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Théâtres de l'Est : Quelle relève après la chute ? Par Sabrina Weldman
Jeunes compagnies : de l'institution à l'indépendance ? |
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De la perestroïka à la crise |
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Quelle perspective s'ouvre à ces jeunes qui font le pari de fonder une compagnie ? Prenons le cas d'Arpad Schilling : il a fait ses débuts d'acteur dans des troupes alternatives, financièrement démunies, puis est allé étudier à l'Académie, l'équivalent de notre Conservatoire. A sa sortie de l'école, il a saisi la main que lui tendait le théâtre Katona : il a accepté de répéter dans la petite salle de ce théâtre national tout en constituant, parallèlement, sa propre compagnie, Kretakör (Le Cercle de craie) : " En Hongrie, rester dans l'alternative signifie être hors du système, avoir de grandes difficultés de survie et être en butte au dédain des autres. Ne pas être reconnu. Alors j'ai étudié à l'Académie pour pouvoir obtenir des financements et valoriser ma compagnie ". Ce metteur en scène d'une grande exigence qui réalise deux à trois créations par an espère frayer une voie encore inexistante en Hongrie où il considère que " le théâtre est soit largement subventionné et vieillissant, soit marginal et fatigué ", une voie qui ne soit " ni institutionnelle ni alternative mais professionnelle et novatrice ". On l'a ainsi vu tracer son chemin à travers Baal de Brecht et Ennemi public d'Istvan Tasnadi d'après Kleist, présentés cette saison à Paris. Des spectacles qui ont du corps, où les acteurs déploient, non sans finesse, une énergie physique presque acrobatique. Des mises en scène vivaces qui n'hésitent pas à alterner les genres et à jouer de la rupture, offrant un éventail allant du sensible au bouffon. " Nous travaillons de façon collective. Nous voulons bousculer les conventions théâtrales officielles. Nous essayons de mettre en scène cette folie absolue dans laquelle se trouve le pays actuellement et d'inventer de nouvelles formes scéniques. Voilà pourquoi notre compagnie s'appuie sur l'investissement corporel de l'acteur, sur le texte mais aussi sur la danse, sur le chant, … ".
Cliquez sur l'image pour voir un extrait d'Ennemi public La MC 93 Bobigny s'engage à accueillir Arpad Schilling et sa compagnie durant les trois saisons à venir et les convie, dès l'automne, avec Woyzeck de Büchner qui se déroulera dans une cage, Megszallottak (Fanatiques!) d'après Les Sorcières de Salem d'Arthur Miller et Nexxt, frau plastic chicken show d'Istvan Tasnadi qui sera joué auparavant au Festival d'Avignon. Inspirée par Orange mécanique d'Anthony Burgess et American Psycho de Bret Easton Ellis, cette création traitera de la violence et de la manipulation médiatique, indique le metteur en scène.
Cliquez sur l'image pour voir l'interview d'Arpad Schilling. On est sur le plateau d'un show télévisé. L'émission que voit le public se passe sur n'importe quelle chaîne, dans n'importe quelle ville du monde. Elle est animée par Frau Plastic Chicken qui n'a qu'une obsession : retransmettre en direct l'arrestation du meurtrier. Celui-ci sévit dans la ville. L'invité spécial de la soirée est Petit Alex, le protagoniste d’Orange mécanique, ancien psychopathe qui a maintenant 50 ans, qui a retrouvé une vie normale et que Frau Plastic Chicken va manipuler en vue de faire de l'audimat. " Le théâtre doit remplir une fonction politique " déclare Arpad Schilling. " Il doit être traversé par les questions qui agitent notre société ". |
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