Edouard Bourdet

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Actuellement à l’affiche : Edouard Bourdet

Vient de paraître jusqu'à 30% de réduction

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Théâtre 14 Paris | du 05 septembre au 22 octobre 2016
COMEDIE & BOULEVARD, PLACES DU JOUR A MOITIE PRIX, Comédie de moeurs
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À partir de 28,50 € , 20 € pour les adhérents

 

Anciennement à l’affiche

Fric-Frac

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Ménilmontant Paris | du 04 mars au 06 avril 2016 | Durée : 1h45
COMEDIE & BOULEVARD, Comédie de moeurs

Spectacle terminé depuis le 06 avril 2016

 

Edouard Bourdet

Auteur et administrateur général de la Comédie-Française
Quelques notes concernant Édouard Bourdet
Édouard Bourdet : extraits de Villa blanche
Bourdet à la Comédie-Française

  • Auteur et administrateur général de la Comédie-Française

Né en 1887, Édouard Bourdet écrit sa première pièce, Le Rubicon, en 1907. Le succès s’imposera à partir de 1927, avec des pièces comme La Prisonnière, Le Sexe faible (1929), La Fleur des pois (1932), Les Temps difficiles (1934), Fric-Frac (1936).

En 1936, il est nommé administrateur général de la Comédie-Française, où il mène une politique ambitieuse, assisté par un comité consultatif composé de Jacques Copeau et de metteurs en scène issus du cartel : Gaston Baty, Charles Dullin et Louis Jouvet. Après un accident de bicyclette survenu en 1940, il s’éloigne progressivement de la vie théâtrale et succombe à une embolie en janvier 1945.

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  • Quelques notes concernant Édouard Bourdet

Notes relevées dans le Journal 1916/1948 de Jacques Copeau (coll. Pour Mémoire, Éd. Seghers, 1991).

18 novembre 1926. En mer, SS de Grasse
À la table du commandant je trouve en face de moi Édouard Bourdet. Je l'avais reconnu sur le pont sans l’avoir jamais vu. Pas plus que son visage ni que le son de sa voix, ni la forme de sa cravate ou la couleur de son manteau, aucun de ses propos ne m'a surpris. Tout cela est d'une certaine catégorie et d'un certain degré qui est : Paris, telle génération, tel milieu, etc. Nous verrons s'il y a tout de même quelque chose derrière.

25 décembre 1926
Je pense qu'ils n'ont pas volontiers de ressentiment. Ils se disent assez facilement les uns aux autres ce qu'ils pensent et avec une brutalité intentionnelle. Mais ils ne s'en souviennent pas.
Les Bourdet. En somme je n'avais jamais connu de si près une jeune femme moderne de ce milieu, qui peut tout entendre, tout voir, tout comprendre. Cela peut me servir dans cette comédie dont le sujet m'avait effleuré : un serviteur remettrait en place tous les éléments d'une famille disjointe par relâchement moral.
L’immoralité d'un tel milieu est d'ailleurs absolument abjecte. C'est une chose affreuse de voir cette jeune Mme Bourdet, qui est d'ailleurs charmante, écouter, supporter ou répéter n’importe quoi d’ignoble…

19 novembre 1936
Déjeuné chez Maxim’s, Bourdet, Baty, Dullin, Jouvet. Première entrevue, premières impressions. Bourdet très bien. Calme, attentif, renseigné, objectif, Dullin en bon état, souriant, prudent, modeste, du bon sens. Baty plutôt timide quoique prétentieux, phraseur, niais. Jouvet assez insupportable, bluffeur, fantasque, peu maître de lui, peu clair, fait une détestable sortie contre son vieux camarade Le Goff. Quelques pas avec lui en sortant. Aucune communication.

30 novembre 1936
Seconde réunion Bourdet et les trois à déjeuner, chez Maxim’s, samedi dernier. Nul contact véritable. On ne voit pas du tout où on va. La Comédie s’agite, s’inquiète. Potins. Dullin timide, Baty doctrinaire, Jouvet explosif et faux. [...]
Ces réunions, qui sont fort correctes et sans doute assez utiles, me laissent toujours un peu de cendres dans la bouche, tant elles sont privées de chaleur et pauvres en élan. Baty nous a exposé sa conceptıon du Cid de Corneille, avec musiques, figurations, lévriers, crinolines, etc... J'ai été atterré. Jusqu'à présent Dullin me paraît toujours le plus modeste et le plus vrai.

28 novembre 1937
Quand Baty se met à penser, il me fait peur. Bourdet ne pense pas. Il est constamment « en dessous ». C’est son genre de supériorité.

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  • Édouard Bourdet : extraits de Villa blanche

De Bruno Tessarech (Éd. Buchet Chastel, 2005).

« Le troc de la célébrité contre l’affection constituera un des thèmes majeurs de son théâtre »

« [...] Les raisons qui m’ont peu à peu fait regarder en face l’idée de partir comme combattant sont nées certainement de l’ennui de mon existence actuelle, du dégoût de sentir autour de moi une atmosphère de veulerie, de tirage au flanc, de décision fermement prise chez la plupart de ne rien risquer ou de risquer le minimum. [...] Mais il y a d'autres raisons, qui sont plus positives si tu veux et dont je t'ai indiqué la principale en te montrant que ma mort ne devant pas avoir de conséquences funestes pour les miens, il me paraissait juste que je sois à ma place dans la grande loterie à côté de tant d'autres qui auraient plus de titres que moi à rester en arrière. C'est cela qui me hante : pourquoi tous ces autres et pas moi ? » Lettre d’Édouard Bourdet du 14 février 1915

« C'est alors qu'un événement imprévu va modifier le cours de sa vie. Fin juillet, Jean Giraudoux fait une halte à la Villa blanche. Il a un bon motif pour rendre visite à son ami. Le ministre de l'Éducation nationale du Front populaire nouvellement élu, Jean Zay, qui a aussi en charge les Beaux-Arts, vient de proposer à Louis Jouvet le poste d'administrateur de la Comédie-Française. On apprécie en haut lieu le travail de dépoussiérage des classiques qu'effectue Jouvet à l'Athénée, et les succès qu'il en retire. “Vous ne voudriez pas faire la même chose dans notre Comédie moribonde, mon cher Louis ? - Très peu pour moi. Je ne me vois pas lâcher mon théâtre pour prendre la tête d'une telle boutique. Les emmerdements, l'administration, les courbettes aux sociétaires et au ministre, merci bien. Mais demandez donc à mon ami Giraudoux, un haut fonctionnaire qui soit en même temps auteur dramatique, ça ne court pas les rues, il devrait savoir s'y prendre. Et puis il est calme, Giraudoux ; pas du genre à s'énerver sur un plateau.”
À son tour Giraudoux refuse. Il tient à son cher Quai d'Orsay, n'éprouve aucun goût pour le commandement, et malgré sa passion pour le théâtre, ne se voit pas mêler les genres. Afin de ne pas laisser le ministre en panne, il prononce le nom de Bourdet. Jean Zay saute sur la proposition. “Il accepterait, vous croyez ? C'est que moi, il me faut quelqu'un, et vite. - Répondre à sa place m'est impossible, monsieur le ministre. Mon ami Bourdet est un homme de devoir. S'il ne sent pas la chose, il refusera. Mais je puis vous dire que, s'il accepte, il tiendra son rôle à fond.” Appelé en consultation par le ministre, Jouvet confirme : “ Bourdet ? C'est un dur ! S'il marche, ils vont en baver, les gars !”

Voilà ce que Giraudoux explique à Édouard. Et aussi que Jean Zay, appuyé par Léon Blum qui connaît le théâtre comme sa poche et en a assez de s'endormir aux spectacles de la Comédie-Française, s'est souvenu d'une conversation vieille d'un an entre Bourdet et Georges Mandel. Celui-ci s'était alors inquiété du sort d'une maison dont sa maîtresse est sociétaire. “Pourquoi ne feriez-vous pas appel à des metteurs en scène extérieurs pour redonner du lustre à la Comédie ?” lui avait alors suggéré Édouard. “Le ministre a repris ta proposition, explique Giraudoux. Les membres du Cartel sont d'accord. - Mais Jouvet vient de refuser le poste ! - Et puis ? Il ne se voit pas mener le navire, lequel tangue fort, mais aider un copain, il accepte avec joie. Le ministre va t'appeler au téléphone. Réfléchis. - C'est tout réfléchi. L'aventure me tente. Je lui soumets mes conditions, et s'il les agrée, banco.”

Jean Zay appelle le lendemain. Les conditions de Bourdet, confirmées par un courrier, sont précises et non négociables : “ Je veux un traitement de deux cent mille francs par an, n'entrer en fonctions que le 15 octobre [c'est-à-dire après la générale de Fric-Frac], et avoir entière liberté pour le choix et la distribution des pièces.” Édouard est nommé administrateur général le 13 août, avec prise de fonction deux mois plus tard. Jean Zay a tout accepté. Il n'a pas le choix, même si Blum lui a fait remarquer que Bourdet “n'est pas des nôtres”, ce qui est d'ailleurs un peu faux, car si Édouard ne se réveille pas chaque matin en pensant au grand soir, nous savons que son coeur bat à gauche. La presse approuve cette nomination “sans intrigues, sans dettes politiques et sans clientèle”, note Pierre Brisson qui, comme tous ses collègues critiques dramatiques, n'ignore rien des difficultés dans lesquelles se débat la Comédie-Française. »

« Un jour, Édouard, renversé par une automobile, devint un malade. Denise sa garde-malade. Un jour, Édouard quitta cette Comédie-Française à laquelle il venait de rendre son lustre. Un jour, il y eut la guerre. Un jour, je devais être, à genoux auprès du lit de Denise, en train de dessiner un silence solennel maintenu par cette longue falaise pâle couverte d'orchidées : Édouard Bourdet mort. Et voilà les choses. Ce n'est pas notre bateau qui avance. C'est la mer qui file sous notre bateau. Dans cet élément du temps notre équipage jette ses cadavres. Peu avant ce mort du quai d'Orsay, je devais suivre ce même quai d'Orsay, jusqu'à la chambre de Jean Giraudoux, et me trouver en face de la même énigme, de la même falaise du même silence. Voyages sur voyages, deuils sur deuils. Notre bande demeure intacte. Elle a certes ses fantômes. Mais notre désir de nous approcher d'eux nous donne une transparence. Et en fin de compte, n'est-ce pas, Denise ? nous rions. » Jean Cocteau, Préface au livre de Denise Bourdet Édouard Bourdet et ses amis

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  • Bourdet à la Comédie-Française

L’entrée en fonction d’Édouard Bourdet le 15 octobre 1936 eut lieu le lendemain de la générale de sa pièce Fric-Frac à la Michodière. « Il était assez amusé de penser que ses débuts dans la carrière de fonctionnaire de la République coïncidaient avec l’apparition sur une scène du boulevard de sa pièce la moins solennelle, la plus éloignée qui soit du ton Comédie-Française. C’est donc avec bonne humeur qu’il prit possession du bureau d’administrateur. » Il faut dire aussi qu’il avait su poser ses conditions : augmentation de la subvention et les « pleins pouvoirs ». Il souhaitait principalement s’associer à quatre metteurs en scène Copeau, Dullin, Jouvet et Baty, et que ce ne soient pas les comédiens qui choisissent les spectacles, ni qui les distribuent. Dans son collimateur, la hiérarchie des emplois qui figeait les distributions et permettait par exemple à Albert-Lambert de continuer à jouer le Cid à presque soixante-dix ans. Froid, travailleur, exigeant, très lié au monde des lettres et des arts, il a su durant les quatre ans qu’a duré son mandat jusqu’en 1940, remettre la Comédie-Française au cœur de la vie théâtrale parisienne.

L’essentiel de son apport réside naturellement dans la qualité des mises en scène. Malgré les moyens mis en œuvre par Émile Fabre, administrateur de 1915 à 1936, pour donner du lustre à ses spectacles - sept décors nouveaux commandés pour Le Cid en 1931, appel à Marie Laurencin pour À quoi rêvent les jeunes filles ? ou à Dufy pour L’Œuf de Colomb, nouvel équipement électrique du plateau avec notamment un cyclorama -, la Comédie-Française restait dans une pratique et une esthétique désuètes et sans imagination. « Bien qu’ayant esquivé les obstacles en ramenant les plantations à une simplicité enfantine, jusqu’à peindre les accessoires et les chaises sur les décors, écrit André Antoine en 1925 à propos de la nouvelle mise en scène du Chandelier par Charles Grandval, non seulement on n’a pas obtenu l’instantanéité ambitionnée mais on est revenu à une mise en scène rudimentaire dont on ne voulait déjà plus il y a trente ans. » Quelle différence avec la mise en scène de Baty en 1936, son décor à compartiments, qui permet une vraie « instantanéité », voire une simultanéité des scènes, sa conduite-lumières détaillée, ses bruitages, sa musique, ses notes de mise en scène abondantes, incluant non seulement les mouvements mais les intentions des personnages. Et l’on pourrait faire des constatations similaires pour les mises en scène de Jouvet, Dullin et Copeau. Il serait restrictif toutefois de limiter l’effet Bourdet aux spectacles des « quatre mousquetaires ». « Le travail accompli par Baty, Jouvet, Copeau et Dullin constituait un merveilleux exemple, rappelle Pierre Dux, une école incomparable pour les aspirants metteurs en scène comme Ledoux, Bertheau, Yonnel, moi-même, et plus tard, Jean Meyer et Barrault. » Expérience féconde donc que celle de Bourdet administrateur, alors même qu’à sa mort en 1945, Bourdet-auteur n’est pas encore entré au répertoire.

Cette consécration n’a lieu que le 22 décembre 1948 à l’occasion de la mise en scène par Pierre Dux des Temps difficiles. Le jour de la première, le doyen Jean Yonnel lit un hommage de François Mauriac, avant que ne se déploie sur la scène une distribution de choix : Jean Debucourt (Marcel), Louis Seigner (Jérôme), Julien Bertheau (Bob), Béatrice Bretty (Mélanie), Germaine Rouer (Suzy), Mony Dalmès (Anne-Marie) dans des décors et costumes d’Émile Terry, Pierre Delbée et Suzanne Lalique. La pièce fut reprise en 1952, puis en 1965 avec une nouvelle distribution réunissant notamment Daniel Lecourtois (Marcel), Michel Duchaussoy (Bob), André Falcon (Maxime), Alain Feydeau (Jean-Pierre), Marthe Alycia (Mélanie), Renée Devillers (Suzy) et Catherine Hubeau (Anne-Marie). Les Temps difficiles atteignirent ainsi 174 représentations. Entre-temps, le 12 octobre 1957, Jean Meyer mettait en scène Le Sexe faible avec Jacques Charon, Jean Piat, Robert Hirsch, Georges Descrières, Denise Noël, Micheline Boudet et Marie Sabouret.

Deux pièces au répertoire de la Comédie-Française sur la quinzaine écrite par Bourdet. À quand Fric-Frac, ses malfrats, ses maquereaux et ses tueurs, son argot digne d’Audiard, son ambiance Front populaire, tandems et congés payés, casquettes au vent et pantalons golf à bicyclette, le temps du byrrh cassis chez Fernand ?

Joël Huthwohl
Conservateur-archiviste de la Comédie-Française
Septembre 2006

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