image des play-mobil ces petites figurines pour les enfants. L’acteur ou l’actrice met son corps, sa voix, au service du stéréotype qu’il interprète, le papa, la maman, la grand-mère. Chacun des personnages sera affublé des signes, des codes qui authentifient son statut dans la société au regard de la majorité. Il faut que les acteurs acceptent cette première période de travail, très formelle, qui fait abstraction de tout investissement sensible. Il ne s’agit pas de nier l’interprète mais il s’agit de lui faire revêtir cette fine pellicule de formalisme qui lui confère un statut d’universalité. Le comédien qui joue le papa incarne la paternité. 
Dans le répertoire de Louis Calaferte tout le monde peut tout jouer. Ce qui importe c’est la complémentarité des énergies, le sens du rythme dans l’échange et la nécessaire affirmation de la pensée. Etre dans l’universel en interprétant l’anecdotique impose l’émerveillement, l’enthousiasme, la révolte, le bonheur de celui qui s’enivre de découvertes et se rassure de certitudes. On doit jouer Calaferte sans malice. C’est lui qui nous la donne en réponse à notre sincérité d’interprétation.

Le constat expérimenté
Les situations sont tout de suite identifiables. 
Elles nous envoient à une intimité plus ou moins avouable de nos comportements quotidiens. Il nous invite en terres connues puis introduit le grain de sable dans la mécanique des certitudes.
 Il aime faire entrer l’extérieur dans le cocon le plus intime, le plus protégé. Madame Ondula, la voisine de La Bataille de Waterloo entre dans l’intimité du couple formé par Alexandre et Gertrude comme le fait Hans Otto Waterbrunner chez les Bernachons dans Une Souris grise ou le Bambi de L’Entonnoir qui fait connaissance de ses propres parents. Et quand l’ennemi ne vient pas de l’extérieur, c’est par l’intérieur qu’il se manifeste et la tuyauterie corporelle fait des siennes. Cette fois Calaferte nous entraîne sur les chemins de sa révolte contre la maladie et le monde médical. Lui qui a souffert dans sa chair pendant de très nombreuses années, il met en scène la nécessaire soumission du patient et de son entourage à l’autorité du savoir. Lui qui refusait toute forme de dépendance, il dénonce l’escroquerie, les abus et la trahison du serment de certains médecins. Il nous parle du désarroi, de l’incompréhension et de l’injustice devant la maladie.

« L’arthrose dont je souffre abominablement serait inscrite dans le processus de développement de la maladie de Kahler, qu’on a identifiée chez moi il y a quelques années. Quant à mon histoire pulmonaire, la cause en serait identique. Je n’arrive pas à croire un mot de toutes ces élucubrations médicales ». Louis Calaferte, Le Jardin fermé

Dans Le Serment d’Hippocrate la cellule familiale est représentée au travers de deux générations, Madeleine et sa mère, bonne maman 77 ans, et Lucien et son père, papa 78 ans. Après avoir été confrontée à la consommation puis à la pénurie de nourriture dans Les Mandibules, au monde du travail et à la promotion interne à l’entreprise dans Une Souris grise, à la présence de l’étranger et de ses différences dans La Bataille de Waterloo, la famille doit cette fois faire face à l’autoritarisme du monde médical. Les enfants vont devoir prendre en charge les parents et mettre à exécution les prescriptions des médecins. Cette situation exacerbe les rapports intergénérationnels ainsi que les rapports de couple.

Scénographie
Les personnages de Louis Calaferte sont attaqués de toutes parts et tentent de survivre par tous les moyens. On les observe se débattre comme des rats soumis à une expérience scientifique.L’écriture nécessite une scénographie pure, sans anecdotes, aseptisée et voyeurist entre la paillasse de laboratoire et le show-room de centre commercial. Elle doit répondre à une nécessité minimum de réalisme sans être naturaliste. Les lumières doivent être froides et les matériaux artificiels pour mieux percevoir la vie, pour mieux entendre battre les cœurs, couler les larmes et claquer les rires. Les personnages évolueront dans une photo polaroïd support visuel instantané référencé à une époque, très prisé des amateurs et largement utilisé dès son apparition par le monde médical.

Un auteur prémonitoire ?
Il appelle à la désobéissance et voit le troupeau au bord de la falaise. 
Il projette dans le temps les dérives de son époque et le constat que nous en faisons aujourd’hui est malheureusement troublant de vérité. 
J’ai créé Les Mandibules au moment de l’affaire de la vache folle en 1996 et, depuis, le questionnement lié à la production et à la consommation de nourriture sur la planète s’est intensifié. Il en va de même dans ses anticipations concernant le rapport au travail, à l’éducation. Le Serment d’Hippocrate nous renvoie au comportement individuel face aux prescriptions médicales. Le monde de la santé, aujourd’hui, fait l’objet d’enjeux économiques très importants. Le docteur Knock créait sa clientèle. La comédie grinçante de Jules Romains dénonçait la manipulation à des fins commerciales des patients par un médecin peu scrupuleux.
 A l’époque où fleurissent de nombreux scandales sanitaires, Calaferte s’engage dans cette voie.
 Comme Knock, les médecins du Serment d’Hippocrate pourraient affirmer que le tort des patients, c’est de dormir, dans une sécurité trompeuse dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie.
 Les personnages vivent une métaphysique quotidienne qui les dépasse et avec laquelle ils composent du mieux possible dans la solitude et l’anonymat de leur condition. 
Calaferte n’est pas moraliste et ne condamne pas cette « irresponsabilité ». Il leur souffle à l’oreille.

Le rire
« Est-ce qu’ils ont ri ? » Voilà la question qui taraude Guillemette l’épouse de Louis, à chaque représentation. Et elle a mille fois raison. C’est essentiel ! 
Mais il ne faut pas se contenter du premier rire. Cette première couche immédiate et efficace à la première lecture du texte. Il faut plonger profond pour comprendre et ressentir la nature de ce comique pour en savourer la force et mieux le restituer chaque soir en représentation. Le théâtre de Louis Calaferte est d’une efficacité immédiate et cela peut être un danger pour des interprètes en manque d’exigence. Il faut s’emparer d’un comique dévastateur qui puise ses origines dans la vie même de l’auteur. Tous les acteurs qui jouent Calaferte se doivent de connaitre l’homme, pour éviter tout malentendu. Beaucoup de textes du Théâtre baroque contiennent un aspect comique fort, évident et les personnages de ces comédies ne font rire qu’autant qu’ils sont pitoyables.

« Le vrai comique est celui qui, en même temps qu’il nous divertit, au fond nous émeut. Jamais il n’est si proche de la perfection que lorsque, par une infime déviation, il pourrait se métamorphoser en tragique. Il doit éveiller en nous les résonnances dont on ne sait de quel indéfinissable malaise. La création, c’est la vie.
L’art, c’est une envie d’être, une envie de vivre.
Quand allons-nous vivre ? Il est urgent et important d’apprendre à vivre et à aimer. Il faudrait arriver à faire comprendre cela petit à petit. » Louis Calaferte

« Cette volonté guide mon travail depuis des années maintenant. » Patrick Pelloquet


Avis du public : Le Serment d'Hippocrate

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    Françoise C. 22 avril 2017

    La dernière représentation Excellentissime. Des acteurs drôles drôles drôles . On se croit chez eux. Comme lorsqu'on fait des visites!!! Ils sont aussi émouvants et nous rappellent nos vieux parents. Qu'ils continuent ou recommencent ailleurs. Merci beaucoup pour cette soireee. »
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    Bernard C. 18 avril 2017

    le serment d' Hippocrate Très bon spectacle . Le début ancré dans la réalité du quotidien est extrêmement drôle et lucide , puis les toubibs amènent la note "déjantée" mais finalement ... pas tant que ça ....!! Belle réflexion sur le vieillissement ; ainsi que sur l' autorité médicale ! Les comédiens sont exceptionnels de justesse et de drôlerie ; Merci à eux ! »
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    Bernard D. 09 avril 2017

    Le Serment d'Hippocrate La comédie débute par des rires aux larmes grâce à un humour bon enfant ; cet humour s'érode naturellement au fil du spectacle. Les comédiens, très talentueux se "donnent à fond". C'est certes du Molière revisité, sans prétentions, qui permet de passer une bonne soirée. »
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    Philippe B. 08 avril 2017

    Primum non nocere...laissez-moi rire J'ai aimé, même si j'aurais apprécié que ce soit plus mordant à l'égard du corps médical. Les comédiens très bons et Gérard Darman vraiment excellent! Un régal de drôlerie Encore merci »
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    Nicholas B. 24 mars 2017

    Le Serment d'Hippocrate Amusant, beaucoup de rires. Mais... une bonne analyse des problèmes des personnes agées, surtout ceux/celles logées avec leurs enfants. Les comédiens archi-doués. »
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    Gérard A. 16 mars 2017

    Ca fait du bien où ça fait mal Quel bonheur du début à la fin ! Sur un rythme effréné, le metteur en scène nous cloue au fauteuil et nous offre 1h30 de bonheur sur ce texte ciselé à souhait. Cette situation poussée dans la démesure nous amène à nous interroger sur ce qui se passerait si nos médecins ressemblaient à ces deux caricatures. C'est réglé à la perfection et les six comédiens s'en donnent à cœur joie pour notre plus grand plaisir. C'est drôle, caustique, mais jamais vulgaire ; une réussite ! »
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