L'Héritier de village

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Théâtre Suresnes - Jean Vilar , Suresnes

Du 19 au 21 mars 2017
Durée : 1h30

CLASSIQUE

Blaise est un paysan au langage fleuri et à la bourse plate. Jusqu’au jour où il reçoit de son défunt frère un héritage inattendu.
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L'Héritier de village

De

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Mise en scène

Sandrine Anglade

Avec

Julie Bertin

,

Johann Cuny

,

Vincent Debost

,

Romain Guerret

,

Tonin Palazzotto

,

Arnaud Pilard

,

Yan Tassin

,

Julie Teuf

  • Un classique vu par une femme d'aujourd'hui

Le voilà riche de cent mille francs qu’il place, sur les conseils d’un banquier. Tout imbu de sa nouvelle position, il adopte de grands airs, singe les manières du beau monde et scelle les épousailles de ses enfants avec deux nobliaux sans le sou, fous amoureux du magot. La noce bat son plein quand la nouvelle tombe : le banquier s’est enfui avec la caisse. La sanction n’attend pas : tout ce joli monde décampe illico et lui tourne le dos presto.

Metteure en scène d’opéra et de théâtre, Sandrine Anglade porte sur cette pièce de 1725, écrite au lendemain de la fameuse banqueroute de Law, le regard d’une femme d’aujourd’hui. Elle en modernise les détails mais l’essentiel n’a pas à l’être. Le nouveau riche de Marivaux est ridicule, mais plus pathétique que grotesque parce qu’il n’est qu’une victime. Victime d’une société corrompue par l’argent, dupe d’une fausse connivence nouée par intérêt et dindon d’une farce qui, en 2017, fait toujours recette.

  • Note d'intention

La pièce narre en filigrane l'incroyable déroute du système financier inventé par John Law en 1725. L'homme d'affaires privé, jouant de ses accointances avec les milieux politiques, prend littéralement le contrôle sur les finances du royaume et provoque le premier grand krach boursier de l’histoire. Pièce sur la naissance du capitalisme, l’«héritier» est une farce autant qu'une fable, un regard joyeusement ironique porté sur les dysfonctionnements humains et sociaux que la spirale spéculative engendre : comportements décalés, séductions déplacées, mélanges incongrus des idiomes, où chacun s'oublie dans la fausseté, où le dialogue n'a plus d'éthique. Le projet est d'en faire une lecture revigorante et pleine d'humour, s'appuyant sur une distribution aguerrie à la subtilité marivaldienne, fougueuse et énergique, dialoguant avec l'invention musicale des deux guitaristes du groupe Aline présents sur scène.

Nous sommes à l'arrière d'un théâtre d'aujourd'hui, qui synthétise loges, douches, local technique, espace d’entretien des costumes... Nos acteurs, nos musiciens sont là : ils incarnent des individus d'aujourd'hui s’adonnant au théâtre parce qu’il est un moyen de sortir de soi, de prendre la parole sur la société à travers les mots d’un autre. Chacun est venu pour répéter L’héritier de village sur le plateau, mais de façon impromptue, par jeu, par plaisir d’invention, la pièce se lance les loges avant le début officiel de la répétition. Tout se réinvente là, dans cet espace où l'on n'est plus tout à fait dans la vie, pas encore sur scène. Le plateau comme espace de la liberté de parole. Rejouant le 18ème siècle sans jamais vraiment quitter notre époque, les comédiens tissent en filigrane des ponts entre la crise de 1720 et celle de 2008 ; ces dernières s’expliquant par les mêmes mécanismes économiques (cf. John Law, le magicien de la date, ou 1715-2015, quand la monnaie devient folle, par Bertrand Martinot, sept. 2015).

L'univers sonore reflète cet emboîtement des époques : répertoire du 18ème revisité et réarrangé par un duo pop. Par leurs présences sur scène avec leurs guitares et leurs amplis, les musiciens opèrent aussi ce basculement permanent entre la fiction représentée et la situation « réelle ». Ils créent une ambiance sonore qui se tisse avec la langue de Marivaux, sont sollicités par les acteurs pour mettre en valeur leur jeu ou leurs propos ou à l'inverse font surgir sur le vif des chansons d'époque interprétées par les comédiens. Ainsi représentée, la pièce apparaît comme un formidable «tribune», dénonçant, à travers le rire, notre propre cupidité et nos dangereuses illusions.

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