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Festival Echappée
Belle
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L'œil de Théâtre on
line
Photos et textes réalisés par notre envoyé spécial
: Magnum
La
tête dans le ciel
Malino le funambule, Ouverture du Festival
Un drôle de
personnage escalade une échelle à plus de 32 mètre de haut de
haut pour s’élancer seul, sur son fil au dessus des passants. (...Suite
de l'article)
Mythe
des temps modernes
Frankenstein par la compagnie du "Cirque Baroque"
Le
spectacle qui nous est proposé ici repose sur le mythe de
Frankenstein, tel que Fritz
Lang ou Wim Wenders l’auraient disséqué. (...Suite
de l'article)
Nationalité
Clandestine
Le
cirque clandestin
par la compagnie "Les frères Kazamaroffs"
Ce spectacle est un astucieux mélange de genres, une
cuisine extraordinaire que l’on savoure avec délectation
."
(...Suite
de l'article)
Leçon
de haute couture.
Ici, là, ailleurs
par la compagnie " Dans de beaux draps"
Un seul univers, trois femmes. Elles se lient et se
délient au rythme suave d’un saxophone ou d’une flûte
traversière.
(...Suite
de l'article)
Guignol
sans langue de bois.
T’as de beaux yeux, tu sais Carabosse par l’illustre famille Burittini
Si
vous ne craignez pas d’appeler un chat un chat en présence de
votre progéniture
,
alors bienvenu dans la
roulotte des Buruttini.
(...Suite
de l'article)
L’étrange tribu
Traboule
par
la compagnie Maboul distorsion
Étrange,
déroutant, inattendu et envoûtant, le monde de Maboul
distorsion est unique.
(...Suite
de l'article)
Les
clowns chantants nous promènent.
Mad ou Nomad par la compagnie « Les nouveaux nez. »
Suivons ces gais lurons dans leur périple
touristique, une malle qui regorge de mille merveilles en guise
d’unique bagage
(...Suite
de l'article)
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La
tête dans le ciel
Malino le funambule, Ouverture du Festival
La foule se presse sur le port de la Seyne sur mer. La musique
qui s'échappe des haut-parleurs attire les curieux de tout âge.
Depuis quelques jours déjà, les forains montent les chapiteaux, les
caravanes emplissent l'espace de mystère et de couleurs…
Un drôle
de personnage escalade une échelle à plus de 32 mètres de haut pour s’élancer seul, sur son fil au dessus des passants.
On
les regarde, de loin, sans oser s'approcher ; du
rouge, du bleu, du vert, souvenirs d'enfance...
L'envie, l'attente, enfin la musique nous
invite à venir.
Le monde est là au rendez-vous, malgré le froid. Tout le monde est là, le sourire aux lèvres et derrière les
regards. Il n'y a que des enfants. Le cirque c'est magique ! C'est une
étrange
machine à remonter le temps.
17h 20, la musique s'intensifie.
Entre ciel et
mer, entre chien et loup, un homme s'élève dans le crépuscule.
Lentement, un pied puis l'autre, il avance. Lentement, le jour nous
quitte et laisse place à la nuit. Sur son fil le funambule progresse,
au péril de sa vie, vers le ciel flamboyant, orange, rouge, bleu,
parcouru de nuages.
L'instant est pur, si pur qu'on n'entend plus la
musique. Nous ne sommes plus que des yeux muets devant tant de beauté.
Malino nous offre son spectacle, il joue avec
sa vie, avec le ciel, avec la nature.
32 mètres d'ascension au milieu
des couleurs du monde, du jour vers la nuit.
Le festival du cirque est
ouvert, on peut commencer à partager le rêve de ces hommes et de ces
femmes qui y consacrent leur vie. Ils vous attendent...
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Mythe
des temps modernes
Frankenstein par la
compagnie du Cirque Baroque

Le spectacle repose sur le mythe de Frankenstein, tel que
Fritz Lang ou Wim Wenders l’auraient composé. À la fois concert, ballet, théâtre, tous les genres se mêlent
et se démêlent dans une déclinaison de nuances modernistes,
imprégnées d'expressionnisme allemand, au milieu d'une
scénographie savamment épurée.
Les artistes
qui composent la troupe sont tous jongleurs, musiciens, trapézistes,
chanteurs, acrobates, danseurs.
La liste est encore bien longue si
l’on veut faire l’inventaire de leurs talents. Leur conception du
cirque est à leur image, hétéroclite.
Le vocabulaire du cirque, ici, n’est pas seulement un moyen
d’expression, il y a une véritable réflexion : le reflet du
mythe de Frankenstein ainsi que les monstres de foires sont mis
à l'affiche. Les thèmes se succèdent. Les corps se touchent et se
repoussent, parfois violemment, parfois avec tendresse, tout est
ambiguë.
On en arrive à se demander qui est créateur,
qui est créature et qui sont les monstres ?
Les lectures sont,
elles aussi, variées. L’actualité (éthique et morale : O.G.M,
génome humain...),
la métaphysique (qu’est ce que la nature
humaine ?), la psychanalyse (l’aliénation du génie.), des
réalités qui rattrapent ici la fiction.
La troupe nous montre du
doigt certaines directions dans lesquelles nous sommes libres de nous
égarer.
À nous d’y lire ce que notre esprit accepte de voir. Leurs
enseignements sont subtils. Tout est aérien, léger. Même les
ballets ne connaissent pas la pesanteur…Tout est suggéré et les références
sont nombreuses (Frankenstein, bien entendu, mais aussi Faust,
Phantom of the paradise, The Rocky horror picture Show,
Les ailes du désir, Métropolis, The man who fell to
Earth, Dr Jekyll et mister Hide, Prométhée.).
Le
public est sous le charme. Hommes, femmes, enfants, tous frémissent,
tremblent de joie ou de surprise. C’est un très beau spectacle, où
rien ne dépareille, tout est à sa place, il y a une réelle osmose
entre tous les éléments. Devant tant de maîtrise et de talent
il ne nous reste qu’à applaudir.

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Nationalité
Clandestine
Le cirque clandestin
par la compagnie "Les frères Kazamaroffs."

Ce
spectacle est un astucieux mélange de genres, une cuisine
extraordinaire que l’on savoure avec délectation :
un soupçon de Buster Keaton pour l’aptitude à émouvoir,
une saveur de Kusturica pour l’atmosphère tzigane, une pincée de Goran Bregovic pour l’ambiance
sonore. Le tout parsemé d’un Délicatessen pour
son humour décalé. Sans
oublier la linéa pour son étrange langage truffé d’onomatopées
et pourtant si compréhensible
Les
frères Kazamaroffs deux
gaillards arborant un look punk excentrique, accompagné d’un musicien
qui à lui tout seul compose un orchestre complet, nous entraînent dans
un monde à la limite du nôtre et explore avec originalité, poésie et
beauté un aspect de notre société. Ils font passer et c’est
tout à leur honneur, à travers l’univers du cirque et la magie qui
s’en dégage, un vrai message social et politique.

Ils
nous entraîne inexorablement vers le monde du silence et de
l’exclusion, un monde bien réel, dans lequel la couleur de la peau,
le bagage culturel et la langue se posent comme passeport pour la vie.
Sous le chapiteau, la place n’est pas aux longs discours.
Ils nous communiquent leurs
idées par des rires et de
l’émotion. Le
langage est entièrement réinventé :
onomatopées, consonances Ethniques, langage du corps, théâtre de
geste… si bien que les numéros d’acrobatie se fondent entièrement
dans le spectacle comme tant de phrases intelligibles.
Ils nous embarquent
dans une formidable histoire et nous restons bouche bée devant tant de
talent.

Le
rôle des artistes n’est pas de prêcher la bonne parole, mais de
montrer du doit les injustices. Chaplin, Coluche…ne sont pas que des
amuseurs, ils sont aussi des humanistes et des poètes, qui ont compris
que les sujets les plus graves passent bien mieux dans un sourire

Le
cirque clandestin cherche à nous faire réfléchir sur le monde d’une
manière ludique et sensible. Mais je sens déjà que j’en ai trop
dit. Il ne me reste plus qu’à les remercier pour leur générosité,
la simplicité qu’ils ont à nous communiquer leurs idées et leurs
dextérités à accomplir des prouesses sur scène.
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Leçon
de haute couture.
Ici, là, ailleurs
par la compagnie « Dans de beaux draps ».

Un
seul univers, trois femmes (Frédérique Debitte, Sibylle Gatt et
Christine Cevaer) forment une trinité parfaite. Elles s’ajoutent, se
complètent au-delà de leurs différences et pour maintenir l’équilibre
de cette savante alchimie. Elles se lient et se délient au rythme suave
d’un saxophone ou d’une flûte traversière. Un sublime travail
magnifié par les créations musicales de Diego Lossa.
Au
commencement, la naissance dans l’obscurité. Un corps se fraie un
chemin au travers du tissu, lentement il glisse vers la lumière ;
enfantement paisible. Le vêtement enfante le corps qui le porte en le révélant.
Est-ce l’étoffe qui moule le corps ou le corps qui s’imprime dans
l’espace ? Voluptueuses, sensuelles, les demoiselles nous
charment, nous ensorcellent, nous séduisent. Elles sont belles, épanouies,
s’habillent de velours, de soie et de satin ; ton sur ton, camaïeux
de rouges, de bleus, d’orangés.
Les
belles s’amusent et murmurent, s’attachent, s’embrassent, s’étreignent.
Charmants préliminaires où l’espace est de chair que
les danseuses caressent et sur lequel elles dessinent d’étranges
arabesques.
Les
corps se hissent, s’élèvent. Comme les muscles, les vêtements s’étirent
et épousent chaque mouvement. Élastiques. Véritables sculptures
vivantes où les dessous se dévoilent toujours sensuellement. Tendre,
pur, si purement féminin, leur univers nous donne envie de voler. Les
étoffes sont, tour à tour, décors minimalistes, pinceaux, camisoles,
échelles, cagoules, elles s’y pendent, en jouent à volonté. Balançoires,
nids, cocons, de métamorphose en métamorphose, elles recomposent
l’espace…Calmes, envoûtantes, étonnantes.

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Guignol
sans langue de bois.
T’as
de beaux yeux, tu sais Carabosse.
Par l’illustre famille Burittini.

Avis
à la population. Avis aux parents éclairés qui pensent que leurs
petits ne sont pas des idiots. Si vous ne craignez pas d’appeler un
chat un chat en présence de votre progéniture, si le soir vous aimez
leur lire le petit Nicolas
et si les chansons de Pierre Perret vous amusent autant qu’eux, alors
bienvenu dans la roulotte des Frère Buruttini.

T’as de beaux
yeux, tu sais Carabosse est un spectacle de « marionnettes »
interactif, bien encré dans notre époque. Le marionnettiste n’a pas
sa langue dans sa poche et passe plus de temps en scène que ses poupées.
Les enfants montent sur les planches et se transforment, en C.R.S,
en fée ou encore en ambulanciers.
L’histoire
n’est qu’un prétexte, mais elle a suffisamment de corps pour
qu’on puisse la suivre. Une princesse, son père le bon roi, un
prince, une sorcière, Guignol et plein d’autres surprises nous
attendent, de rebondissement en rebondissement. Entre temps, notre
conteur s’égare et chahute avec bonne humeur les parents. Il use
d’un franc parlé qui étonne et désarçonne :
« Si vous avez
des parents racistes, dit-il en s’adressant aux enfants, ne désespérez
pas : la connerie, c’est jamais héréditaire. » ou
encore « La parité c’est
quand 50 % des directeurs de théâtre seront hétérosexuels. »
Et ainsi de suite sur un rythme
d’enfer…
Du
cirque au cabaret, il n’y a qu’un pas. La famille Buruttini avance
vite, avec originalité et ils ne jouent pas qu’avec les mots.
Ils s’amusent gaiement avec les nivaux de lectures. Les adultes
repartent avec le sourire devant tant d’esprit et les enfants ne sont
pas en reste : ils ont ri et pour une fois, on leur a parlé comme
à des grands et à leurs yeux, ça n’a pas de prix.

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Traboule
L’étrange tribu
Par la compagnie Maboul distorsion.

Étrange,
déroutant, inattendu et envoûtant, le monde de Maboul distorsion est
unique. Drôles et généreux, les numéros de cirque ne sont pas des
apartés, mais s’inscrivent dans la continuité de l’histoire. Ils
la servent en lui donnant corps et sens.
À
peine entré sous le chapiteau, une tasse de thé, nous est
généreusement offerte, quoi de plus plus convivial ! Puis doucement une
musique emplit l’espace alors que la lumière s’estompe.
Le
décor se met en place. De gigantesques paravents avancent et entament
un ballet. Tour à tour pantins démantibulés, abris, personnages à
part entière, ou, pour être plus exact, extensions de chaque
protagoniste à la façon de totems modernes.
Enfin
les décors deviennent échasses, le spectacle commence vraiment. On
joue à cache-cache, on se cherche, se trouve, se
chamaille, se poursuit, en un va et vient burlesque. Dans un rythme
d’enfer, les gags se succèdent, toujours drôles, parfois poétiques,
mais jamais gratuits : tout fait sens et rien n’est de trop.
Les
numéros de jonglage sont époustouflants, magnifiquement orchestrés.
Seuls ou en groupe, les artistes sont au « top niveau ». Ces
moments-là sont comme le reste du spectacle, chorégraphiés dans les
moindres détails.
Mais
je n’en dis pas plus, il vous reste bien des surprises à découvrir
car la compagnie n’est pas en manque d’imagination.

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Les
clowns chantants nous promènent.
Mad ou Nomad
Par la compagnie « Les nouveaux nez. »

Suivons ces gais lurons dans leur périple touristique, une malle qui
regorge de mille merveilles en guise d’unique bagage. À chaque détour,
à chaque recoin se cache le rire ou l’émotion. Laissons-nous guider
dans leur univers abracadabrant.
Les
airs s’enchaînent, les mots aussi. D’association
d’idées en consonances, les dialogues sans queue ni tête qu’échangent
nos héros sont d’adroits cut-up de phrases dans un langage cosmopolite (français,
anglais, espagnol).
À chaque instant les voilà en partance, mais vers où ? Point de réponse
à cette question. Leur voyage est immobile : un grand carré de
tissu blanc devient en le pliant un bateau, mais pas n’importe quel
bateau, pas un bateau ivre, plutôt un bateau en papier, suffisamment
fragile et délicat pour transporter nos rêves d’enfance. Ces rêves
que l’on fait quand on s’ennuie en classe et que la fenêtre nous
invite à la fuite, à la vie.
Évasion, passeport, douanier, Vendredi ou la vie sauvage…

Les nouveaux nez portent bien leurs
noms, ils sont la régénérescence d’un genre qui de nos jours ne
sait plus bien comment se positionner et qui oscille entre un
classicisme vieillot, et un modernisme post-apocalyptique sauce
cyber-punk. Ils ont pris le parti de dépoussiérer l’image d’Épinal
que nous nous faisons des clowns.
Attachants, chantants, dansants, décalés
et burlesques, leurs personnages sont nos contemporains. Ils ont juste
gardé l’essence du clown : le maquillage, le teint blafard et le
nez rouge, et les amples costumes colorés.
Le quatuor chante superbement bien, leurs voix se complètent et
s’accordent en de joyeuses joutes musicales. D’air populaire en airs
d’opéra, de canon en gospel, tout est bon pour nous faire rire et ces
clowns-là savent s’y prendre. Ils connaissent la chanson et nous
entraînent avec
eux dans leur croisière magique.

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