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.

Théâtres de l'Est : Quelle relève après la chute ?

Par Sabrina Weldman

 

De la perestroïka à la crise

Vers l'indigence ou le divertissement ?
Quelle place pour les jeunes créateurs ?
Theorem : quand l'Ouest tend la main à l'Est
Jeunes compagnies : de l'institution à l'indépendance ?
Jeunes compagnies : de l'alternative à l'indépendance ?
Ensemencement Est-Ouest
La Hongrie : une troisième voie ?

 

 

On se souvient de 1988 : la Russie déferlait sur Avignon. Au festival, on ne parlait que des espérances drainées par la perestroïka, de tous ces artistes russes qui n'avaient pas baissé les bras et de la nouvelle vague d'auteurs soviétiques. Là-bas, dans des caves, dans de souterrains studios-laboratoires, des compagnies expérimentales se multipliaient et conquéraient un public avide de liberté d'expression. Ce même public investissait les théâtres d'Etat, connus pour contourner la censure au détour d'un silence ou d'une phrase. Des théâtres étaient devenus à l'époque des espaces privilégiés, tolérés par le pouvoir qui voyait dans ces enclaves des soupapes de sécurité.   

Le Mur est tombé en 89. L'espoir était grand. A l'Est mais aussi en Occident qui spéculait sur une explosion créatrice en Europe centrale et orientale. La déception, réciproque, fut à la mesure de l'attente. Comme l'explique Bernard Faivre d'Arcier, " on a assisté avec stupeur au regain des nationalismes et à l'irruption d'un capitalisme encouragé par les sociétés occidentales, mais confisqué par une nomenklatura qui s'est vite reconvertie, profitant des privatisations des entreprises publiques. Les artistes ont été dessaisis de leur statut et dévalorisés dans l'opinion publique; leurs productions balayées par le mouvement infernal des industries culturelles occidentales, sans que rien ne soit mis sur pied pour affronter la nouvelle donne politique, économique et sociale. L'ensemble du milieu théâtral est tombé sous la coupe d'une économie de survie, avec l'abandon de toute réflexion sur le théâtre et une nécessité de répondre à un appétit de divertissements." 

Comme tout le secteur public, la culture, à l'Est, était subventionnée par l'Etat. Cette donne a été bouleversée par l'irruption du capitalisme sauvage qui s'est déchaîné dans des Etats affaiblis, Etats où le pouvoir n'a plus la force de jouer son indispensable rôle de régulateur face aux excès de l'économie de marché et son cortège de corruptions.

 

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