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Le rideau ou le voile
d'Ulysse
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Pourquoi
un rideau ? Une disparition symbolique Dévoilement et sacré |
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L’apologie du rideau relève sans doute d’un idéalisme que l’époque fustige comme désuet et réactionnaire. Mais ce parti pris interroge nos postures spectaculaires en étant moins conservateur qu’il n’y paraît d’emblée. Si le rideau tombe sur le spectacle, c’est qu’il y a une frontière entre l’action immanente et les valeurs transcendantes, c’est qu’il y a des bornes entre le monde tel qu’il est et ce que l’on peut en montrer, c’est qu’il y a du sacré à contempler et que la présentation de ce sacré a un sens. Le rideau refermé, le champ de l’action demeure vierge et appelle la transformation. Au moment de se lever de son siège et de repartir vivre, nous n’avons plus face à nous que la lourde paupière de pourpre. L’auteur, le metteur en scène, les acteurs ont proposé une certaine vision du monde. Cette vision ne nous a pas été imposée et s’est retirée comme se retire le dieu - pour mieux revenir, peut-être. Le monde nous reste alors à conquérir et à transformer. L’action est à mener et le monde à habiter. L’œuvre d’art, même silencieuse, même retirée, le permet. Derrière le rideau abaissé se tient la mémoire du sacré, la vérité arrachée à l’oubli, l’origine du monde qu’il nous reste à inventer. La couleur qui emprunte le plus au rouge du rideau est celle de l’aurore.
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