L'Empereur c'est moi

Studio Hébertot , Paris

Du 15 au 20 novembre 2016
Durée : 1h15

CONTEMPORAIN

Autoportrait d’un enfant en colère, le récit d’une jeunesse passée dans l’isolement, le combat sans merci d’un garçon avec son double. Spectacle traduit en langue des signes LSF
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Spectacle terminé depuis le 20 novembre 2016

 

Photos & vidéos

L'Empereur c'est moi

De

Hugo Horiot

Mise en scène

Vincent Poirier

Avec

Clémence Colin

,

Hugo Horiot

Spectacle traduit en langue des signes LSF

  • Une histoire vraie

Cette pièce est une histoire vraie. C’est l’autoportrait d’un enfant en colère, le récit d’une jeunesse passée dans l’isolement, le combat sans merci d’un jeune garçon avec son double.

Hugo a 4 ans : il refuse de parler, il s’appelle Julien, il est fasciné par tout ce qui tourne et conçoit un plan magistral pour revenir dans le ventre de sa mère.

Hugo a 6 ans : il enterre Julien et décide de sortir de son isolement : il parle.

Hugo a 12 ans : après un ultime combat contre ses camarades, Hugo choisit de vivre, envers et contre tout.

Mêlant l’imaginaire aux souvenirs d’un enfant autiste, Hugo raconte sa souffrance d’être différent, son refus de parler, son désir d’être un autre jusqu’à vouloir changer son nom. L’empereur c’est moi ! est une magnifique déclaration d’amour d’un fils à sa mère.

C’est une révolte contre l’enfermement et contre l’exclusion, et un implacable miroir de nos préjugés.

  • Extraits

« Quand je rêve, je vois une image, je bloque cette image et j’entre dans mon rêve. Ces images s’entrechoquent, disparaissent et reviennent. J’ai peur qu’elles ne s’échappent. Alors je les dessine. Et elles existent. Dans ma tête, je tâche d’y passer le plus de temps possible, et ça ne plaît pas vraiment aux autres. Je rêve endormi, je rêve éveillé. Je suis un rêveur, comme ils disent. »

« C’est ça qu’ils veulent : détruire les images que j’ai dans la tête pour m’imposer leur rêve à eux. Leur sombre songe dont je ne veux pas faire partie. Figurant du rêve général et formaté, ça ne m’intéresse pas. Ce sera sans moi et moi sans vous. »

« À l’école, les fantômes ont disparu. Ils n’aiment pas cet endroit et moi non plus. Les lieux sans fantômes me désespèrent. Alors je reste avec les images qui tournent dans ma tête, les images que les fantômes m’ont soufflées. À l’école, on m’empêche de traduire ces images. Alors je me dis qu’une existence de fantôme me plairait bien. Bien plus que celle d’un écolier en tout cas. Je ne veux pas entendre les voix et les cris autour de moi. Je préfère le silence. Je suis le fantôme de l’école. »

  • Note de mise en scène

Il y a plus de vingt ans Françoise Lefèvre décidait de raconter son histoire avec son petit garçon qui ne parle pas mais qui crie très fort. Il s’agissait d’Hugo. Le roman s’intitulait Le Petit Prince Cannibale et remporta le prix Goncourt des lycéens. Des années plus tard, Hugo décidait de répondre à sa mère. Il offrait alors une nouvelle lumière au Petit Prince cannibale.

Comment se raconte une enfance sans parole ?
Enfant, Hugo croyait les mots capables de ressusciter les morts - en l’occurrence sa maman tombée à terre après avoir croqué la pomme de la sorcière de Blanche Neige. Ce n’est pas parce qu’il doutait de la puissance du langage qu’il ne parlait pas. Ce n’est pas non plus parce qu’il ne savait pas parler ou parce qu’il était timide. Mais pour de multiples autres raisons, parmi lesquelles la peur de devenir trop grand et ne plus pouvoir retourner dans le ventre de sa maman ; ne pas vouloir communiquer avec des gens qu’il méprise profondément ; ne pas leur jeter à la figure toute la violence qu’il ressent à leur égard.

Hugo Horiot, auteur acteur.
Pour mettre en scène ce spectacle, j’ai d’abord cherché à faire ressortir le caractère morcelé et violent du texte. Et pour approcher la vérité du texte, j’ai décidé de diriger Hugo Horiot dans son propre rôle. Ce spectacle aborde la question de l’exclusion et de l’isolement. Il me semblait important de confier cette parole à Hugo, mais aussi à un autre témoin qui a pu s’emparer de cette parole avec une autre sensibilité.

Clémence Colin, actrice sourde.
Clémence traverse le spectacle en traduisant le texte en LSF (Langue des Signes Françaises). Mais je ne voulais pas que cette interprète soit cantonnée à faire sa traduction dans un coin. Je n’allais pas mettre à l’écart une actrice dans un spectacle qui s’insurge contre l’exclusion des personnes différentes. Je voulais qu’elle se déplace à loisir sur le plateau. Parfois Hugo se met à parler alors que Clémence a déjà commencé à signer, on ne sait alors plus très bien qui traduit les propos de qui. Clémence n’est pas seulement « l’interprète » d’Hugo qui nous raconte sa difficile venue au langage : elle est le même personnage que lui. Elle incarne également, avec pudeur et sensualité, les personnages clefs de la vie d’Hugo.

Sur la scène, deux acteurs.
Lorsque le spectacle commence, le plateau est encombré d’attributs enfantins (armoire, porte manteau, tourne disques, caisse de jouets…). Lorsque le spectacle s’achève, le plateau est presque nu. Ne restent que du sable renversé et un petit parallélépipède métallique.

La violence qu’Hugo se refusait à formuler s’est exprimée autrement que par des mots, elle s’est manifestée par des gestes. Hugo a progressivement tout détruit autour de lui.

Au fur et à mesure que le plateau se vide, la structure en bois qui encadre l’espace scénique, et dont la forme renvoie au parallélépipède métallique, ressort. Ce qui pouvait alors être interprété comme les poutres d’une chambre d’enfant devient cage, reflet angoissant de la question de l’enfermement qui traverse le livre.

Ce spectacle est un tête à tête avec le public. C’est une prise de contact souvent drôle, corrosive et jouissive, faite de provocations, de coups de colère, d’incompréhensions, d’un appel à l’affection.

C’est un duo attachant et émouvant, traversé par des voix, des sons, et des cris. Un duo qui se cherche et se trouve dans cette grande boîte où l’on devine la présence permanente d’une mère à l’écoute du silence.

Vincent Poirier

Avis du public : L'Empereur c'est moi

4 Avis

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    Aliette C. 21 novembre 2016

    l'empereur c'est moi Que d'émotions transmises par les deux acteurs, quelle présence sur scène! A voir et entendre »
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    Anne L. 20 novembre 2016

    L'Empereur c'est moi Fort, renversant, une mise en scène très subtile qui accompagne ces deux comédiens sur le fil des mots et des émotions. »
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    Roger L. 17 novembre 2016

    l empereur c est moi j avais écouté Hugo dans l émission de F. Lopez et j ai ce jour commandé le livre.hier quand je suis sorti.de la salle apres ce merveilleux spectacle de ces deux artistes.ces textes difficiles vécus sortis des tripes m ont laissé un long moment comme sonné.avant de m endormir j ai longtemps pensé à la maman D Hugo et Julien Roger Lozat »
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    Aliette C. 28 septembre 2016

    Il faut y aller, émouvant , belle présence des 2 comèdiens »
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