Grand Jacques, spectacle Jacques Brel

Neuilly-sur-Seine (92)
le 18 janvier 2002

Grand Jacques, spectacle Jacques Brel

En douze chansons couvrant une période allant du Plat pays (1962 ) aux Marquises (1977 ), « Grand Jacques » rend un hommage vibrant à Jacques Brel, auteur, compositeur et interprète.  Chansons paysages, où le temps s’immobilise, chansons portraits, chansons reportages, chroniques sociales, la plupart de ses chansons mettent l’humain au centre : l’impossibilité de l’amour, incommunicabilité entre les êtres, le sentiment d’abandon, l’injustice sociale, le refus de vieillir…

En douze chansons couvrant une période allant du Plat pays (1962 ) aux Marquises (1977 ), « Grand Jacques » rend un hommage vibrant à Jacques Brel, auteur, compositeur et interprète.  Chansons paysages, où le temps s’immobilise, chansons portraits, chansons reportages, chroniques sociales, la plupart de ses chansons mettent l’humain au centre : l’impossibilité de l’amour, incommunicabilité entre les êtres, le sentiment d’abandon, l’injustice sociale, le refus de vieillir…
Le spectacle ne sera cependant pas un récital mais le regard d’un homme de théâtre sur Jacques Brel auteur, compositeur, interprète. Car Jacques Brel demeure dans ma mémoire inséparable de son art inouï de la scène ; à lui seul il incarnait le théâtre aux yeux de l’adolescent que j’étais au début des années 60. A l’époque « yéyé » il était mon idole. J’eus le privilège d’assister quatre fois à son « tour de chant », aucune vidéo, aucun disque ne peut me rendre l’émotion qui ma gagnait dès la première chanson et qui étreignait bientôt la salle tout entière. Je n’oublierai jamais son engagement physique, la sueur lui dégoulinant du visage, le rythme infernal qu’il imposait au spectacle conçu comme un combat de boxe : il enchantait les chansons sans mot d’introduction, (sauf à la fin pour présenter ses musiciens). A peine avions-nous commencé à applaudir que déjà nous entendions l’orchestre entamer en boucle les premières notes de la chanson suivante.

Je n’oublierai jamais sa gestuelle, jambes et bras si longs, si mobiles, ses mimiques chevalines les dents en avant, chez lui tout partait du corps : « si tout mon corps n’aide pas le texte, ce n’est pas une chanson, seulement un petit truc habile » (1). Je n’oublierai pas l’extrême simplicité de l’espace scénique : seul un projecteur poursuite l’isolait du reste du plateau, une chaise, sa guitare dont il ne se servait que pour Le plat pays, les ruptures soudaines de son interprétation, cette manière toujours juste de camper ses personnages entre satire et tendresse, compassion et révolte, amour et haine « la prouesse est celle de l’acteur qui s’assimile au personnage et, simultanément se distancie de son rôle. D’où cette exceptionnelle justesse de geste et d’intention » (2). 

Brel à l’école de Brecht ! Jeune élève au conservatoire d’art dramatique de Rouen je n’avais pas fait ce rapprochement. Chansons paysages où « le temps s’immobilise », chansons portraits, chansons reportages, chroniques sociales, la plupart de ses chansons sont autobiographiques. Les mêmes thèmes les traversent qui mettent « l’autre » humain au centre : l’impossibilité de l’amour, l’incommunicabilité entre les êtres, le sentiment d’abandon, l’injustice sociale, la bêtise, l’ambition des médiocres, la croyance en la dignité de l’homme, celle qu’il y a à vouloir vivre debout, la compassion envers ceux que le chagrin brise, le refus de vieillir, et la mort qui attend. Brel avait « mal aux autres ». « Paraphrasant une réflexion de Kafka sur l’importance de la littérature on peut dire que le verbe en action de Brel s’est fait hache «pour briser la mer gelée en nous » » (3).

Alain Bézu

(1) Jacques Brel, entretiens avec Dominique Arban (Seghers 1967)
(2) et (3) Pierre Faure « Un théâtre total » (dans Chorus n°25, automne 1998)

Je reste persuadé que le travail d’orchestration de François Rauber sur la presque totalité des chansons de Jacques Brel est d’une importance capitale dans l’œuvre du Grand Jacques. L’élégance inimitable de l’écriture de François Rauber, son exigence, sa couleur ravélienne, sa tenue et son originalité (l’emploi du quatuor à cordes, des percussions, des Ondes Martenot – souvent réservés à la musique « classique » contemporaine) font date dans l’histoire de la chanson française. Ses partitions (spécialement écrites pour ce spectacle) pour deux instruments qu’il conduit en maître – le piano et l’accordéon – sont un privilège pour ceux qui auront à les interpréter et une chance inespérée pour ceux qui les découvriront.
Je sais que Jacques Brel les aurait aimées. 

Philippe Davenet

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Spectacle terminé depuis le vendredi 18 janvier 2002

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