Le boudoir se fait l'écho
de l'actualité du monde du spectacle,
des débats,
des lectures
et des événements
autour du théâtre
.

Théâtres de l'Est : Quelle relève après la chute ?

Par Sabrina Weldman

 

Jeunes compagnies : de l'alternative à l'indépendance ?

De la perestroïka à la crise
Vers l'indigence ou le divertissement ?
Quelle place pour les jeunes créateurs ?
Theorem : quand l'Ouest tend la main à l'Est
Jeunes compagnies : de l'institution à l'indépendance ?
Ensemencement Est-Ouest
La Hongrie : une troisième voie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si Arpad Schilling continue à s'appuyer sur l'institution tout en préservant une forme d'autonomie, Laszlo Hudi, autre invité de Magyart et du Festival d'Avignon, espère passer un jour de l'alternative à l'indépendance. Cet ancien interprète du chorégraphe Josef Nadj, qu'il a suivi en France, est revenu après la chute du Mur à Budapest fonder une compagnie dont la dénomination, Mozgo Haz (La Maison mobile), correspond parfaitement à ses intentions : chercher son propre langage en dehors de l'institution et refuser les vérités toutes faites.
" Dans ma vie, on a voulu me faire croire à trop de vérités qui, par la suite, se sont avérées fausses. Toute histoire est d'abord pour moi un champ de possibilités. J'aime prendre un texte qui nous est commun, qui véhicule nos mythes. J'essaie d'ausculter ce qu'il en reste, ce qu'il a encore de pertinent à nous dire aujourd'hui. Je n'en garde que des mots et des images ". C'est ainsi qu'il a monté l'an dernier en Avignon La Cerisaie de Tchekhov et La Tragédie de l'homme d'Imre Madach, deux spectacles qui jettent des ponts entre le rêve et la réalité et fonctionnent par strates superposées.

Dans La Tragédie de l'homme, un classique du théâtre hongrois, Imre Madach fait le tour des grandes idées qui ont conduit les êtres humains à espérer, croire, construire, se battre, vivre et mourir. Que garder du passé ? se demande le metteur en scène. Ses acteurs-troncs, qu'il a disposés derrière une longue table, s'adressent au public comme s'ils s'encadraient dans la lucarne de la télévision. Simultanément défilent sur des écrans les images des moments-clés de l'histoire. 

La prochaine réalisation de Laszlo Hudi, 1003 cœurs, ou les fragments d'un catalogue de Dom Juan, une création collective entre théâtre et opéra présentée cet été en Avignon, aura pour thème les femmes, la nature de leur désir, la manière dont elles se retournent sur le passé, le souvenir qu'elles ont de Dom Juan. On y retrouvera sûrement cet art du décalage qui lui est propre : décalage entre un texte et sa lecture, entre un acteur et son personnage, entre la mémoire de la tradition et le contexte contemporain. Entre ses attentes et celles de l'institution : grandi dans le milieu alternatif, dérisoirement subventionné, Laszlo Hudi aspire, pour sa compagnie, à davantage d'argent et à un statut d'indépendant.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Page suivante
Page précédente