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Théâtres de l'Est : Quelle relève après la chute ? Par Sabrina Weldman
Vers l'indigence ou le divertissement ? |
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De la perestroïka à la crise
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La crise économique générale à laquelle est en proie l'Est de l'Europe depuis douze ans ne frappe pourtant pas uniformément tous les Etats. En ce sens, l'Est avance vers un clivage dangereux, estime Bernard Faivre d'Arcier, une coupure politique entre d'un côté la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Slovénie, un ensemble de pays qui va sans doute réussir un rétablissement assez rapide et s'arrimer à l'Europe de l'Ouest et, d'un autre côté, la Russie, l'Ukraine, la Biélorrussie, la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie, toute la partie des Balkans du Sud dévorée par la guerre, des pays situés plus à l'Est qui risquent de sombrer dans le sous-développement. Cette progression à deux vitesses a évidemment des retombées en matière culturelle. En Roumanie et en Bulgarie, où la crise est sévère, la culture n'est pas une priorité et souffre de grande indigence financière. En République tchèque, par contre, les finances pourraient suivre mais la volonté n'y est pas : la plupart des directeurs de théâtre ont baissé les bras devant une quelconque exigence artistique, optant pour le divertissement. Prague est l'une des capitales les plus visitées d'Europe : on a donc choisi d'y amuser les touristes et d'attirer à tout prix une population qui vit maintenant sous perfusion, ingérant de nombreuses chaînes de télévision étrangères. A cette fin, quantité de directeurs de théâtre programment des comédies musicales américaines du type Jesus-Christ superstar. En revanche, en Hongrie -la Hongrie est avec la Pologne et les pays baltes (la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie), le pays où s'affirme la plus grande vitalité artistique-, l'Etat n'a pas démissionné malgré une situation économique difficile.
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