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Le
théâtre n’a pas de frontières. Si d’aucuns en doutent encore,
qu’ils aillent faire un tour du côté du Festival de Théâtre Européen
de Grenoble: dire, bouger, ressentir, émouvoir, aller au delà des mots
pour communiquer, même dans une langue étrangère, ce que le théâtre,
miroir social et politique nous renvoie de la conscience de l’homme …
Tel est le pari relevé cette année encore par les compagnies réunies
dans la cité par Rénata Scant, fondatrice et organisatrice de la
manifestation. La dix-septième édition du festival nous place cette année
encore à l’avant-scène des créations internationales et Grenoble
s’encre résolument dans la mouvance des courants créatifs les plus
avant-gardistes.
Henri
Beyle, alias Stendhal, grenoblois des plus illustres, disait de la
ville : « un bijou de pacotille dans un écrin d’argent ». L’écrin
est toujours là, mais le joyau, auréolé de montagnes majestueuses,
brille aujourd’hui de mille facettes, dont une qui ne peut que nous éblouir
en ce début d’été : la culture. Sous le chapiteau blanc de la place
Victor Hugo, bat le cœur du Festival de Théâtre Européen qui depuis
1986 est le lieu de toutes les rencontres et de tous les échanges autour
d’un théâtre ouvert aux quatre vents, représenté par des compagnies
venues de toute l’Europe et de plus loin encore. Cette année, Rénata
Scant et ses comparses ont ramené de leurs pérégrinations théâtrales
la compagnie du « Théâtre Ku Na’uka » du Japon et celle du «
Teatro del silencio » venue du Chili.
Ainsi,
cette semaine festivalière réunit en salles, sur les places et dans les
rues 23 spectacles dont 4 premières en France, soit une communauté
artistique de plus de 300 artistes et techniciens du spectacles battant le
pavé grenoblois. Et cette déferlante va irriguer, comme les années précédentes,
une dizaine de communes partenaires du département.
Du
Théâtre de Grenoble, à la cour du vieux temple, en passant par le Théâtre
145, toutes les découvertes théâtrales que Renata Scant nous offre sur
un plateau nous ramènent immanquablement sous le chapiteau blanc de la
place Victor Hugo. Les cafés ont sortis leurs terrasses, la fontaine héroïque
de la place distille en jets olympiens une infinie fraîcheur aux passants
harassés par la chaleur torride de ce début d’été, et le pavillon
blanc, antre du Festival ouvre ses portes aux festivaliers comme aux
passants curieux.
Dès
11 heures du matin, Renata accueille les compagnies qui ont joué la
veille ou qui joueront le jour même, pour échanger avec la presse et le
public curieux autour des spectacles présentés, des méthodes de travail
et des axes de réflexions propre à chaque pays et à chaque culture.
Cette rencontre matinale est ponctuée par un apéritif convivial autour
duquel se poursuivent les discussions de façon plus informelle. Vous
pouvez ensuite si vous le désirez, déjeuner sous le chapiteau avec les
organisateurs et les artistes. On ne le répétera jamais assez : cet
espace est ouvert à tous … et les plats servis aux self pour un prix
modique sont tout à fait savoureux.
Vous
pouvez ensuite flâner dans la ville au gré des spectacles de rue (qui ne
commencent malheureusement pas avant le sept juillet), ou en profiter tout
simplement pour vous reposer à l’une des multiples terrasses en
admirant le panorama (profitez des montagnes tant que vous les avez sous
les yeux !). Le répit sera de coutre durée, car à partir de 17 sept
heures commencent sous le chapiteau les cycles de lectures, où vous
pourrez régaler vos oreilles de textes d’une grande qualité tels que Mariages
morts de Asja Srnec Todorovic ou L’hirondelle démasquée de
Nina Sadour.
N’oublions
pas non plus les forums et les conférences, temps forts du
Festival, qui proposent une réflexion sur l’évolution du monde et de
la société à travers le prisme du Théâtre. Cette année, le débat
sera axé sur « La place des femmes dans la création théâtrale » et
sur « leur perception du monde à travers leur écriture. »
Les
soirées, à partir de 18 heures sont consacrées aux spectacles en salles
ou dans la cour du vieux temple où la qualité des spectacles présentés
n’a d’égal que leur modernité et la justesse de leurs propos.
Alors,
si vous êtes pris de court cette année, arrangez-vous pour être ici
l’année prochaine … Aimer le théâtre et passer à côté du
Festival de Théâtre Européen … Quel dommage !
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