Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni

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Théâtre de l'Odéon - Ateliers Berthier , Paris

Du 29 novembre au 07 décembre 2016
Durée : 1h15

CONTEMPORAIN

,

Coups de coeur

,

En langue étrangère

,

Festival d'automne

,

Sélection Pièce d'actualité

Au cœur de la crise économique grecque, on retrouve mortes quatre retraitées. Elles se sont suicidées. Toutes fictives qu'elles soient, ces quatre femmes nous forcent à regarder notre monde tel qu'il est. Un spectacle plein de vitalité et d'humour par un collectif italien talentueux mené par Antonio Tagliarini et Daria Deflorian. En italien surtitré français.
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Spectacle terminé depuis le 07 décembre 2016

 

Photos & vidéos

Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni

De

Daria Deflorian

,

Petros Markaris

,

Antonio Tagliarini

Avec

Daria Deflorian

,

Monica Piseddu

,

Antonio Tagliarini

,

Valentino Villa

Nous partons pour ne plus vous donner de soucis.

Spectacle en italien surtitré français

  • « Mes problèmes économiques ne sont pas ma vie. » Pétros Márkaris

Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni est un spectacle court, une heure à peine. Mais comme le remarque Tagliarini, ce « temps bref » peut aussi devenir une arme d’intensité massive, et la voix de la confidence est souvent celle qui porte le plus loin. Le peu de temps, la discrétion des paroles – l’économie, en somme – sont ici au cœur du propos, lui donnent sa rigueur et son humanité. Les quatre comédiens conquièrent de haute lutte leur droit d’entrer en scène et d’y rester. Afin (ajoute l’un d’entre eux, non sans malice) « de vous donner d’autres soucis. »

Le peu de temps, c’est celui qui reste à quatre retraitées grecques avant d’en finir. Deflorian et Tagliarini ont découvert leur destin dans les premières pages du Justicier d’Athènes, une fiction policière signée Pétros Márkaris. Le romancier cite leurs noms, leurs dates de naissance, lisibles sur leurs cartes d’identité posées bien à plat sur une table modeste, à côté d’une bouteille de vodka à moitié vide, d’un flacon de somnifères et d’un message écrit avec soin. Elles y expliquent pourquoi elles mettent fin à leurs jours. N’ayant plus de quoi vivre, elles ont cru comprendre qu’elles étaient « un poids pour l’État [...] et toute la société ». Elles ont donc choisi de partir : « quatre retraitées en moins, cela vous aidera à mieux vivre ». Deflorian et Tagliarini n’ont pas scénarisé cette histoire. Leur projet ne consiste pas à nous raconter la crise grecque, ni à la transposer en Italie. Ils entrent les mains nues sur une scène vide, noyée d’ombre, et s’interrogent devant nous, nous interpellent sur leurs scrupules dans l’approche sensible d’un tel matériau. « Ensemble, » disent les artistes, « nous nous présentons au public avec une déclaration de profonde impuissance, une impuissance cruciale à représenter : notre « non » commence tout de suite, dès la première scène. »

Daria Deflorian l’affirme : face au pouvoir, il est toujours possible de dire non. Ce «  non » des retraitées, il faut le faire entendre, car on ne peut, comme on dit, « en rester là ». Mais il ne suffit pas non plus de répéter ce « non ». De la part d’un(e) artiste, quelle serait l’action juste – ni leçon, ni récupération – qui permettrait d’aborder un tel acte de désespoir sans se complaire dans le spectaculaire ou le compassionnel ? Ces questions qui se posent aux interprètes s’adressent aussi à leurs spectateurs. Elles ne sont pas seulement esthétiques, mais aussi et d’abord civiques. La quête se conduit comme à tâtons entre le plateau et la salle. Sous nos yeux, les quatre comédiens exposent leurs difficultés. Avec une délicatesse qui parfois n’est pas dénuée d’humour, ils cherchent la bonne façon de répliquer au geste « incompréhensible, gratuit et puissant » des retraitées et « trouver une réponse constructive à la débâcle – avant tout morale – qui nous entoure. Incapables, impuissants. Mais conscients de cela. » Cette réponse, ils la trouvent par les moyens du théâtre, donnant corps avec dignité à toutes les disparitions.

L’humour de ce spectacle, où la représentation est sans cesse confrontée à sa limite, prend peu à peu les spectateurs au jeu d’une évocation poignante : toutes fictives qu’elles soient, ces quatre femmes nous forcent à regarder notre monde tel qu’il est.

  • La presse

« un spectacle hautement recommandable (...) Quelle réalité  ? C’est tout l’enjeu du spectacle, qui avance comme une enquête, par bribes, allers-retours, reconstitution, questions. Tout cela, sans tricher, et sans filet  : les acteurs entrent et sortent de leurs rôles, ils s’adressent au public, font part de leurs doutes. Ils avancent en marchant, en somme, mais ne le font peser d’aucune façon sur le spectateur  : ni dans la forme ni sur le fond » Brigitte Salino, Le Monde, 21 septembre 2015

  • Une déclaration de profonde impuissance

Le point de départ et l’arrière-plan du travail est une image forte, tirée des premières pages du roman Le Justicier d’Athènes de l’écrivain grec Pétros Márkaris, écrit en 2011. Nous sommes au coeur de la crise économique grecque lorsque l’on retrouve les cadavres de quatre femmes retraitées, qui se sont suicidées. « Nous partons pour vous éviter cette charge », expliquent-elles dans un billet. Ce n’est pas un récit, ni un compte rendu, mais un parcours à l’intérieur et à l’extérieur de ces quatre figures dont on ne sait rien si ce n’est leur fin tragique. Un parcours fait de questions qui sont les leurs, mais surtout les nôtres.

En scène avec nous, – pour la première fois depuis le début de notre travail ensemble – nous avons Monica Piseddu et Valentino Villa. Ils sont là non seulement dans un souci de cohérence avec le nombre des protagonistes, mais aussi pour souligner la présence de cette petite collectivité, nécessaire et importante, un élément essentiel dans cette image, qui n’est simple qu’en apparence.

Ensemble, nous nous présentons au public avec une déclaration de profonde impuissance, une impuissance cruciale à représenter : notre non commence tout de suite, dès la première scène. Un jeu performatif qui, pendant le travail, devient de plus en plus sérieux et définitif. Ce n’est pas seulement la question de la représentation qui vacille, mais aussi notre capacité, en tant qu’individus sur scène face à d’autres individus, à trouver une réponse constructive à la débâcle – avant tout morale – qui nous entoure. Incapables, impuissants. Mais conscients de cela.

Daria Deflorian et Antonio Tagliarini

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