Nous n'irons pas à Avignon

Gare au Théâtre de Vitry-sur-Seine 
Du 5 au 29 juillet 2001

Etat des lieux

Par Rémy Yadan

L'oeil de TheatreOnline :
Les critiques

Le calendrier :
Première Session
Deuxième Session

 

 

 

La « Gare au théâtre », dirigée par Moustapha Aouar, organise pour la troisième fois consécutive le festival : « Nous n'irons pas à Avignon » . Cet événement, consacré à la création contemporaine et aux arts vivants, réunit du théâtre, de la danse, de la vidéo et de la performance.

 

En 1985, une compagnie de théâtre avait investi une partie d'une vieille gare désaffectée à Vitry-sur-Seine. Puis des groupes de musiciens et des compagnies de danses se sont greffées sur cette première ébauche de réalisation d'un lieu de production. Peu à peu, des outils sont mis en places pour permettre l’élaboration de projets artistiques collectifs. Un esprit d'échange et de rencontre se forge, créant une atmosphère singulière.
Le lieu de la « Gare au théâtre » s'est alors agrandi. Une extension des espaces de travail a permis aux compagnies d'élaborer des croisements plus nombreux et d’aboutir ensemble les projets en cours. La première édition du festival « Nous n'irons pas à Avignon » a été mis en place par le biais de dix compagnies en 1999.

 

L’année suivante se sont ajoutées plusieurs compagnie et pour la première fois, toutes furent contractualisées. Un journal récapitulant la programmation est édité et distribué. Cette production éditoriale est une manière courageuse et indépendante d’assurer la promotion de la manifestation auprès du public et de fournir d’amples informations sur le travail et le parcours artistique des compagnies.

A l’occasion de cette troisième édition 2001, 28 compagnies ont été réunies et présentent leurs réalisations tout au long du mois de juillet.Dans le souci de décloisonner les frontières du théâtre, de la danse et de la performance ont également été intégrées dans la programmation.

De plus, « un bureau des petites réclamations » a été installé. Il est le fruit de cette idée qui consiste à filmer des spectateurs conviés à livrer leurs impressions sur le festival. Il permet ainsi de privilégier une réaction vivante, concrète et interactive à l'événement, les vidéos faisant l'objet d'une projection à chaque fin de semaine.

Autre innovation, « Le bocal agité » invite des auteurs à écrire sur le principe de la déclaration, puis des metteurs en scène et des chorégraphes travaillent sur les textes recueillis. Il est appréciable de constater qu’une multitude d’initiatives dynamiques ont permis la mise en œuvre de débats et d’échanges généreux avec le public et les compagnies.

Le lieu de « Gare au théâtre » est particulièrement agréable et significatif de l'état d'esprit de ce qui s'y vit. Une idée de découverte, de confrontation, de télescopage pilotent le projet. Une transition, un simple passage, une synergie, des rencontres, des directions toutes différentes … tout participe de la symbolique de la gare.

On peut constater, qu'il y a dans ce festival, une multitude de propositions diverses et variées, dans une ambiance sympathique et conviviale où ne règne aucune prétention. Plusieurs salles de spectacles accueillent le public en même temps, ce qui permet au spectateur de choisir à son gré les compagnies qu'il désire découvrir. Ce lieu mérite bien plus que quelques minutes d’arrêt