Les spectacles pour enfants

L'image du miroir est parfois crue et vraie, parfois flatteuse ou déformante. Dans le miroir, les gens du théâtre -metteurs en scène, écrivains, comédiens,…- s'observent les uns les autres pour guider l'œil du spectateur.

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Les pérégrinations d’un vampire amoureux
La ballade de Dédé au Théâtre Clavel
Jusqu’au 5 juillet et reprise du 3 avril au 29 mai 2002
Par Christina Anid

Ritournelle fantastiquement jolie
Dans la plaine les baladins au Théâtre Dunois
Jusqu’au 10 juin
Par Christina Anid

Les corps pour le dire
Les jambes à son cou au Théâtre Dunois
Jusqu’au 23 mai
Par Catherine Robert

Welcome to Sayonara ding-dong bamboula !
Bienvenue à Partoupareil land à l’Espace Château Landon
Jusqu’au 16 Mai 
Par Vladimir Mouveau

Les Insectes Jazzy sont nos amis 
The Insects Jazz Band au Théâtre Maurice Ravel
Jusqu'au 28 avril (tous les jours à 14h30)
Par Diane Valembois

La sorcière armée de poux
Dans le pays merveilleux des poux  A l’espace château Landon
Jusqu’au 31 mars
Par Tigrette

Tatou pour nous plaire.
Le voyage de Tatou Honoré à l'Aktéon Théâtre
Jusqu'au 31 mars
Par Tigrette

L’île aux oiseaux
La vieille dame et la mer au Théâtre des déchargeurs
Par Luc Bénazet

Promenons–nous dans les bois
Le petit chaperon rouge à l’Espace Château-Landon 
Par Tigrette

 

Les pérégrinations d’un vampire amoureux
La ballade de Dédé au Théâtre Clavel
Jusqu’au 5 juillet et reprise du 3 avril au 29 mai 2002 
Par Christina Anid

Ce spectacle savoureux et audacieux fait trembler et rire grands et petits. Dédé, un petit vampire à la tête verte, est amoureux d’une princesse. Au premier abord pas très sympathique, son amour pour sa belle le met dans des situations cocasses et le dévoile sous un jour attendrissant … Enrobé de morceaux de musique et d’éclairages étonnants, ce spectacle visuellement très riche rend les marionnettes terriblement humaines et leurs manipulateurs drôles et attendrissants.

Un étrange petit vampire manipulé par trois comédiens sort de son cercueil et se dirige vers une boîte aux lettres, anxieux d’y retrouver une missive de son aimée. Par excès de coquetterie, il se retrouve privé de sa cape volante brûlée par un fer à repasser. 
Dès lors, il n’aura de cesse de rechercher des ailes pour remplacer celles qu’il a perdu. D’aventure en aventure comme autant de scènes de cinéma, le petit vampire traversera des mondes fous, fantastiques, effrayants pour retrouver les ailes qui le mèneront vers sa princesse.

Sur des airs qui parfois sont ceux d’une boîte à musique, ceux d’un film d’épouvante de série B ou encore sur le rythme d’une cavalcade effrénée, le vampire rendu tendre par la peur de manquer son rendez-vous croisera de drôles de personnages. Une poubelle mangeuse de courrier, une lampe bonne à tout faire indiscrète, des animaux monstrueux, un squelette animé. Le décor et les personnages, fruits des sursauts de l’imagination collective de la Compagnie Tro-héol sont d’une inventivité drôle et agréable. 

Dans une langue qui mélange le français, le russe, l’espagnol et le charabia, les manipulateurs touchent tous les publics sans s’encombrer de l’inutile.Dans un joli désordre d’effets sonores et lumineux, le petit vampire se bat dans une pénombre qui rend les choses si claires. 

Jusqu’au dernier moment ou sa belle et plantureuse amoureuse l’attend tricotant, tant de nuances attirent nos regards. Mais le jour se fait trop tôt et ce petit " Roumain à la gueule de gargouille " encore nous effraie.

Les enfants rient du plaisir d’avoir peur dans les bras de leurs parents et applaudissent au rythme des musiques féeriques ou tragiques. D’une sensualité ou d’une violence parfois étonnante pour un divertissement a priori destiné aux enfants, ce spectacle vaut le détour ! 

 

Ritournelle fantastiquement jolie
Dans la plaine les baladins au Théâtre Dunois
Jusqu’au 10 juin
Par Christina Anid

Ce spectacle est un merveilleux jeu de lumières. Des ombres de sculptures formées de bric et de broc sont projetées sur fond de peintures colorées et sont autant de personnages magiques issus du monde du cirque. Des poèmes d’Apollinaire sont récités, une histoire d’amour et d’errance y est contée et une musique envoûtante de Dimitri Chostakovitch est jouée dans une exaltante harmonie.

Refuge sombre d’une chaude journée, le Théâtre Dunois abrite le décor 
d’un spectacle magnifique dont la scénographie déroute et la forme enchanteresse étonne. 
Cet hommage à Calder, fruit de l’imaginaire très riche de la compagnie Espiègle, développe aussi celui des spectateurs, grands et petits.

Le « cirque minimum, plus petit cirque du monde » fait son spectacle dans les mains du talentueux sculpteur Vincent Vergone. Au moyen d’une lanterne magique, sorte de rétroprojecteur antique qui porte si bien son nom, le manipulateur qui est également le metteur en scène donne vie à ses sculptures en projetant leur ombre. 

Une otarie mécanique, un homme tire-bouchon, un éléphant à tête de théière apparaissent sur un rideau à présent blanc. Au moyen d’une astucieuse table tournante, les ombres des personnages s’agitent gracieusement.

Ces sculptures mouvantes faites d’objets anodins plantent le décor de la romance de Clothilde et Guillaume. Cette petite fille au visage sculpté de poupée et au corps fait d’une carafe en cristal, lutte contre la vie qui veut l’éloigner de son lion de cirque au corps fait d’une branche d’arbre embellie par les flots.

Riche de jolis messages et de rêverie, ce conte merveilleux est ponctué des sublimes poèmes d’Apollinaire qui, dans ce contexte, sont rendus accessibles aux enfants. Poèmes, musique, textes et images s’entrelacent pour former un tout éblouissant.

Les trop petits s’impatientent parfois, ayant du mal à se concentrer sur cette sublime et tellement subtile beauté. Mais la toile devenue sombre s’éclaire et un soupir admiratif surgit de l’assistance à la vue d’une nouvelle peinture, paysage mouvant aux mille couleurs.

Les intertitres de l’histoire apparaissent sur fond noir. Les enfants participent et se plaisent à les lire à voix haute et en chœur. La musique live du violon de Caroline la Lancette (en alternance avec Cécile Garcia) et de l’accordéon de Philippe Zeich (en alternance avec Bénédicte Huré) nous emporte.

Après le spectacle, la question d’un enfant « Pourquoi le lion n’a que deux jambes ? » entraîne cette réponse de Vincent Vergone « Je ne cherche pas à reproduire les choses, je cherche à les faire rêver. ». Chaque détail de cette ritournelle éclatante contribue à atteindre ce but.

Rencontre de multiples formes de beau, cette heure de bonheur follement poétique est la seule raison de ne pas aller au parc en famille.

 

Les corps pour le dire
Les jambes à son cou au Théâtre Dunois
Jusqu’au 23 mai
Par Catherine Robert

Les mots sont un moyen commode mais parfois décevant pour exprimer les choses. Pour rendre compte de situations humaines, nous n’avons à notre disposition qu’un arsenal réducteur de concepts inadéquats ou mal taillés. Trop à l’étroit dans le langage, la Compagnie Wood-Delaporte utilise le corps pour essayer d’expliciter l’indicible. 
En abordant le monde par les gestes, elle tord le cou à l’habituel « prêt-à-signifier ».

Interprètes et chorégraphes dans diverses compagnies de danse contemporaine, Charlotte Delaporte et Edwige Wood adressent, pour la deuxième fois depuis le début de leur collaboration, un spectacle au jeune public. La gageure est d’autant plus risquée qu’elles ne transigent pas avec la rigueur. 

Il ne s’agit pas d’abêtir les petits par des fadaises et des niaiseries de patronage, mais de donner à voir quelque chose dont l’intérêt est universel et non pas réservé aux yeux des bambins. Les jambes à son cou ne semble donc pas devoir être nécessairement estampillé au sceau toujours un peu réducteur du spectacle pour enfants. Il est essentiellement un spectacle de danse qui place le corps et l’appréhension du monde en son centre.

Quand on est petit, rien n’est à sa mesure et tout est fait pour les grands. La question de la disproportion des corps, celle de la difficulté de la constitution de l’image de soi et celle de l’insertion physique dans un univers peu à peu découvert sont cruciales pour un petit d’homme qui voit son corps se transformer, se fragmenter, perdre une première unité pour en retrouver une autre au fur et à mesure qu’il grandit. 
Ce spectacle a pour thème principal les métamorphoses du corps et ses distorsions amusantes : il s’adresse donc, de façon évidente et intelligente, autant aux enfants qu’aux puzzles somatiques que sont souvent les adultes.

Des séquences courtes, tour à tour poétiques, oniriques ou drolatiques, composent une féerie totale où le décor, la lumière, les accessoires, les costumes ont un rôle tout aussi important que les corps des danseuses. Coupées par le milieu comme par un dieu malin, les deux femmes recomposent par l’entrelacs de leurs membres un être fantastique qui virevolte dans des gazes bleutées. Elles perdent la tête et la remplacent par une baudruche souriante. Elles se transforment en femme-chaise et en femme-table. Elles jouent ainsi avec les objets en collages surréalistes et mêlent hardiment en des hybrides magiques les choses, les animaux et leurs propres corps devenus bientôt surhumains.

La chorégraphie se détache sur une toile où sont projetées des images qui participent également de l’éclatement et de la restructuration alternés des membres et des organes. Pris entre dislocation et recomposition, l’organisme apparaît alors comme le moyen le plus adéquat pour signifier la complexité que le langage vient si souvent masquer ou affadir.

Les dernières scènes sont à cet égard les plus savoureuses, lorsque les deux complices tordent de façon ludique des expressions populaires dont on a oublié la poésie ou la cocasserie. 

« Avoir le cœur sur la main », « donner sa langue au chat », « vivre sur un grand pied », « avoir des idées plein la tête » : autant de formules « réenchantées » et revisitées avec humour, comme pour tenter de faire dire aux choses ce qu’elles taisaient jusque-là et de forcer le langage à rendre raison de lui-même.

L’ensemble compose un charmant moment de grâce et de légèreté et les enfants présents ne s’y trompent pas. Ils se lèvent pour mieux voir, rient, sont intrigués, applaudissent à tout rompre, prouvant ainsi que l’on gagne toujours en osant avec eux l’ambition et la qualité. 

Mesdemoiselles Wood et Delaporte dansent le monde et montrent l’envers du langage. Elles transgressent les codes habituels de la signification et parviennent à exhiber les choses sous les mots. « Coup de foudre » pour une telle prouesse ! On repart avec, dans la tête, la dernière image projetée sur la toile du décor : plein de petits cœurs roses et scintillants.

 

Welcome to Sayonara ding-dong bamboula !
Bienvenue à Partoupareil land à l’Espace Château Landon
Jusqu’au 16 Mai 
Par Vladimir Mouveau

Ca « déménage » sur la petite scène de l’Espace Château Landon. La compagnie L’Escadrille anime un spectacle pour enfants coloré et vivant où l’interaction avec le public, les effets de scène, le décor, le jeu des comédiens, à mi-chemin entre la parodie de bande dessinée et le spectacle de cirque, nous transportent aux confins du rire et de l’émerveillement.

Spectacle pour les 5 ans et plus, Bienvenue à Partoupareil land est l’épopée féerique de deux clowns qui se voient contraints de voyager à travers le monde pour faire la promotion du spectacle de leur ancien méchant directeur de cirque : Monsieur Barasini. Sous l’œil malveillant et tortionnaire de Sotrel, un détective privé à qui l’inspecteur Gadget n’a rien à envier ( si ce n’est son mauvais caractère … ), ils maniganceront un stratagème infernal pour prétendre faire le tour du monde et promouvoir le spectacle de Barasini !!!

La pièce est admirablement montée. Les comédiens sont expressifs, expansifs, ils jouent avec le petit public et une véritable relation de complicité se tisse entre les enfants et les acteurs. Les enfants participent au spectacle, à la scène. Sur un mot de Coktel, ils bruitent le vent afin de simuler des effets de Montgolfière, imitent le cri de la mouette, etc. Sur une main avancée de Bretzel pour signifier de faire silence, ils se taisent immédiatement. Lorsqu’il s’agira de dire si Sotrel est un méchant policier envoyé pour nuire à nos deux héros ou un gentil personnage qui a finalement ravalé toute sa haine et changé son caractère, les exclamations fuseront en tout sens. « Nan, il est méchant ! ». « Oui, il est gentil ! ». « Nan », « oui ! ». Alors c’est « oui » ou c’est 
« nan », les enfants ? C’est « oui - nan !! ».

La scène est meublée de caisses en bois et  de divers appareils installés de toutes sortes de manière, qui représentent les décors de pays lointains, des atmosphères de bateau, de train, de voyage … Les nombreux effets de lumière colorés, la musique et le jeu très expressif des comédiens donnent un caractère formidablement exotique à l’atmosphère. Une lumière jaune pour l’Afrique avec un tapis de fausse fougère pour imiter la jungle au crépuscule, des cris d’oiseaux rares dans les arbres, le rugissement d’un lion. 

Arrivé en Chine, un décor aux senteurs plus épicées se mettra en place, des musiques de mandoline et une atmosphère très typée : baguettes chinoises, bol de riz, chapeaux pointus et costumes traditionnels camperont l’endroit et la circonstance. A New-York, les Gratte-ciel seront plus vrais que nature ; les Américains mangeront du chewing-gum et escroqueront les pauvres touristes, le jazz tambourinera des mélodies de music-hall sur Broadway Avenue et nos trois héros danseront jusqu’à la fin de la nuit.

La salle comble ne s’est pas trompée, en tout cas sur la qualité du spectacle. C’est une création à voir. Tant pour les enfants que pour les parents. Les applaudissements et les cris soutenus de fin de représentation de ces petites voix échauffées mettaient à l’évidence une grande réussite théâtrale du point de vue de la mise en scène, de l’interprétation, des décors, de l’animation ... Les personnages sont à connaître.

Soutenue par la Mairie de Paris, cette compagnie se produit pour la deuxième fois dans les aventures de Coktel et Bretzel. Véritable bande dessinée live à succès, on s’attend à de nouveaux spectacles dans des endroits encore plus grands, avec un public encore plus grand, et des moyens encore plus importants. C’est vraiment du 18 oscars dans le genre.

 

Les Insectes Jazzy sont nos amis 
The Insects Jazz Band au Théâtre Maurice Ravel
Jusqu'au 28 avril 2001 (tous les jours à 14h30)
Par Diane Valembois

Tournicoti, Tournicoton, et hop ! en un coup de baguette magique le jardin extraordinaire de la Fourmi et de la Coccinelle se découvre aux regards éberlués des spectateurs en herbe. Mais quelle horreur, voici qu'une petite fille arrive sur scène pour éjecter de la bombe insecticide

 

« Vive le Jazz pas le Gaz » proteste la bombe en effectuant saut de chat, pirouette et cacahuète. C'est que le Bien règne dans le village insectivore où la dangereuse bombe se trouve être amoureuse des habitants du monde des 1001 pattes. Les lumières sont merveilleuses, le jardin prend des allures de rêveries orientales. Du rouge pour le coin cabaret, du jaune pour les fleurs, du bleu pour l'arrivée des petites bêtes. Ce festival de
chansons de Jazz évolue à travers à l'arc-en-ciel de 7 couleurs. La décoration est kitch avec une maison construite exclusivement de fleurs multicolores. 

Les costumes sont froufroutants, comme ceux très « effet jazzy » des chanteuses noires parées de robes satinées et de longs colliers. Du Jazz, du Blues et du swing pour les enfants nés au beau milieu du Rap, et de la danse. 
Cette mini-comédie musicale fait découvrir un autre son de cloche aux petits mais aussi les origines de la musique d'aujourd'hui. « Le Jazz, selon Viviane, la chanteuse Coccinelle, est le père fondateur de tous les styles musicaux qui passent sur les bandes FM ». Les enfants voyagent à travers le monde fascinant des insectes et font un apprentissage musical et dansant du Jazz. La fourmi, danseuse coquine, porte des pointes qui lui permettent de faire des petits pas très rapides. Espiègle, sur ses jambes courbées, elle part à la rencontre de la Coccinelle, baroudeuse chanteuse de Cabaret. Elles vont décider de partir pour les États-Unis.
Mais avant le départ, elles doivent s'entraîner dur pour être capables, à leur arrivée dans le Nouveau Monde, de présenter leur « Show » dans les plus grands cabarets de New York.


Tout les insectes se mettent chanter : une guêpe va se faire piquer par le jazz. D'un coup d'aile, elle se met à swinguer et à bouger dans tous les sens. La danseuse en profite alors, pour effectuer, virevoltante et sautillante, une succession de petits mouvements sur pointes. On
installe l'araignée à la batterie et la sauterelle à la contrebasse. Les enfants deviennent les petits grillons. Quel concert ! Les chansons alternent en anglais et en français. La danseuse les mime quand elles sont dans la langue de Shakespeare pour les rendre accessibles aux jeunes publics. Mais parfois elle se trompe exprès pour faire participer les petits grillons à la langue étrangère. La voix de la Coccinelle roule, roucoule, passe du grave à l'aiguë avec un timbre rond (padoudou doudouda.). Dans le Jazz, la voix est considérée comme un instrument.

Viviane la chanteuse observe : « on doit savoir dans le Jazz imiter les sons des instruments. « The Insects Jazz Band » est une vraie comédie musicale « pédagogique ».
Les enfants ressortent en exprimant leur avis sur le jazz. Ils ont apprécié cette musique qui n'est pourtant pas facile d'accès. La danse est toujours ce qu'apprécient le plus les fillettes qui s'écrient « moi aussi je veux faire des pointes plus tard. » Le message est passé. Il ne reste plus aux parents qu'à acheter des CD pour permettre à leurs chères têtes blondes de pouvoir écouter du Blues-Jazz à la maison.

 

La sorcière armée de poux
Dans le pays merveilleux des poux  A l’espace château Landon
Jusqu’au 31 mars
Par Tigrette

Le fil conducteur de ce spectacle est la sorcière, belle ou monstrueuse, drôle ou machiavélique, elle est l’image à elle seule de toutes les sorcières qui ont bercé notre enfance. Elle déambule à travers les extraits choisis des contes de Perrault , lançant ,tels des sortilèges des poux sur les cheveux des personnages.

Une idée originale pour ce récit qui parle aux enfants, de plus cet histoire de bêtes à cheveux permet de faire le lien entre chaque conte . C’est ainsi que nous retrouvons et Blanche-Neige, et Le petit chaperon rouge couvert de poux , et Cendrillon en train de les croquer, sous le regard tyrannique de ses sœurs.

Une adaptation donc plutôt libre, il est juste dommage que tous ces personnages ressemblent étrangement aux films existant déjà . Cette imagerie toute faite permet, certes aux enfants de les reconnaître immédiatement ,mais ne les encourage pas a faire fonctionner leur imagination ,ni a écouter le texte. Celui-ci étant très peu présent, je ne vois pas comment ils peuvent découvrir ou redécouvrir les contes de Perrault.

Même si les changements de décor sont un peu laborieux, voir trop long, ils en sont néanmoins très ingénieux. Chaque histoire trouve son décor, et les peintures en trompe l’œil pour signifier l’endroit dans lequel nous nous trouvons sont très réussies ; avec juste la naïveté nécessaire requise aux enfants.

Un spectacle un peu confus où les genres se mélangent, mais la bonne humeur est là .Les plus petits seront ravis, surtout vers la fin du spectacle ou les acteurs entament une chorégraphie sur la chansons des poux qui est déjà un succès a elle seule .   

 

 

Tatou pour nous plaire.
Le voyage de Tatou Honoré à l'Aktéon Théâtre
Jusqu'au 31 mars
Par Tigrette

 

Comment nous raconter une histoire avec peu de moyens et beaucoup d'imagination. Zaza et Zebda, deux charmants personnages, nous font partager l'aventure de Tatou Honoré, petit animal venu tout droit du Brésil. Il faut préciser qu’ honoré est très lais et qu’il est  évidemment amoureux de la Jolie Mina. Il lui faudra beaucoup de courage pour conquérir sa belle. Ses péripecies vont nous plonger au fin fond de la foret tropicale.

Deux comédiennes nous raconte cette histoire avec l’aide de marionnettes ressemblant aux Tatous Bolas ( animal couverts de plaques cornées, articulés et pouvant se rouler en boule). Elles se prendront parfois au jeu, en imitant l’animal, recollant ainsi nos éclats de rire.

Le mélange des deux est parfait ; elles passent, avec une spontanéité digne de l’enfance, du jeu de marionnettes à des simples interprétations personnelles.
Sur le plateau, il n'y a presque rien, mais chaque accessoire est utilisé à merveille.Un arbre s'inscrit comme une foret amazonienne, des tissus qui selon, vont jouer la nuit ou la mer, une valise qui se transforme en foret ou en grotte…

L'imaginaire est roi dans l’univers que nous propose ces deux comédiennes ; et tant mieux pour nous spectateur puisque pour une fois nous apprenons à nos dépends, qu'il suffit d'y croire pour que les choses existent.

 " Fait de chaque obstacle, un trésor pour avancer " c'est le conseil qu'elles prodiguent à Honoré tout au long de son aventure.

Une devise qui parle évidemment aux enfants, mais qui pourrait être aussi bien " Fait de chaque voyage, un trésor pour avancer "; vu le caractère métisse de ce spectacle.

Enfin vous aurez compris que ce conte est : à voir, à entendre et engendre le rêve...... on s'y amuse beaucoup, l'humour n'étant pas ennemi de la poésie.

 

L’île aux oiseaux
La vieille dame et la mer au Théâtre des déchargeurs
Par Luc Bénazet

L’auteur a voulu une pièce, écrite comme un conte, pour enfants de tous âges et nous intéresser à la vie d’une petite fille, Aurore, dont la mère a rompu avec la vie conjugale. Le désir enfantin de plier magiquement le monde selon ses propres vues serait au cœur de cette fantaisie.

 

Alors, partie où, la maman ?  On n’est pas certain d’avoir bien identifier tous les moments du récit, mais il semblerait qu’à la fin, elle revienne. Par nature, le conte se joue du vrai et du faux, et nous ne savons pas si le voile, tendu sur la scène et derrière lequel les parents de l’enfant renouent leur amour, nous raconte un évènement réel ou rêvé. Dans cette histoire, Aurore aura trouvé deux alliés. D’abord une vieille dame, qui vouée à résider dans une maison de vieux, échappe à son sort et trouve refuge dans la cabane du jardin. Par elle, la petite fille sera initiée aux choses du monde caché. C’est d’abord l’esprit du chat qui se manifeste à elle, il sera son deuxième allié. 

Comme toutes les petites filles, Aurore est amoureuse de son père et ici, elle est une amoureuse déçue. Alors, elle se joue de lui, de son esprit de sérieux : grâce aux pouvoirs que lui a donnés l’esprit du chat, elle fait voler en éclats sa carapace et révèle l’homme autrement, plus séduisant. Ces numéros de volte-face (joués par Axel Bry) constituent d’ailleurs le seul moment réellement fantaisiste du spectacle. Tandis que la petite fille tente la grande aventure avec sa nouvelle amie, face à la mer, la vieille dame entre dans les flots et s’en va pour “ l’île aux oiseaux ”. On comprend  alors qu’elle abordera la rive des morts où sans doute séjourne la défunte mère de l’enfant. La vielle dame doit être un esprit ou peut-être une bonne fée.

Le spectateur y va de sa théorie enfantine : la vieille dame, qui au cours de sa fugue vers la mer, rajeunit, se métamorphose, se rapproche en fait de la mère disparue. Sur l’île aux oiseaux, elle donnerait son âme au monde des morts et en échange, la mère pourrait revenir dans son corps. Nous ne cachons pas qu’il nous a fallu quelque effort, après coup, pour nous raconter cette histoire. Car le spectacle, poétique et bien joué, nous a laissé sur le bord de la plage, comme s’il ne choisissait pas sa voie, hésitant entre la facétie pure et l’étrangeté liée au merveilleux.

 

 

Promenons–nous dans les bois.
Le petit chaperon rouge à l’Espace Château-Landon 
Par Tigrette

Promenons-nous tant que le loup est là. Si il n’y est pas, le spectacle tombe à plat ! 
Pour mettre en place les personnages, ainsi que l’histoire, le metteur en scène fait appel à une voix off...

Les enfants fonctionnent par images et non  par la parole ! Même 'il s'agit de se rapprocher d’eux,  les enfants n’aiment pas qu’on les prenne pour des imbéciles, leur langage leur est propre, et il n’a rien à voir avec celui des adultes qui cherchent à se mettre à leur portée.

Une idée intéressante du metteur en scène, est d’avoir imaginé la salle comme une forêt. Nous voilà donc transformés en animaux ; permettant ainsi aux enfants de participer activement à ce récit. Il vont se faire du lapin Anatole un complice . Ce personnage sympathique va jouer le rôle d’un “ Auguste ”(clown blanc). Il fera ainsi la liaison entre les enfants et l’histoire.

Le petit chaperon rouge, quant à lui, manque un peu de fantaisie, de drôlerie, trop proche sans doute de la caricature. Heureusement que le loup est là, on l’attend, il est à la hauteur de son rôle de loup, maladroit et touchant à la fois. Il déploie une énergie incroyable, un jeu très physique, c'est un véritable apprenti - cascadeur. L’ interprétation est très réussie et ce jeune comédien  s’attire toute la sympathie du public, les grands et les petits.

Malgré une musique un peu racoleuse et une tendance à descendre souvent au milieu du public ce spectacle vaut le détour pour les tout-petits. Ils se mettront volontiers à la place du loup, puisque, comme je les ai entendus dire :

- “ Il ne fait que des bêtises ! ”