Brautigan ou la vallée du paradis

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TILF , Paris

Du 09 au 27 septembre 2003
Durée : 1H20

CONTEMPORAIN

Tous les textes sont de Richard Brautigan, mais certains parlent de l’auteur lui-même alors que d’autres sont tirés de ces vagabondages en prose qu’il écrivit sa vie durant et qui lui permettaient de parler légèrement des sujets les plus graves. Il fallait répondre à la question : où, quand, pourquoi et comment ses onze romans, son livre de nouvelles et ses neuf livres de poésies se confondaient avec sa vie. La règle fut, pour y répondre, de ne le faire qu’avec des textes de Brautigan, et rien d’autre.
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Spectacle terminé depuis le 27 septembre 2003

 

Brautigan ou la vallée du paradis

De

Richard Brautigan

Mise en scène

Bruno Boëglin

Avec

Hiromi Asai

,

Joe Rezwin

,

Lan Truong

Dégustation amoureuse d’un auteur
Le rêve américain
Une Amérique magnifique et impossible
Un spectacle sur l’ensemble de l’œuvre de Richard Brautigan

Tous les textes sont de Richard Brautigan, mais certains parlent de l’auteur lui-même alors que d’autres sont tirés de ces vagabondages en prose qu’il écrivit sa vie durant et qui lui permettaient de parler légèrement des sujets les plus graves. Il fallait répondre à la question : où, quand, pourquoi et comment ses onze romans, son livre de nouvelles et ses neuf livres de poésies se confondaient avec sa vie. La règle fut, pour y répondre, de ne le faire qu’avec des textes de Brautigan, et rien d’autre. A force d’en lire, on se croit vite un virtuose. On trouve alors ce qu’on veut. Tout le grain est authentique, le tamis seul est d’emprunt.

Bruno Boëglin

Mes livres ont été traduits en norvégien, français, danois, roumain, espagnol, japonais, hollandais, suédois, italien, allemand, finlandais, hébreu, et publiés en Angleterre mais je vais dormir tout seul cette nuit à Tokyo sous la pluie. Richard Brautigan

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Tout ça ressemblait à un conte de fée où on joue avec bonheur dans le gothique de l’après-guerre avant que la télévision ne devienne un handicap pour l’imaginaire de l’Amérique et enferme les gens chez eux plutôt que de les laisser vivre leurs fantasmes avec dignité. Avant, l’imaginaire avait le goût de la cuisine familiale, maintenant nos rêves ne sont plus qu’une rue américaine quelconque avec ses chaînes de restauration rapide. Je crois même que le son de notre digestion est la bande originale d’un film enregistré à Hollywood pour les groupes de télévision multi-médias.

Parfois je me demande si cela n’a pas à voir avec le fait qu’un jour la mère américaine cessa de nourrir ses enfants au sein. Serait-ce donc qu’en tant que peuple nous ne sommes pas encore tout à fait prêts pour le biberon ?

Richard Brautigan
Mémoires Sauvés du Vent
 1983

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Richard Brautigan (1935-1984) a traversé la littérature américaine comme un météore, faisant exploser les genres. Du western au polar, son oeuvre raconte l’amour, l’alcool, la solitude dans une Amérique magnifique et impossible. Bruno Boëglin, en réunissant trois acteurs de nationalités différentes, nous fait partager sa passion pour cet auteur.

Richard Brautigan pose une feuille de papier calque sur l’Amérique de son époque et y inscrit, sur fond de fantaisie, toute une population de misère qui rêve “d’oranges et de soleil éternel” dans un pays où l’on mange des pommes et où il pleut tout le temps. Mais il écrit aussi qu’“un écrivain, au bout du compte, ça ne vaut pas grand-chose” et que “l’artiste américain contemporain s’est fait marchand d’ordures”. Il avouera plus tard avoir pratiqué la poésie pour apprendre à faire des phrases.

Je ne sais pas très bien où cela peut conduire. Lui doit le savoir mais ce n’est même pas sûr.
Enfin quoi qu’il en soit, le spectacle dure une heure vingt, parle de Richard Brautigan, de son œuvre et d’une Amérique qui peut tout à fait être celle d’aujourd’hui. Une belle et personnelle auscultation, quoi !

Bruno Boëglin

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L’idée de créer et de mettre en scène un texte de Richard Brautigan n’est pas nouvelle. En 1996, le Novothéâtre avait demandé les droits pour Un Privé à Babylone, lesquels droits avaient été refusés. En 1977-1978, le Novothéâtre avait fait un travail d’acteur sur toute l’œuvre de l’écrivain J.D. Salinger, qui avait initié l’écriture de Salinger par B. Koltès. Aujourd’hui, nous nous penchons sur toute l’œuvre de Brautigan, héros de la contre-culture américaine, entre Beat et hippie, au début des années 60.

Il disait pratiquer la poésie pour apprendre à écrire des phrases, comme un musicien fait des gammes. Le charme, la fraîcheur et la drôlerie de son style cachent en fait une dynamique des formes du langage, de l’écriture et de l’imagination. La parution de La Pêche à la Truite en Amérique déclencha le phénomène Brautigan, chez qui toute une génération en marge se reconnut. Suivirent des chefs-d’œuvre comme Retombées de Sombrero, Un Privé à Babylone, L’Avortement, etc.

L’idée du spectacle est de produire des images, des textes, des citations, des ambiances avec trois acteurs :
· Une actrice japonaise qui représente chez l’auteur l’idéal féminin, et peut-être aussi le voyage imaginaire, hors du quotidien, dans des échappées vers un monde qui n’existe pas, qu’il faut donc inventer, quitte à ce qu’on s’inspire d’une Babylone de rêve et qu’on finisse par y croire en se laissant porter par ses associations de pensées sans que la raison n’interfère.

· L’autre acteur sera un homme, un écrivain meurtri, un peu plus que la moyenne, un artiste partagé entre les réalités souvent cruelles de l’existence et sa capacité particulière à la supporter en s’évadant par le rêve, par un amour utopique et parfait, et dans ce qui est pour lui le comble de l’exotisme : une femme japonaise.

· Un homme de petite taille, double de l’écrivain, susceptible d’incarner quelques-uns de ces personnages étonnants qui peuplent les romans de Brautigan.

Nous avons souhaité nous plonger dans l’oeuvre de Richard Brautigan, dans le plaisir de relire, de traduire, de comparer les traductions et de tenter de saisir le mystère de l’humour étonnamment poétique de cet écrivain tellement en dehors de l’histoire, au dessus de l’actualité, ou qui la regarde amusé avec l’intelligence encore intacte de l’enfant qui n’a pas le temps de juger à force de regarder, un poète du zapping qui jette son jouet juste avant qu’il ne perde son intérêt.

Dominique Bacle

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