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Le rideau ou le voile d'Ulysse

Par Catherine Robert

« Alors Ulysse prit de ses mains puissantes un pan de son manteau de pourpre, le tira sur sa tête et en couvrit son beau visage. »
Homère, Odyssée, chant VIII, vers 83.

 

Le rideau est au théâtre ce que la coquille de l’huître est à la perle qu’elle renferme. Avant que ne s’ouvre le dais de pourpre, le mystère est encore complet et le spectateur impatient doit attendre que se séparent les deux pans de velours marquant ainsi le début du spectacle. Nous avons tous souvenir des guignols de l’enfance ou des premières pièces que nous avons vues où l’émerveillement était d’autant plus grand que l’on avait l’impression de participer à une cérémonie un peu mystérieuse de découverte et de dévoilement. 

Est-ce parce que les adultes sont des êtres blasés d’avance ? Est-ce par économie ou par souci de ne pas duper les spectateurs ? Toujours est-il que le théâtre se passe de plus en plus de cet accessoire imposant et que l’on entre désormais dans la salle en voyant la scène et les décors et parfois même quelques acteurs qui semblent attendre le public. 

C’est cette disparition que l’on se propose d’analyser ici en examinant ses fondements esthétiques et historiques et en tâchant d’interroger sa signification profonde.

 
  Pourquoi un rideau ?

Une disparition symbolique

Dévoilement et sacré

Pour une apologie du rideau ?