Anciennement à l’affiche

Racine ou la leçon de Phèdre

1
2
3
4
5
  • 12 avis
Théâtre de Poche-Montparnasse Paris | du 27 août au 12 novembre 2016
CONTEMPORAIN, Biopic, Coups de coeur

Spectacle terminé depuis le 12 novembre 2016

 

Anne Delbée

Metteur en scène, actrice, écrivain, Anne Delbée, après une cinquantaine de mises en scène et trente années de travail (Victor Hugo, cet inconnu, Théâtre de la Cité Universitaire, 1970), a révélé au monde le génie et l’immense souffrance de Camille Claudel, avec son livre (Une femme, Camille Claudel, Prix des lectrices de « Elle » 1983). 

En permanence au cœur des mots, des êtres et de leur vie, elle poursuit aujourd’hui sa démarche de résistance spirituelle par une double action : sur scène et au sein de « l’Ecole Pierre Villaret », qu’elle a créée avec Jacques Fontaine, (également co-fondateur en 1979 du Théâtre Gö, première école d’Anne Delbée), et qu’ils animent avec le comédien Philippe Bouclet - de la même promotion du Conservatoire de Paris que Francis Huster, Isabelle Huppert et Jacques Weber - et Larrio Ekson, danseur étoile, ancien acteur du Théâtre de la Mamma de New York, fondateur de la Compagnie Carolyn Carlson, et qui a également croisé sur son chemin le Living Theatre.

Ecole d’intuition et d’intelligence de la richesse, des fragilités et des dons propres à chaque élève, qui porte le nom de Pierre Villaret -ce jeune et bouleversant disciple du Théâtre Gö, habité par le mystère du théâtre et terrassé par la maladie à 34 ans, inoubliable dans le rôle d’Hippolyte - et dont le rayonnement prend aujourd’huit racine à l’Athletic Theâtre de la Maison des Jeunes et de la Culture de Neuilly-sur-Seine, grâce à une rencontre avec Marie-Noëlle Barré, sa directrice. 
Anne Delbée qui vit le théâtre comme une ascèse, dans le sillage d’Antoine Vitez - elle interpréta le rôle de Méphisto dans sa première mise en scène de Faust, au Théâtre des Quartiers d’Ivry qu’elle commença avec lui - et de Jean-Louis Barrault, qui lui transmit, dès son plus jeune âge l’envergure et la place essentielle du théâtre : restituer l’humanité et la force des grands textes de notre patrimoine de pensée, porter l’héritage aux plus jeunes, mais aussi susciter de nouveaux poètes.

Ainsi, elle n’a cessé de promouvoir des textes d’aujourd’hui : Pandémonium, de Georges Aperghis (Festival d’Avignon, 1973) La Guerre à Deux Voix, de Laurence Deonna (Prix Unesco pour la Paix, 1987, Centre Dramatique National de Nancy, 1989), Apocalypse 2000, écrit par elle-même (Théâtre Municipal d’Angers, 1982), et Nulle part au monde, de Pascal Lainé (Cité des Sciences, Paris, 1999).
On garde en soi l’empreinte de ses sublimes hommages à Racine et à Corneille, avec ses mises en scène de Phèdre à la Comédie Française, et de Suréna au Théâtre du Vieux Colombier.
Le Sourire de Sarah Bernhardt, qu’Anne Delbée a présenté avec ses comédiens à l’Athletic Théâtre de Neuilly-sur-Seine, est une rencontre avec la grande tragédienne dans ses rôles majeurs - la Tosca, Hamlet, Adrienne Lecouvreur, Phèdre, l’Aiglon - dans sa vie et ses luttes : l’Affaire Dreyfus, et ses engagements contre la peine de mort et la guerre.

Ce « tour de théâtre », adaptation théâtrale du récent ouvrage d’Anne Delbée, accompagné des textes de Chateaubriand, Victor Hugo, André Malraux, Jean-Paul Kauffmann - témoigne de la dignité et du cœur d’une Sarah Bernhardt, enfouis derrière ses soi-disant caprices, elle qui, dès l’âge de 25 ans, en interprétant seule le Chœur d’Athalie, commença à s’identifier à « ces grandes héroïnes tragiques, celles qui refusent la raison d’Etat, qui disent non ! ».
Théodore de Banville ne déclarait-il pas, à propos de son second engagement à la Comédie Française : « l’engagement de Mademoiselle sarah Bernhardt est un fait grave et violemment révolutionnaire. C’est la poésie qui entre dans la maison de l’art dramatique, et pour tout dire en un mot, le loup est dans la bergerie. ».
Transmettre aux jeunes, élèves comédiens ou spectateurs, l’esprit et l’engagement d’un Victor Hugo, d’un Racine, d’un Chateaubriand, d’un Claudel, mais aussi d’un Malraux, la force et la fragilité de l’Aiglon (qu’Anne Delbée incarna sur les pas de Sarah Bernhardt), c’est aussi leur apprendre la singularité de chaque être humain et une certaine façon de dire et d’être dans la vie, éloignée des schémas répétitifs et parfois trop réducteurs. 
Il faut lire et voir Anne Delbée, pour entendre son souffle romantique et lyrique inspiré par le sacré, dans la cour des grands qui la précèdent et de ceux qui ont donné leur âme à la scène, et pour sentir la justesse de son défi qu’elle ne cesse de soutenir pour cette jeunesse qui réclame un art de la tragédie et de la démesure. Ce qu’elle appelle avec son sourire un certain honneur de vivre.

En 2003, Anne Delbée a travaillé pendant 3 mois avec l'atelier Rudra Béjart à Lausanne dans le but de mettre en scène un spectacle sur le thème du mythe d'Oedype d'après le roman d'Henry Bauchau.
Après avoir effectué un travail de titan pour lié la danse à la tragédie le projet n'a pu avoir lieu mais son travail a apporté beaucoup aux danseurs de Maurice Béjart.

Parmi les ouvrages d’Anne Delbée : 

Une femme, Camille Claudel ( Presses de la Renaissance,1982) 
Racine-roman (éditions Fayard, 1997)
Danse! (roman, Fayard, 1999)
Le sourire de Sarah Bernhardt (Fayard, 2000)

Parmi les récentes mises en scène 
Phèdre (Racine, Comédie Française, 1995)
Suréna (Corneille, Théâtre du Vieux Colombier- Comédie Française, 1998)
Sarah Bernhardt et l’Aiglon (Anne Delbée, Théâtre 14, Paris, 2000)
Bérénice en exil (poèmes afghans, juin 2001)
Dire Béjart (Théâtre Molière, 2001)

Anne Delbée a été nommée Vice-Présidente du Syndicat des Metteurs en Scène.

Avis du public : Anne Delbée

0 Avis

0 commentaire(s)

1
2
3
4
5

Excellent


(0)

Très bon


(0)

Bon


(0)

Pas mal


(0)

Peut mieux faire


(0)
Donnez votre avis
Excellent
Très bon
Bon
Pas mal
Peut mieux faire